COUTANT A. ou COUTANT Jean-Baptiste ou COUTANT Émile

Par Notice revue et complétée par M. Cordillot

Ouvrier typographe à Paris ; signataire du Manifeste des Soixante en 1864 ; adhérent de l’AIT.

Il collabora dès son lancement, en 1839, à La Ruche populaire de Vinçard. Deux points particuliers allaient durablement faire l’objet de ses préoccupations : la question du travail des femmes — auquel il resta farouchement opposé — et la question de l’introduction des presses mécaniques.

En 1846, il fit partie d’un groupe de typographes comprenant également Debock, Vasbenter, G. Duchène et A. Parrot, qui s’organisa en cercle culturel pour tenter de fonder un journal. N’y étant pas parvenu, ils se mirent à publier des brochures sur les sujets d’actualité concernant la classe ouvrière.

En avril 1848, il fut candidat aux élections dans la Somme, sans succès. Il se présenta de nouveau dans ce département, et sans plus de succès, en mai 1849. La même année, il s’intéressa et donna des articles au Travail affranchi, journal des associations ouvrières que publiait le socialiste François Vidal.

Sous l’Empire, il écrivit dans Le Pays. Il figura également au nombre des auteurs des Brochures ouvrières publiées en 1861 par l’Opinion nationale. Peu après, il fut l’un de ceux qui réussirent à convaincre le prince Napoléon de subventionner l’envoi d’une délégation ouvrière à l’Exposition universelle de Londres (1862) ; à la suite de quoi il fut élu secrétaire de la Commission ouvrière instituée pour désigner les délégués. À la suite des contacts établis à cette occasion entre ouvriers anglais et français allait germer quelques mois plus tard le projet d’Association Internationale des Travailleurs.

Le 20 janvier 1863, avec J.-J. Blanc, Carrat, Tolain, etc., il signa un appel que publia L’Opinion nationale, demandant à tous les ouvriers de verser 10 centimes au profit de leurs camarades de l’industrie cotonnière qui souffraient du chômage parce que la guerre de Sécession tarissait les arrivages de coton américain.

Lors des élections de 1863, certains ouvriers songèrent à présenter sa candidature. Finalement on lui préféra celle de Blanc, metteur en pages à L’Opinion nationale. Néanmoins candidat, Coutant n’obtint en tout et pour tout que 11 voix (Le Siècle).

Le 20 février 1864, il signa le « Manifeste des Soixante ». Quand fut votée la loi du 25 mai 1864, sur le droit de coalition, il en dénonça les insuffisances, car, selon lui, elle exigeait, pour être pleinement efficace, un très large régime de tolérance en faveur des associations ouvrières. Mais à cette date, il se gardait encore d’attaquer publiquement le régime.

Coutant appartint à l’Association internationale des Travailleurs (cf. De la capacité politique des classes ouvrières, Œuvres complètes de Proudhon, Paris, Rivière, 1924, p. 416, n. 4).

En tant que secrétaire de la société des imprimeurs-lithographes de Paris, il envoya un message de sympathie au 3e congrès de l’AIT réuni à Bruxelles, en 1868, en s’excusant de n’avoir pu désigner un délégué. (Compte rendu officiel..., p. 51. — L’Internationale, J. Freymond). Le 12 mars 1868, sa signature apparaissait dans le Courrier français de Vermorel. Un de ses derniers articles connus parut à l’occasion des élections de1869, dans un journal éphémère, Le Suffrage universel. Il se prononçait alors énergiquement en faveur de la présentation de candidats ouvriers.

Le 2 octobre 1880, il assista au banquet de la typographie parisienne placé sous le signe de la future unité typographique. Il y prononça un discours qui se termina par un toast porté à « l’organisation de la démocratie par le peuple. »

Voir Davezac, Flandre, Gérigeois, Guérineau, Kin A., Perrachon, Revenu, Ripert, Royanez, Toussenel A., Vinçard P., Vuillennot. Pour le Manifeste des Soixante, voir Lefort Henri.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article182668, notice COUTANT A. ou COUTANT Jean-Baptiste ou COUTANT Émile par Notice revue et complétée par M. Cordillot, version mise en ligne le 19 juillet 2016, dernière modification le 11 mars 2019.

Par Notice revue et complétée par M. Cordillot

OEUVRE : Organisation du travail. Discussion entre le journal Le Globe et un ouvrier typographe, 15 mars 1844, Paris, au bureau de la Ruche populaire, in-8°, 16 p. — Brochures ouvrières. Du salaire des ouvriers compositeurs, Paris, Poulet-Malassis, 1861, in-18, 35 p. — Propriété et travail. Association, Paris, impr. de Seringe frères, 1868, in-4°, 8 p. — Les Candidatures ouvrières, Paris, au bureau du journal. — Le Suffrage universel, mai 1869, in-4°.

SOURCES : Le Siècle, 30 mai, 1er juin 1863. — L’Opinion nationale, 17 février 1864. — Georges Duveau, La Pensée ouvrière sur l’éducation sous la Seconde République et sous le Second Empire, Paris, Domat, 1948. — A. Thomas, Le Second Empire, (Histoire socialiste de Jean Jaurès). — Paul Chauvet, Les Ouvriers du Livre en France, de 1789 à la constitution de la Fédération du Livre, avant-propos d’E. Ehni, Paris, Marcel Rivière, 1956. — J. Freymond, Études et documents sur la Première Internationale en Suisse, Genève, Droz, 1964, t. I, p. 431.

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