LI Kenong 李克農

Par Alain Roux

Né dans l’Anhui en 1898 ; mort le 9 février 1962. L’un des principaux responsables des services communistes de renseignement et de sécurité depuis 1927.

Li Kenong naquit à Chaoxian, à l’est du Lac Chao dans l’Anhui, et fit de solides études à Wuhu jusqu’à son adhésion au P.C.C. en 1926. De l’été 1927 au mois d’avril 1931, il organisa le travail clandestin de renseignement et de protection du C.C. du P.C.C. à Shanghai sous les ordres de Zhou Enlai (周恩來), chef du « Département central des Affaires spéciales » ou tewu (c’est-à-dire des « services spéciaux »), et avec Kang Sheng (康生), Gu Shunzhang (顧順章) et Pan Hannian. Il parvint à s’infiltrer dans les services correspondants du G.M.D. et put à plusieurs reprises prévenir quelques heures à l’avance les communistes dont la cachette avait été découverte. L’arrestation et les aveux de Gu Shunzhang en 1931 l’obligèrent à fuir au Jiangxi. Il y continua le même genre d’activité, sous la responsabilité de Deng Fa (鄧發). Après avoir participé à la Longue Marche (octobre 1934-octobre 1935), il fut étroitement mêlé à l’« incident de Xi’an » (décembre 1936 : voir Zhou Enlai). De 1937 à 1941, dans le cadre du second Front uni, ses activités prirent un tour plus officiel. Il dirigea le bureau de la 8e Armée de route (c’est-à-dire de l’Armée rouge) à Shanghai durant l’été 1937, ce qui lui permit de reprendre contact avec la direction semi-clandestine du P.C.C. dans la grande métropole. Il occupa les mêmes fonctions à Nankin, puis à Guilin. De retour à Yan’an en 1941, il fut l’adjoint de Kang Sheng à la tête du Bureau des Affaires sociales du P.C.C. (nouvel euphémisme désignant les services de renseignement). Il en devint le chef en 1946 (mais on ignore le rôle exact que Kang Sheng a pu conserver dans cet organisme).
Après 1949, tout en ajoutant à ses attributions le titre de vice-ministre des Affaires étrangères sous Zhou Enlai, il continue ses activités en se spécialisant dans le renseignement et le contre-espionnage. Il participe aux négociations de Genève en 1954 et entre au C.C. en 1956. Il se blesse dans une chute et meurt en février 1962. L’éclat de ses obsèques souligne l’importance de ce personnage nécessairement obscur.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article182340, notice LI Kenong 李克農 par Alain Roux, version mise en ligne le 8 novembre 2016, dernière modification le 8 novembre 2016.

Par Alain Roux

SOURCES : Outre KC, voir Chang Guo-t’ao (Zhang Guotao), II (1972).

Version imprimable Signaler un complément