CORD’HOMME Jacques, Henri, Charles

Né le 17 novembre 1824 à Rouen (Seine-Inférieure), où il mourut le 3 février 1906 ; opposant au coup d’État de décembre 1851 puis au Second Empire ; sympathisant de la Commune de Paris.

Fils de négociant, Cord’homme fut élève au lycée de la ville.

Il fit ses débuts dans la politique en 1848 ; partisan de la Montagne, il collabora au Républicain de Rouen (1849), participa à l’organisation de la Solidarité républicaine et signa le manifeste du Comité démocratique pour les élections de 1849. Délégué à Londres, près de Ledru-Rollin (1851), il fut arrêté quelque temps après le 2 décembre.

Négociant en vins, opposant " irréconciliable " à l’Empire, il participa à la fondation du Progrès de Rouen (1868). Élu conseiller général de Rouen (Saint-Sever) en avril 1870, il fit une campagne active contre le plébiscite.

Membre du Comité de Défense de la Seine-Inférieure après le 4 septembre, il chercha à organiser la défense de Rouen.

Cord’homme fit un séjour à Paris du 17 au 26 mars 1871. À la veille des élections municipales de 1871, il prit l’initiative d’une réunion commune des radicaux et de l’Internationale, qui vota un manifeste en faveur de la Commune (24 avril 1871) :

« À la Commune de Paris

« Unis dans une fraternelle solidarité pour la revendication des franchises du peuple et le triomphe de la révolution, les membres de la fédération rouennaise et du comité radical de la Seine-Inférieure saluent avec enthousiasme l’avènement de la Commune de Paris et adhèrent sans réserve à son programme.

« Dans ce duel sanglant de l’autorité contre la souveraineté du peuple, du privilège contre l’équité, alors que les monarchistes ont consommé la criminelle coalition sanctifiée par l’Église, il est bon que Paris sache que, malgré la corruption et la pression administrative, malgré les mensonges et les calomnies d’une presse déloyale, il est, en province, des cœurs qui battent à l’unisson des aspirations de la capitale et partagent ses espérances.

« Que la Commune de Paris poursuive donc son œuvre sans relâche et sans faiblesse, sûre que, par toute la France, la démocratie désavoue hautement le gouvernement fratricide de Versailles. La victoire ne sera pas lente à consacrer l’émancipation du peuple et le triomphe définitif de la République.

« Vive la Commune !

« Vive la République ! »

(d’après l’Enquête parlementaire sur l’insurrection du 18 mars 1871, p. 126.)

Emprisonné pendant deux mois, il fut, après sa réélection au Conseil général (octobre 1871), condamné par contumace à deux ans de prison et 50 f d’amende et solidairement aux dépens et aux frais du procès, pour avoir présidé la réunion du 24 avril 1871. Voir Détré. Les huit prévenus étaient : Boulanger François, Cord’homme Jacques, Delaporte Paul-Édouard, Fossard Louis, Lécureuil Jean-Louis, Mondet Gustave, Percheval Jacques, Riduet Olympe.

Vaughan Ernest avait fait défaut.

Tous avaient été arrêtés le 24 avril et libérés seulement le 5 juillet.

Réfugié en Belgique, Cord’homme rentra en France après l’amnistie. Il participa à nouveau pendant quelques années aux luttes politiques locales (il fut boulangiste) et dirigea le Réveil Social de 1892 à 1897.

Bon, simple, accueillant, entretenant les relations les plus cordiales avec tout le monde, même avec ses adversaires en politique, Cord’homme ne se connaissait point d’ennemis en dehors des heures de lutte. Guy de Maupassant, dont il était l’oncle par alliance, l’a pris dans Boule de Suif comme modèle de Cornudet, le démocrate, terreur des gens respectables.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article182665, notice CORD'HOMME Jacques, Henri, Charles, version mise en ligne le 19 juillet 2016, dernière modification le 24 février 2019.

SOURCE : Gazette des Tribunaux, 17 novembre 1871.

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