CAGNIN Jean, Louis

Par Marcel Rivollier, Charles Sowerwine

Né le 18 juillet 1890 à Ambérieu-en-Bugey (Ain) ; ouvrier en peignes ; militant socialiste, syndicaliste et coopérateur d’Oyonnax (Ain).

Né de parents cultivateurs et vignerons, Jean Cagnin a exercé cette profession de l’âge de quatorze ans jusqu’à son départ au régiment à l’âge de vingt-et-un ans, travaillant aussi parfois dans le bâtiment ou pour les chemins de fer PLM comme manœuvre (à 0,30 ou 0,37 F l’heure, rappelle-t-il). Parti au service militaire en octobre 1911, libéré en novembre 1913, il fut de nouveau mobilisé en août 1914. Il fut blessé trois fois : le 16 septembre 1914, le 11 décembre 1914, et le 26 février 1916 à Verdun, fort de Vana. Il reçut la médaille militaire le 16 octobre 1916 : croix de guerre avec palmes, chevalier de la Légion d’honneur, et fut réformé en 1917, invalide à 95 %.
Ne pouvant plus exercer la profession de cultivateur, les deux jambes fracturées, Jean Cagnin se fit rééduquer comme ouvrier en peignes et plastiques à Oyonnax, au début de 1917, pour pouvoir travailler assis.
Par suite de la scission de Tours, la section socialiste dans sa grande majorité devint communiste (voir René Nicod*). Cagnin, acquis au socialisme (bien que non membre de la section) mais hostile à la Troisième Internationale, s’inscrivit à la SFIO reconstituée après Tours. Ce n’est qu’en 1925 qu’il réussit à former une section socialiste à Oyonnax, tant la ville restait un fief communiste de Nicod. La section eut quinze membres au début ; Cagnin en fut le secrétaire. Il resta secrétaire ou secrétaire adjoint jusqu’à la guerre. Il fut également membre de la commission administrative fédérale de la SFIO de l’Ain.
Avec Gustave Dessertine*, Cagnin fut candidat de la SFIO aux élections pour le conseil d’arrondissement du canton d’Oyonnax, le 10 octobre 1937, où il recueillit 398 voix (les élus PCF Alexis Falnot* et Raymond Berrodier* eurent 1 450 et 1 428 voix).
Pendant la guerre de 1939-1940, Cagnin fut réquisitionné pour travailler à l’usine d’aviation d’Ambérieu. Ensuite, jusqu’à la Libération, il fut président du conseil d’administration de la coopérative de consommation à laquelle il avait adhéré en 1921 et était membre du conseil depuis 1922.
Cagnin fut membre du « comité provisoire » constitué le 8 juin 1944 pour remplacer la « délégation spéciale » créée par Vichy le 19 mai 1944. Aux élections municipales de mai 1945, Cagnin obtint un siège qu’il perdit aux élections d’octobre 1947, quand le PCF reprit bon nombre de sièges grâce à la proportionnelle malgré la présence de René Nicod* qui, était maintenant SFIO.
Son attachement à la SFIO n’empêcha pas Cagnin de militer sur le plan syndical. Par suite de la réunification syndicale de 1936, il remplaça Georges Rodet* comme secrétaire du syndicat des ouvriers en peignes et matières plastiques d’Oyonnax, poste qu’il détint jusqu’à la guerre. Le syndicat réunifié prospérait ; partant d’une trentaine d’adhérents au début de 1936, il atteignit mille adhérents en 1937. Cagnin signa le premier contrat collectif dans l’industrie en tant que secrétaire du syndicat. Il fut également membre de la commission administrative de la fédération Ain-Jura de la CGT (voir Briche*).
Cagnin fut aussi militant de la Ligue des droits de l’Homme et de la Libre-pensée.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article18341, notice CAGNIN Jean, Louis par Marcel Rivollier, Charles Sowerwine, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 25 octobre 2008.

Par Marcel Rivollier, Charles Sowerwine

SOURCES : Arch. Dép. Ain, M 2650, rapp. 29 nov., 27 déc. 1937. — Arch. Mun. Oyonnax. — L’Éclaireur de l’Ain, 30 août 1936, 21 fév. 1937, 17 avril, 19 juin 1938. — Témoignage de M. Cagnin et de sa fille.

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