PAUZIER Robert, David, Louis

Par Olivier Dedieu

Né le 26 juin 1905 à Sérignan (Hérault), mort le 3 février 1968 ; médecin, résistant, militant socialiste, maire et conseiller général de Saint-Gervais-sur-Mare (Hérault).

Fils d’un médecin de Sérignan, ancien interne des hôpitaux de Paris puis de Béziers, Robert Pauzier s’installa à Saint-Gervais vers 1930, quand il devint médecin des houillères de Graissessac. Il n’émergea en politique que tardivement dans un canton dominé par la figure tutélaire d’Édouard Barthe, député SFIO puis USR et conseiller général. Résistant, membre du FN, il fut nommé membre du CLL de Saint-Gervais. Alors que le comité avait choisi de proposer la présidence au maire sortant, Paul Soureil, il dut trouver un autre candidat, Soureil étant inéligible en tant qu’ancien conseiller départemental de Vichy. Sylvère Baudassé fut président, rapidement remplacé par Robert Pauzier. Ce dernier fit d’ailleurs exclure Baudassé du CLL et de la délégation spéciale. Durant cette période de transition démocratique, le préfet de l’Hérault le proposa pour compléter, avant les élections cantonales, les effectifs du conseil général.

En 1945, il fut élu maire de sa commune. La même année, alors que la préfecture donnait favori le sortant Édouard Barthe, Robert Pauzier réussit à se faire élire au premier tour. Dans un canton dont une partie était comprise dans le bassin minier, le statut de médecin des mines donna à Robert Pauzier une certaine popularité dans le haut canton. De plus, il bénéficia de l’absence de candidat communiste face à lui au 1er tour des cantonales. En 1947, il fut réélu maire, prenant quelques communistes dans son conseil municipal. En 1949, il redevint conseiller général, malgré une triangulaire avec un communiste et un MRP. En 1955, lors des élections cantonales, il fut opposé à un candidat de taille, Paul Coste-Floret, l’un des dirigeants nationaux du MRP, plusieurs fois ministre, député-maire de Lamalou-les-Bains. Médecin depuis 24 ans dans le canton, président du comité de salut viticole, rapporteur du budget de l’assistance médicale gratuite, maire et conseiller général depuis 10 ans, Robert Pauzier bénéficia d’une forte implantation locale. Mais sa victoire fut aussi lié au choix du PC d’appeler à voter pour lui au 2e tour. Se sachant battu, Paul Coste-Floret, se retira de la compétition à l’issue du 1e tour.

Cette victoire de Robert Pauzier eut néanmoins un goût amer. En effet, il fut, antérieurement à l’élection, contesté par plusieurs membres du conseil fédéral, certains demandant même son exclusion. Il se vit alors reprocher de se rapprocher des communistes, signant des textes contre la CED, contre le réarmement Allemand et le plan Schumann. Il expliqua alors son geste par la nécessité, dans ce canton conservateur, de s’appuyer sur les voix communistes, de tenir compte des attentes des mineurs, tout en expliquant aussi que ces choix étaient aussi personnels. Il accepta finalement, selon ses termes « son autocritique » et annonça ne pas se représenter pour les cantonales de 1955. Finalement, il fut de nouveau candidat et, à l’issue du premier tour diffusa, avec le candidat communiste Louis Nadal, un tract appelant à faire barrage au MRP et pour « l’unité socialiste-communiste ». Son élection acquise il n’hésita pas à assumer ces choix politiques, attaquant la ligne du parti auprès du conseil fédéral : « Vos flirts et pelotages avec les partis MRP et radical sont des flirts et pelotages contre nature, que vous le vouliez ou non, et perdront à jamais le parti SFIO ».

En 1956, dans cette même ligne, il signa un manifeste de la Marseillaise appelant à la Paix en Algérie. Pour autant, quelques années plus tard, il sembla adopter une ligne moins conciliatrice avec le PC, générant en retour, en 1961, une attaque de Sylvère Baudassé, secrétaire des sections communistes du canton, ce dernier fustigeant le comportement anti-unitaire de Robert Pauzier.

Membre actif du comité de défense du bassin minier, il fut réélu maire en 1965. Deux ans, plus tard, en 1967, il décida de ne pas se représenter aux cantonales. Alors que la fédération SFIO et la FGDS décidèrent d’investir Sylvère Baudassé, désormais militant SFIO, pour lui succéder, Robert Pauzier fit une campagne active pour soutenir son ancien adversaire politique Paul Coste-Floret qui fut élu. Cette attitude, largement critiqué au sein de la SFIO, lui valut d’être renvoyé devant la commission des conflits. Il choisit alors de démissionner de la SFIO en août 1967.

Robert Pauzier fut membre de la FOPAC et DDEN.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article183347, notice PAUZIER Robert, David, Louis par Olivier Dedieu, version mise en ligne le 12 août 2016, dernière modification le 17 avril 2017.

Par Olivier Dedieu

SOURCES : Arch. Dép. Hérault, 12 W 879, 31 W 72 et 94, 338 W 59 et 68, 356 W 15 et 55, 389 W 19, 406 W 122, 785 W 11, 1068 W 108 , 2147 W 254, 143 J 258. — Arch. Charles Alliès. — Combat socialiste, 1945-1967.