CHOMETTE Jean-Jacques

Né à Saint-Rémy-sur-Durolle, près de Thiers (Puy-de-Dôme), le 23 décembre 1820, mort au XXe siècle. Propagandiste socialiste de 1848 et de 1871.

Chomette était le fils d’un notaire et entra à l’École polytechnique. Il était fortuné. (En 1871, il reconnut posséder 50 000 francs).

Avant 1848, il milita dans les rangs républicains les plus avancés, notamment à Thiers, où il était installé comme expert-géomètre. Il semble aussi avoir été non seulement acquis au fouriérisme mais son représentant dans la région de Thiers.

En 1848, il devint conseiller municipal de la ville et réclama la " liberté et l’instruction ", car " le suffrage universel ne sera grand qu’à la condition d’être éclairé ". Il fut condamné à trois mois de prison, pour coups et blessures, le 3 janvier 1849, puis, le 3 août 1850, à deux mois de la même peine pour fabrication de poudre. Au moment du coup d’État de 1851, il se trouvait en Suisse, où il resta jusqu’en 1861, avant de profiter de l’amnistie de 1859.

Vers la fin de l’Empire, il aida à la création à Clermont-Ferrand d’une section de l’Internationale, puis reprit son activité politique à Thiers après le 4 septembre 1870. Très populaire parmi les ouvriers, il déclencha une violente agitation et, le 30 octobre, dirigea la prise de la sous-préfecture. L’ordre fut rapidement rétabli.

Après l’installation du gouvernement de la Commune à Paris, il partit pour la capitale, mais participa auparavant, à Clermont-Ferrand le 3 avril 1871, à une réunion groupant plusieurs centaines de personnes. À Paris, il vit Delescluze, Lefrançais et d’autres notabilités de la Commune et rentra le 10 avril à Clermont. Cherchant à susciter des actions favorables au mouvement parisien, il préconisa, le 12, à Thiers, un " mouvement général ".

Le 30 avril, jour des élections municipales, dans l’après-midi, une violente agitation se manifesta à Thiers, suivie de bagarres avec la police. La sous-préfecture, la poste et la mairie furent envahies et occupées par les manifestants, mais des troupes arrivées de Clermont rétablirent l’ordre aisément.

Quinze personnes furent arrêtées et traduites en cour d’assises, ainsi que Chomette, accusé d’avoir usurpé les fonctions de sous-préfet et fomenté un complot contre l’État. Chomette était la seule personnalité marquante et instruite du procès. Il fut acquitté, le 27 août, ainsi que tous les inculpés, aucune preuve n’ayant pu être apportée à l’appui de l’accusation.

En avril, Chomette avait été élu conseiller municipal de Thiers. Le 15 octobre suivant, il fut élu conseiller général par 1 603 voix contre 139 au monarchiste Chassaigne sur 5 489 inscrits. Réélu le 4 octobre 1875, il se retira cette même année.

Chomette vivait encore en 1902.

Voir Chauffrias F., Mandet Ch., Vedel J.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article182655, notice CHOMETTE Jean-Jacques, version mise en ligne le 19 juillet 2016, dernière modification le 9 février 2019.

SOURCES : Robert Schnerb, Les débuts de la Seconde République dans le Puy-de-Dôme, Clermont-Ferrand, 1927. — Riom-Journal, compte-rendu du procès d’août 1871. — Enquête parlementaire sur l’insurrection du 18 mars 1871, rapport du premier président de la Cour de Riom, 8 septembre 1871, p. 124-125.

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