CHASSIN Charles, Louis

Né le 11 février 1831 à Nantes, mort à Beauchamps, près de Taverny (Seine-et-Oise) le 18 juillet 1901 ; journaliste, historien et homme politique républicain socialiste.

D’une famille de marins d’opinions libérales, il fut élève du collège royal de Nantes, puis alla faire son droit à Paris où il précéda Jules Vallès d’une année environ. Jules Vallès parle de lui, dans sa célèbre trilogie, sous le nom de Matoussaint. Pour sa part, Chassin a publié de charmants Souvenirs d’un étudiant de 48, où il est question aussi bien des espoirs républicains de la jeunesse du quartier Latin sous la Seconde République que de la vie à Nantes à la fin de la monarchie de Juillet. Et là encore, il a fourni sur les Nantais des détails précis à Vallès, qui n’était pas Nantais de naissance, mais fixé à Nantes à la fin de sa scolarité secondaire parce que son père professait la grammaire au collège royal.

Comme Vallès, Chassin ressentit douloureusement la défaite républicaine de décembre 1851. Vers 1852-1853, rentré à Nantes dans sa famille, il allait voir Jules Michelet surveillé par la police, à la "Haute Forêt". En 1869, Chassin eut son journal, La Démocratie, à la fois proudhonienne et jacobine, si contradictoire que cela fût. Au nom des sociétés ouvrières et des sections parisiennes de l’Internationale, il signa l’adresse au peuple allemand pour qu’il mette fin à la guerre et fonde, avec le peuple français les États-Unis d’Europe (cf. L’Internationale, 11 septembre 1870).

Chassin fut, de septembre à novembre 1870, un des hommes les plus importants de Paris assiégé, le principal porte-parole du Comité central républicain des vingt arrondissements. Il fut, dans le XIe arr., un des fondateurs de la Ligue de Défense à outrance, 23-25 novembre 1870.

Avec ses amis du Comité central des vingt arrondissements, il présenta, le 15 septembre 1870, les mesures d’urgence que le gouvernement de la Défense nationale aurait dû, selon les signataires, se hâter de « transformer en décrets pour le salut de la patrie et de la République ». Ces mesures intéressaient la sécurité publique, les subsistances et les logements, la défense de Paris et des départements. Signèrent cet appel les membres présents du Comité : G. Casse, Ch.-L. Chassin, F. Chaté, Chausse, G. Cluseret, Cousin, Demay, Ch. Dumont, A. Dupont, N. Gaillard, G. Genton, H. Hernu, J. Johannard, Kern, Lanjalley, A. Lecot, Lefrançais, E. Léger, Leverdays, Longat, Longuet, P.-A. Lutz, Mainier, G. Mallet, Malon, F. Mangold, Marchal, Marchand, Millière, G. Mollin, Myard, E. Oudet, Pagnerre, J. Périn, Philip, Pillion, Pindy, M. Portalier, Ranvier, E. Roullier, E. Roy, Thélidon, Thonnelier, Toussaint, E. Vaillant, J. Vallès, Vertut, M. Woog.

La cassure avec le Comité central républicain fut pour lui la fin de brillants espoirs de carrière politique. Il en a eu conscience, et cela se voit, sinon dans le texte fragmentaire de ses Mémoires inédits, du moins dans les titres et sous-titres des brouillons. Il tenta alors fortune dans d’autres organisations parisiennes, puis, dès que le Siège eut été levé, à Bordeaux, où il fit reparaître quelques numéros de La Démocratie.

Les autorités de Bordeaux le firent arrêter et il passa en prison tout le temps de la Commune.

Journaliste républicain, collaborant à des feuilles radicales, mais aussi à des journaux de province opportunistes ou au contraire socialisants, Chassin Charles, Louis, sous la Troisième République, produisit surtout une monumentale histoire des Guerres de Vendée, appuyée sur de sérieux dépouillements d’archives. Il était aussi connu pour sa compétence en matière de questions hongroises.

Les papiers de Chassin Charles, Louis, qui n’ont d’intérêt politique qu’à partir de 1869, mais qui sont essentiels pour le Siège et les préliminaires de la Commune, peuvent être consultés à la Bibliothèque historique de la Ville de Paris.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article182648, notice CHASSIN Charles, Louis, version mise en ligne le 19 juillet 2016, dernière modification le 2 février 2019.

SOURCES : Kerviler, Biographies bretonnes. — J. Balteau, M. Barroux, M. Prévost, R. d’Aman, T. de Morembert, Dictionnaire de Biographie française, Paris, Letouzey, 1933 sq. — Jean Dautry et Lucien Scheler, Le Comité central républicain des vingt arrondissements, Paris, 1960.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément