DANDURAN Jean-Jacques

Par Notice reprise et complétée par Michel Cordillot

Né le 13 novembre 1803 à Saint-Macaire (Gironde) ; ingénieur civil ; membre de sociétés républicaines, puis fouriériste ; Quarante-huitard ; journaliste communard.

Danduran habita Paris à partir de 1821. Républicain convaincu, il participa à la révolution de Juillet 1830, puis fut un des présidents de la Société des Droits de l’Homme au début de la monarchie de Juillet. Il semble qu’il ait ensuite connu l’exil en Belgique et en Angleterre, avant de revenir en France s’établir comme entrepreneur en maçonnerie spécialisé dans l’assèchement des murs humides par un procédé qu’il avait fait breveter.

Vers 1837, il devint fouriériste de l’« Union harmonienne » et il était caissier du journal Le Nouveau Monde de Czynski, lorsque la révolution de Février 1848 fit de lui un des orateurs les plus écoutés du club de la Fraternité des Peuples, qui était présidé par Rebstock. Il fut également un des membres les plus assidus de la nouvelle Société des Droits de l’Homme de Barbès et, en tant que vice-président, une place lui était réservée à la tribune dans la salle du Conservatoire des Arts et Métiers où se tenaient habituellement les séances.

Enfin, rédacteur en chef du journal La Propagande républicaine, (2 numéros parus les 23 et 30 mars), il fut également président du Club portant le même nom qui tenait ses séances passage de l’Opéra, dans la salle de l’ancien bal d’Italie.

Ses rapports étroits avec le cercle des dirigeants de la Société des Droits de l’Homme lui valurent de figurer parmi les membres du bureau du Club des clubs au lendemain des élections d’avril 1848. Lorsqu’il fut question début mai d’organiser une démonstration populaire en faveur de la Pologne, il se montra tout aussi réservé que Huber. Il fut néanmoins associé à la préparation et au déroulement de la manifestation du 15 mai, et fut appelé à témoigner devant la Haute Cour de Bourges.

En mai 1849, il lança Le Travailleur, journal des Associations, dont les bureaux étaient 6, rue Ollivier, à Paris, et qui n’alla pas au-delà du numéro specimen. Dans ce journal des associations réunies, Danduran se donnait pour programme d’organiser l’échange en créant de grands magasins à prix uniques pour écouler les produits fabriqués par les associations. L’année suivante, il tenta une fois de plus de lancer un journal, qu’il avait intitulé Le Droit du peuple, journal des intérêts sociaux. Mais celui-ci n’eut que deux numéros en février et mars.

Sous l’Empire il semble avoir gagné sa vie en travaillant à l’édition de diverses revues spécialisées (Le Montgolfier, moniteur de l’aérostation, 1863 ; L’Assurance, guide de l’assuré incendie, vie, agricole et maritime, 1865-66 ; Le Philosophe, 1867).

Sous le Siège de 1870, il fut capitaine en second à la 4e batterie d’artillerie de la Garde nationale. Durant la Commune de Paris, il ne joua aucun rôle militaire. Quant à son rôle politique, il se limita à la publication du premier et unique numéro de la Révolution politique et sociale, 16 mai 1871. Il habitait, 13, passage Tivoli, depuis 1863. Il était l’ami de Félix Pyat et de Ferdinand Gambon.

Arrêté le 7 juin 1871, Danduran, qui était alors veuf, sans enfants, fut condamné, le 24 novembre suivant, à cinq ans de prison et 100 fr d’amende par le 13e conseil de guerre.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article182673, notice DANDURAN Jean-Jacques par Notice reprise et complétée par Michel Cordillot, version mise en ligne le 20 juillet 2016, dernière modification le 14 mars 2019.

Par Notice reprise et complétée par Michel Cordillot

ŒUVRE : Outre les journaux cités ci-dessus, on signalera les écrits suivants, Avis patriotique du citoyen J.-J. Danduran, membre de la Société des Droits de l’Homme, Paris, impr. de Bellemain, sd [1832], in-8°, 7 p. — Du Christianisme et de la démocratie comme base et moyen du bonheur des hommes et de la Fraternité universelle, Paris, chez tous les libraires,1848, in-8°, 31 p.

SOURCES : Arch. Min. Guerre, 13e conseil, dossier 38. — J. Gaumont, Histoire générale de la Coopération en France, tome I, p. 254. — Lucas, Les Clubs et les clubistes, op. cit. — Peter H. Amann, Revolution and Mass Democracy. The Paris Club Movement in 1848, Princeton University Press, 1975.

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