MATTEODA Auguste Constant [Dictionnaire des anarchistes]

Par Rolf Dupuy Dominique Petit

Né le 26 décembre 1876 à Avignon (Vaucluse), colporteur de journaux, cuisinier, demeurant à Nice, Le Havre et Paris, anarchiste.

Auguste Matteoda était arrivé en 1887 à Nice où il était entré en contact avec l’horloger anarchiste Albert Zibelin , demeurant 11 rue de France qui lui remettait presse et brochures à vendre et distribuer.
En novembre 1893, il collait sur les murs de la ville le placard intitulé «  En Russie  ».
Matteoda était arrêté à Nice le 3 décembre 1893, pour la vente du journal Le Père Peinard qui lui avait été remis par Zibelin et pour avoir crié autre chose que le titre du journal.
Sur une liste d’anarchistes étrangers résidant à Nice en 1893, il était considéré comme "dangereux" et de nationalité italienne, alors qu’il était né à Avignon. Le commissaire de police qualifiait Matteoda lors de son arrestation le 3 décembre 1893 de « jeune exalté…instrument dangereux aux mains de Zibelin » et précisait qu’il avait été trouvé porteur de plusieurs écrits dont « L’Almanach du Père Peinard, L’Anarchie devant l’évolution sociale, La Société future, Entre paysans, Evolution et révolution ». En mars 1894 Matteoda quitta Nice et, en avril de l’année suivante s’engagea dans la flotte de guerre à Toulon.

En octobre 1897, il était dépositaire des Temps nouveaux au Havre.
Le 22 janvier 1898, il était arrêté à Paris, carrefour de Cluny, en compagnie de Roubineau. Au poste, ils firent l’apologie de l’attentat commis par Etievant. Sur lui, on trouva des reçus de diverses sommes versées au Libertaire, des brouillons de discours, des chansons, "Le questionnaire du parfait anarchiste" et un couteau-poignard. Une perquisition à leur domicile fit découvrir des écrits anarchistes. Il furent conduits au dépôt.
Il était arrivé dans la capitale trois jours auparavant, venant du Havre. Le même jour, il signait une pétition demandant la révision du procès Dreyfus.

Il s’agit vraisemblablement du Matteoda qui avait été le gérant des deux derniers numéros de La Feuille (Paris, 25 numéros du 6 octobre 1897 au 28 mars 1899) éditée par Zo d’Axa, puis au début des années 1900, était l’imprimeur gérant de la revue syndicaliste révolutionnaire L’Action directe (Paris, 9 numéros de juillet 1903 à février 1905) dont les administrateurs étaient C. Desplanques et Boullier.

Le 17 septembre 1901, il était arrêté à l’hôtel Berger à Reims où il travaillait comme cuisinier, à l’occasion des fêtes du tsar, uniquement parce que son nom avait une consonance italienne. Il fut emmené au poste de police ce qui lui vaudra de perdre sa place. Il fut obligé de revenir à Paris où il demeurait 84 rue St Denis. Il écrivit une lettre de protestation au ministre de l’intérieur qui fut publiée par L’Aurore.
En décembre 1903, A. Matteoda était secrétaire de séance d’une réunion dont l’objet était la création d’un syndicat d’afficheurs.

Dans les années 1910 il résidait 29 rue des Vinaigriers à Paris (Xème), travaillait comme cuisinier et avait été inscrit au Carnet B. Pendant la guerre il fut mobilisé au 1er Régiment du Génie à Versailles.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article183422, notice MATTEODA Auguste Constant [Dictionnaire des anarchistes] par Rolf Dupuy Dominique Petit, version mise en ligne le 14 août 2016, dernière modification le 23 janvier 2019.

Par Rolf Dupuy Dominique Petit

SOURCES : Arch. Nat. BB 18 6449, F7/13053, F7/12507 — U. Martinez « Le gouvernement anarchiste dans une grande ville touristique du XIXe siècle : Nice (1884-1904) — R. Bianco "100 ans de presse anarchiste" — Vivien Bouhey "Les anarchistes contre la République", annexe 56, les anarchistes de la Seine — La Presse 23 janvier 1898 — Les Temps nouveaux 23 octobre 1897 — Le XIXe Siècle 22 et 25 janvier 1898, 2 décembre 1903 — L’Aurore 19 et 27 septembre 1901 — Le Gaulois 24 janvier 1898

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