CAILLE Paul [Aisne]

Par Jean Maitron, Claude Pennetier

Né le 4 octobre 1895 à Flavy-le-Martel (Aisne), mort en déportation à Auschwitz le 17 septembre 1942 (le 1er janvier 1943 selon Claudine Cardon-Hamet) ; cheminot ; syndicaliste et communiste de l’Aisne.

Issu d’une famille ouvrière, Paul Caille entra à la Compagnie des chemins de fer du Nord au lendemain de la Première Guerre mondiale comme menuisier à Tergnier (Aisne) et se syndiqua à la CGT en 1919. Il adhéra au Parti communiste français à la mort de Lénine en 1924 dans la promotion qui porte le nom de ce dernier. Après la première scission syndicale, il devint un militant actif de la CGTU et fut un ardent défenseur de ses camarades cheminots dans le centre ferroviaire de Tergnier (trois mille cheminots).

Délégué du personnel auprès du directeur du réseau ferroviaire Nord, il fut également secrétaire général du syndicat des cheminots, secrétaire de l’Union locale CGT de la région de Tergnier et délégué au VIIIe congrès national de la CGTU (Issy les Moulineaux, 24-27 septembre 1935), puis aux congrès de la CGT réunifiée (Toulouse, mars 1936 et Nantes, 14-17 novembre 1938). Il était membre du CA de l’Union départementale CGT.

Membre du bureau régional du PCF de la Picardie jusqu’à la dissolution du PCF en 1939, il fut candidat au conseil général en octobre 1937 dans le canton de La Fère (Aisne). Caille recueillit 1 377 voix sur 7 438 inscrits et se désista en faveur du représentant du Parti socialiste SFIO qui fut élu.
Dès août 1940, il organisa l’action clandestine parmi les cheminots et dans toute la région de Tergnier. Le gouvernement de Vichy le licencia de la SNCF le 14 novembre 1940 pour avoir refusé de renier son parti.

Contraint de travailler dans une scierie où il fut victime d’un accident qui nécessita l’amputation de plusieurs doigts, subissant perquisition sur perquisition de la part des nazis, il fut arrêté le 30 mars 1941 avec son camarade Marcel Gouillard, par la gendarmerie française. Interné à Châteaubriant, puis à Voves (Eure-et-Loir), et enfin au camp de Royalieu (Compiègne) d’où il tenta de s’échapper, il fit partie du premier convoi de déportés pour le camp d’Auschwitz (I. 42) du 6 juillet 1942, emmenant 1 160 hommes (dont 10 % revinrent), essentiellement communistes. Paul Caille mourut gazé et brûlé le 17 septembre 1942 (selon le site de la FMD), ce qui affecta profondément sa famille, dont le fils, Marcel Caille, devint secrétaire confédéral de la CGT et membre du comité central du PCF.

Les honneurs furent rendus, au lendemain de la guerre, à Paul Caille, homologué comme lieutenant dans les cadres de l’armée. Son nom figure sur des plaques de rue ou de place de son lieu de naissance, Flavy-le-Martel, et Quessy Centre, son lieu d’habitation. L’une d’elle a été apposée sur le mur de la mairie.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article18366, notice CAILLE Paul [Aisne] par Jean Maitron, Claude Pennetier, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 11 juillet 2016.

Par Jean Maitron, Claude Pennetier

SOURCES : RGASPI, 495 270 549, autobiographie octobre 1937. — Comptes rendus des congrès de la CGT. — Claudine Carbon-Hamet, Mille Otages pour Auschwitz, les 45 000, le convoi du 6 juillet 1942, Graphein et Fondation pour la mémoire de la déportation, 1997. — Témoignage écrit de Marcel Caille 25 janvier 1983. — Note de J. Girault. — Site Internet : Mémorial GenWeb (notes Frédéric Stévenot).

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