VÉGA-RITTER Maximilien dit Max

Par Olivier Dedieu

Né le 27 juillet 1933 à Constantine (Algérie) ; professeur d’anglais, militant du SNES, de la CIR, du PS, maire adjoint de Béziers

Fils d’un professeur du lycée d’Aumale à Constantine qui était son homonyme (Maximilien Louis Philippe, né à Madrid le 23 novembre 1900, qui passe son bac à Constantine en1917), Max Véga-Ritter fut élève de ce même lycée de 1940 à 1951.
Bachelier, il continua ses études à l’hypokhâgne du Lycée Bugeaud, Alger, (aujourd’hui Abdelkader) qui fut, pour mémoire, fréquentée par Albert Camus, Jacques Derrida et Assia Djebar. Il les poursuivit au Lycée Henri IV à Paris en préparation au concours de l’ENS Saint- Cloud auquel il fut bi-admissible. Inscrit à la Sorbonne, il passa son DES d’anglais en 1956. Il est admis à suivre les cours de l’université de Cambridge 1955-1956. Il fait son service militaire au 5e BCA comme soldat-instituteur au-dessus de Michelet en haute Kabylie puis à l’EMP Koléa en 1959-1962.
Nommé à Béziers, il fut professeur d’anglais au lycée Henri IV. Militant syndical, il fut élu du SNES. En 1971, il était candidat au nom de la tendance Rénovation syndicale. Militant politique, Max Véga-Ritter adhéra à la Convention des institutions républicaines puis au Parti socialiste en 1971. Actif, il gravit rapidement les échelons du parti. Il fut membre, dès 1971, du conseil fédéral au titre de la motion Poperen puis de la motion Mitterrand. Il intégra le bureau fédéral de l’Hérault en 1973, le secrétariat fédéral en 1977, en charge de la 4e circonscription de l’Hérault. Il fut candidat, non élu, à l’investiture pour les élections législatives de 1973 sur la 4e circonscription. En 1976, il fut investi pour les élections cantonales mais fut battu par Pierre Brousse, le conseiller général sortant et maire radical de la ville. L’année suivante, il fit partie de la liste victorieuse de l’union de la gauche menée par Paul Balmigère qui battit Paul Brousse. Le nouveau maire de Béziers fit de Max Véga-Ritter son 4e adjoint, délégué à l’urbanisme.
Il fut inculpé en 1979 pour sa participation comme élu à une émission de Radio libre (Radio Pomarède).
Militant de la gauche chrétienne, il organise à Béziers des journées de dialogue judéo-chrétien avec la paroisse universitaire, la pasteur de Béziers, des membres de la communauté juive et un professeur d’hébreu israélien de la faculté protestante de Montpellier, Avec un jeune professeur Yves Rouquette, écrivain, poéte occitan et figure éminente et éruptive du mouvement de renouveau occitan avec son épouse Marie Rouanet, ils programment une série de débats au couvent des Franciscains, sous l’égide du Pères franciscains Bertrand Duclos et Hervé Chaigne, sur la gauche en France , la viticulture, la démocratie, etc.Max Véga-Ritter traduit et publie un ouvrage d’un théologien protestant anglais en vue, Harvey Cox, Responsables de la Révolution de Dieu, Editions de l’Epi, 1969, il ecrit dans la revue franciscaine Frères du monde, "Une lecture politique des Anti-mémoires d’ André Malraux

Candidat non élu aux législatives de 1978 et 1981 sur la 4e circonscription de l’Hérault, Max Véga-Ritter fut investi par la section de Béziers comme premier des socialistes pour les municipales de 1983. En 1982, la section considérait que le PS était désormais, depuis 1981, devant le PC et devait donc se voir attribuer la tête de liste.
Cette position amena la section, à l’unanimité, à proposer cette candidature. Président de l’association des Pays de l’Orb, membre du bureau fédéral du PS, enseignant depuis 20 ans dans la ville, Max Véga-Ritter pensait pouvoir légitimement succéder à Paul Balmigère. Néanmoins, suite aux accords nationaux entre le PS et le PC, la tête de liste resta aux communistes, Max Véga-Ritter devant se contenter de la 2e place de la liste. En mars 1983, la liste d’union de la gauche fut battue par celle de Georges Fontès, soutenu par le RPR.
Engagé dans le mouvement associatif, Max Véga-Ritter a été, parallèlement à son action politique, président de la Fédération Pact-Arim du Languedoc Roussillon, association nationale de lutte contre la pauvreté dans le cadre de l’aménagement des villes et de leur habitat.
Parallèlement à ces engagements politiques, Max Véga-Ritter fut aussi enseignant-chercheur. En 1972, il soutint sa thèse pour le doctorat de spécialité à l’université Paul Valéry et participa aux travaux du Centre d’études et de recherches victoriennes et édouardiennes. Il soutient son doctorat d’État (TH) en 1986 . Qualifié par le CNU pour exercer les fonctions de professeur des universités en littérature anglophone en 1993, il fut nommé professeur des universités à l’université Blaise Pascal de Clermont-Ferrand (devenue de Université de Clermont Auvergne). Depuis 2001, il en est professeur émérite, et publie au Centre d’études de littératures et d’interactions sociales( CELIS) de l’université d’Auvergne et Blaise Pascal. Quittant le département de l’Hérault, Max Véga-Ritter adhéra à la fédération socialiste du Puy-de-Dôme. Il est membre fondateur et vice-président de l’Association France-Algérie pays d’Auvergne (président national Jean-Pierre Chevénement).

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article182916, notice VÉGA-RITTER Maximilien dit Max par Olivier Dedieu, version mise en ligne le 31 juillet 2016, dernière modification le 27 octobre 2017.

Par Olivier Dedieu

SOURCES : Arch. Départ. Hérault, 1506 W 171, 1506 W 224, 1021 W 185, 676 W 129, 143 J 225 et 322. — Entretiens Jules Faigt, Georges Devic, Georges Guilhem. — Témoignage de Max Véga-Ritter

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