CARNET Charles

Par Jean-Yves Guiomar

Cheminot ; syndicaliste unitaire (CGTU) et militant communiste des Côtes-du-Nord [Côtes-d’Armor].

Ajusteur au dépôt de Saint-Brieuc, Charles Carnet fut, de la scission à la réunification, un des principaux militants du syndicat unitaire des cheminots de Saint-Brieuc. Le 19 décembre 1921, il organisa dans cette ville avec Gaston Dupuis une réunion de la Fédération Semard. Cette première apparition fut un échec puisqu’il n’y eut que six présents mais un syndicat unitaire relativement important fut constitué dès cette époque à Saint-Brieuc. Alors que l’Union régionale CGTU était dominée par des syndicalistes-révolutionnaires très hostiles au Parti communiste, ce syndicat constitua, jusqu’à ce que sa tendance se renversât en 1924, un soutien fidèle de la majorité confédérale.
Militant communiste, Carnet contribua aux côtés de Albert Mourocq et de Gaston Dupuis à la lutte pour renforcer le contrôle de cette majorité sur les organisations unitaires du département. En 1925, il succéda à Albert Mourocq au secrétariat du syndicat et fut délégué, en avril 1926, au congrès fédéral de Caen. Désirant ardemment l’unité, il tenta à plusieurs reprises d’intervenir dans des réunions de cheminots CGT mais il ne put le plus souvent y pénétrer. Convaincu que réaliser l’unité à la base était la tâche première d’un secrétaire d’organisation unitaire, il démissionna de son poste le 20 mai 1927, déçu par ses échecs et estimant que tout travail avait été vain.
Il conserva cependant ses fonctions au bureau de l’Union départementale dont il était secrétaire adjoint en 1926 et dont il devint secrétaire général au congrès de mars 1931, l’Union départementale étant alors devenue une simple Union locale. Il fut, en 1934, candidat comme délégué ouvrier à la sécurité, aux élections du conseil supérieur du réseau Ouest-État.
Charles Carnet était en outre le délégué du Secours rouge international dans les Côtes-du-Nord tout au moins jusqu’au début des années 30 puisqu’aucune allusion n’est faite à son sujet durant la guerre d’Espagne. Il intervint à ce titre à la réunion intersyndicale organisée en août 1927 à Saint-Brieuc pour Sacco et Vanzetti. Prenant vraisemblablement sa retraite à cette époque, il n’est plus signalé qu’en juillet 1936 lorsqu’il vint à Saint-Brieuc présider une réunion des grévistes du Bâtiment à Saint-Quay-Portrieux.
Déjà candidat du Parti communiste aux élections législatives de 1928 (694 voix sur 15 246 votants au 1er tour, 171 voix au second, 21 434 inscrits) et de 1932 (1re circonscription de Saint-Brieuc) — 309 voix sur 21 601 inscrits et 15 782 votants —, Charles Carnet le fut encore en 1936 ; présenté dans la seconde circonscription de Saint-Brieuc, il recueillit 2,5 % des voix (512 voix sur 23 909 inscrits et 20 019 votants).

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article1829, notice CARNET Charles par Jean-Yves Guiomar, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 15 décembre 2011.

Par Jean-Yves Guiomar

SOURCES : Arch. Dép. Côtes-du-Nord, série M, réunions syndicales et corporatives ; réunions diverses ; grèves et conflits du travail. — Le Syndicaliste de l’Ouest. — Le Travailleur unitaire. — G. Lachapelle, Les élections législatives, op. cit.

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