DUVAL Jules

Né à Rodez en 1813, mort le 20 septembre 1870, à Paris. Ancien avocat, écrivain, journaliste, historien, économiste. Rédacteur à Démocratie pacifique, sous-directeur, en 1847, de l’Union agricole du Sig, expérience de colonisation agricole phalanstérienne en Algérie. Conseiller général d’Oran. Propagandiste du mouvement pour le développement de la coopération sous le Second Empire.

En 1846, il se démit de sa charge de substitut du procureur du roi à Rodez, pour se livrer à des travaux personnels. Il avait déjà, l’année précédente, publié un opuscule : Progrès de la Cause sociétaire. Il vint s’installer à Paris où il milita dans les milieux phalanstériens. Il collabora alors (1846) à Démocratie pacifique de Considerant. En 1847, il partit pour l’Algérie, comme sous-directeur de l’Union agricole du Sig, entreprise inspirée de l’esprit de Fourier. L’expérience de colonisation phalanstérienne échoua, et Duval revint en France. Il collabora alors au Journal des Débats, à la Revue des Deux-Mondes, au Journal des Économistes.

De 1861 à 1866, comme fondateur, directeur et rédacteur en chef de L’Économiste français, Journal de la Science sociale. Organe des intérêts métropolitains et coloniaux avec plusieurs collaborations fouriéristes, il fut par ses articles un de ceux qui, dans les années 1860, impulsèrent le mouvement coopératif. Il le soutenait également par la parole : il donna, par exemple, à Lyon, des conférences à la Société d’Enseignement professionnel créée par Arlès-Dufour. Il était en 1865-1866 un des rédacteurs du périodique La Mutualité. Revue du Travail, des sociétés coopératives et de secours mutuels, dirigé par Jules Vinçard (Voir ce nom).
En janvier 1866, il parla à l’ancienne mairie de La Chapelle à Paris, il y parla encore le 15 et le 22 avril. Le 7 juin, il s’adressait à 400 ou 500 ouvriers à l’asile de Vincennes ; le 12 novembre 1866, il prenait la parole à l’Association polytechnique de Grenelle. Il restait toujours fidèle en gros aux idées phalanstériennes et, en février 1865, il portait encore un toast à un banquet réunissant des disciples de l’école sociétaire.

Par une circulaire du 20 décembre 1868, adressée aux sociétés coopératives, il mit son hebdomadaire L’Économiste français, à leur disposition, car il était « libre de tout lien envers le pouvoir et envers la féodalité financière ». Mais sa publication, trop savante pour le public auquel elle devait s’adresser, ne fut pas appréciée et les contacts envisagés ne purent se produire. En 1870, il appartint au comité d’initiative de L’Épargne immobilière, qui avait pour but de recueillir l’épargne populaire et de la faire servir à la construction de maisons à bon marché qui pouvaient être utilisées par les sociétaires eux-mêmes.

Vers 1869, convaincu que jamais l’école ne ferait vivre de phalanstère, Duval, dans sa correspondance avec Pellarin, réduisait l’apport positif du fouriérisme à l’idée d’association.

Jules Duval devait trouver la mort dans l’accident connu du chemin de fer de l’Ouest.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article182690, notice DUVAL Jules, version mise en ligne le 20 juillet 2016, dernière modification le 15 mai 2019.

ŒUVRE : Les plus significatives sont : Synthèse de la Série, impr. de A. Perrier, Oran, s. d., programme de colonisation fouriériste, une page in-4°. — Progrès de la cause sociétaire, 1845. — Des sociétés coopératives de consommation, Paris, 1866. — Des sociétés coopératives de production, 1867. — Des sociétés coopératives de crédit, 1867.

SOURCES : Henri Affre, Biographie aveyronnaise, 1881, pp. 163-164. — Hubert Bourgin, Fourier. — Jean Gaumont, Histoire générale de la coopération en France, t. I. — G. Del Bo, Charles Fourier e la Scuola Societaria, Milan, 1957.

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