CAZAVAN Barthélemy, Justin, Charles

Par Michel Cordillot

Né vers 1824 à Orincles (Hautes-Pyrénées). Quarante-huitard ; blanquiste.

Cazavan monta faire des études de droit à Paris à la fin de la Monarchie de juillet. Après avoir participé activement à la révolution de février 1848, il devint l’un des rédacteurs de la Commune de Paris de Sobrier. Condamné par contumace aux travaux forcés à perpétuité pour sa participation à l’insurrection de juin, il fut contraint de s’exiler à Londres.

Mis au ban de l’émigration par suite des accusations de Barthélemy qui l’accusait d’être un mouchard, il prit le parti d’imposer le silence à ses diffamateurs en se constituant prisonnier le 24 novembre 1849 entre les mains du procureur de la République de Bordeaux.

Écroué à la prison départementale de la Gironde, il passa de nouveau devant un conseil de guerre, et fut condamné à dix ans de forteresse le 5 mars 1850.

Il entra au pénitencier de Belle-Île-en-Mer (Morbihan) le 4 octobre 1850, précédé d’une réputation de détenu à surveiller de très près, puisqu’il avait déjà réussi une fois à s’évader.

Il fut placé dans la cellule n° 15, adjacente à celle dans laquelle se trouvait Blanqui. Les deux hommes n’eurent aucun mal à s’entendre et à sympathiser, et ils préparèrent de concert une tentative d’évasion qui se déroula les 4 et 5 avril 1853 et échoua finalement par suite d’une délation.

En 1854, un nouvelle tentative d’évasion en perçant un tunnel à partir de sa cellule fut découverte par ses gardiens (peut-être sur dénonciation de Sébastien Carbasse), et lui valut d’être mis au cachot.

Libéré à la fin des années 1850, il s’installa au Havre. Pas pour longtemps puisque sans doute à l’appel de Blanqui, il était en 1864 de retour à Paris (il résidait alors dans l’île Saint-Louis) et était membre du noyau blanquiste constituant l’embryon du Parti (voir Casse Germain). Durant le séjour de Blanqui à l’hôpital Necker, il fit partie de ses visiteurs attitrés et fut l’un des organisateurs de son évasion. À la fin de l’Empire, il était, sous le pseudonyme de Vritz, l’un des membres de l’échelon supérieur des groupes de combat blanquistes.

En 1869, il fut candidat au Havre (Seine-Inférieure) lors des élections au corps législatif, mais sans succès.

Le 19 septembre 1870, il figurait parmi les anciens détenus politiques signataires d’une adresse au gouvernement de Défense nationale pour fustiger sa pusillanimité et sa mollesse, donnant ainsi le signal d’un conflit qui allait trouver son aboutissement ultime dans la Commune.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article182642, notice CAZAVAN Barthélemy, Justin, Charles par Michel Cordillot, version mise en ligne le 19 juillet 2016, dernière modification le 23 janvier 2019.

Par Michel Cordillot

SOURCES : M. Dommanget, Auguste Blanqui à Belle-Île (1850-1857), Librairie du Travail, 1935 (Collection faits et documents). — M. Dommanget, Blanqui et l’opposition révolutionnaire à la fin du Second Empire, Paris, Armand Colin, 1960. — J.-Y. Mollier, « Belle-Île-en-Mer, prison politique », Maintien de l’ordre et polices en France et en Europe au XIXe siècle, Société d’Histoire de la Révolution de 1848 et des Révolutions du XIXe siècle, colloque de 1983, Paris, Créaphis, 1987.

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