DUPONT Jacques, François, dit DUPONT de Bussac.

Né à Paris le 7 février 1803, mort à Paris le 22 décembre 1873. Avocat. Représentant de la Charente-Inférieure, en 1848 et en 1850. Démocrate socialiste, fidèle à ses idées en 1870-1871.

Dupont était d’abord un brillant avocat et un journaliste. En qualité de rédacteur au Courrier français, il avait signé la protestation des journalistes parisiens dans la nuit du 26 au 27 juillet 1830 et, s’étant battu sur les barricades, il avait été décoré de la médaille commémorative de la révolution. Neveu par alliance du banquier Laffitte, il refusa cependant le poste de procureur que la nouvelle monarchie lui proposait pour ne pas lui prêter serment. Défenseur de Lebastard au procès des Dix-Neuf, puis dans un procès politique en 1833, sans doute celui des 27, en décembre, où il déclara : « Le XIXe siècle a une haute mission à remplir, c’est celui de l’affranchissement moral et politique des prolétaires. » Il fut suspendu un an, puis lança la Revue républicaine, défendit le régicide Fieschi et Morey en 1835 et fut de nouveau suspendu. Il collabora à la Revue du Progrès et plaida en 1839 pour Blanqui et pour Barbès qu’il conforta dans leur volonté de ne pas répondre aux questions du tribunal. Il fut, pour la hardiesse républicaine de ses plaidoiries, plusieurs fois suspendu sous la monarchie de Juillet.

Malade, il se retira quelques années et en 1848, Dupont était sur sa terre de Bussac en Charente-Inférieure. Il devint, aussitôt après la révolution, sous-commissaire du Gouvernement provisoire pour l’arrondissement de Jonzac. Candidat à la Constituante, le 23 avril, il fut élu dixième sur douze avec 52 671 voix sur 111 907 votants et 136 016 inscrits. Montagnard, il se fit, entre autres, le défenseur de Louis Blanc devant la Constituante, le 13 juin 1848.

Il s’efforça d’empêcher, durant les journées de Juin, la mise de Paris en état de siège et l’octroi des pleins pouvoirs au général Cavaignac.

Battu le 13 mai 1849, Dupont de Bussac réussit à se faire élire dans la Charente-Inférieure, à une élection partielle, le 10 mars 1850, par 58 747 voix, sur 104 666 votants et 159 477 inscrits.

Il aurait pu être préféré, comme candidat du Comité central socialiste dans la Seine, à Eugène Sue, en 1850, s’il avait, comme on le lui demandait, répudié la peine de mort, aussi bien en matière politique qu’en matière de droit commun. Il s’y était refusé, disant : « Je veux pouvoir m’en servir contre les ennemis de la République. »

Proscrit après le coup d’État du 2 décembre 1851, Dupont de Bussac était, en 1870 et 1871, un des plus respectés parmi les hommes de 1848. Il n’obtint cependant que 2 893 voix sur 10 340 votants aux élections du 26 mars dans le IXe arr. (J. O. Commune, 31 mars). Il demeura dans Paris pendant la Commune, et eut à l’égard de l’Hôtel de Ville une attitude bienveillante, sinon toujours compréhensive.

Il fit paraître en 1872 un petit livre intitulé Histoire populaire des sociétés coopératives. Affranchissement de la classe ouvrière (Paris, A. Le Chevalier, in-16, 87 p.), à la fois très bien informé et courageux, puisqu’il y prônait non seulement les coopératives de consommation et les banques de crédit mutuel, mais aussi les coopératives de production et les syndicats ouvriers, et légitimait le recours à la grève si nécessaire, voire même l’action de l’Association Internationales des Travailleurs, "aujourd’hui proscrite par un décret".

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article182689, notice DUPONT Jacques, François, dit DUPONT de Bussac., version mise en ligne le 20 juillet 2016, dernière modification le 9 mai 2019.

SOURCES : Robert, Bourloton et Cougny, Dictionnaire des Parlementaires français. — I. Tchernoff, Le Parti républicain au coup d’État et sous le Second Empire. — G. Lefrançais, Souvenirs d’un Révolutionnaire (Dupont de Bussac défendit Lefrançais en février 1871 dans le procès intenté à propos de la journée du 31 octobre 1870). — J. Dautry et L. Scheler, Le Comité central républicain des vingt arrondissements de Paris. – Note de Jean-Pierre Bonnet.

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