KE Qingshi 柯慶施

Par François Godement

Né dans l’Anhui en 1902 ; mort le 9 avril 1965. Maire de Shanghai (après 1958) et dirigeant régional de la Chine orientale, il soutient les politiques « maoïstes » lors du Grand Bond et des prodromes de la Révolution culturelle.

Issu d’une famille de propriétaires terriens moyens du sud de l’Anhui, Ke Qingshi adhère l’année de sa fondation à la Ligue de la Jeunesse socialiste. Il vit alors à Wuku dans la même province, qui est un centre d’activités révolutionnaires. En 1922 il est membre du Parti communiste, et il étudie à l’École normale de Nankin. C’est le début d’un long travail de parti à Nankin, Wuhan, et surtout à la fin des années 20 et au début des années 30 comme clandestin à Shanghai. Il fait en même temps de longs séjours comme chef du Département politique de la 8e Armée. Il est secrétaire général du C.C. au moment crucial où celui-ci est transféré dans le Jiangxi.
Envoyé dans le Nord en 1933, il travaille à Tientsin avec Chen Boda (陳伯達) et Nan Hanchen (南漢宸). En 1937, sa carrière prend un nouveau tournant quand il est appelé à Yan’an. D’agitateur il devient responsable administratif, au Front uni, puis aux finances de la région du Shanxi- Chahar-Hebei. En 1947, il est maire de Shijiazhuang (Hebei), la ville la plus importante alors occupée par les communistes. En mai 1949, il est maire adjoint de Nankin, et maire à partir de 1951. En même temps il est membre à partir de 1950 du comité administratif et militaire de la Chine de l’Est, gouverneur adjoint du Jiangsu en novembre 1952, et premier secrétaire de la province jusqu’en 1955. Il est aussi député du Jiangsu en 1954 à la première A.N.P., et député de Shanghai aux deux suivantes. Il devient en janvier 1955 le deuxième personnage de la grande métropole (alors que Pan Hannian est « épuré » en juillet), sous Chen Yi (陳毅), qu’il remplace en 1958. Il a tenu au VIIIe congrès, en septembre 1956, l’un des premiers rôles contre les entreprises privées. Il est alors élu au C.C., et accède au B.P. en 1958, en même temps qu’un autre dirigeant régional, Li Jingquan (李井泉). Premier dirigeant de la Chine de l’Est, il se distingue dans le mouvement anti-droitier et par de nombreuses contributions économiques et idéologiques. Trois mois avant sa mort, il devient premier adjoint du Conseil d’État.
Cette rapide ascension est sans nul doute la récompense d’un maoïsme fervent, qui s’est affirmé dès les moments difficiles du Grand Bond. Lors de sa tournée dans le Hunan (juin 1958), Mao Tse-tung (毛澤東) invita Ke Qingshi, en compagnie de Hua Guofeng (華囯鋒), à visiter le mémorial de Shaoshan (village natal du Grand Timonier métamorphosé en temple). Par la suite, Ke a soutenu sans défaillance les « jeunes radicaux de Shanghai (Yao Wenyuan (姚文元) et Zhang Chunqiao (張春橋)) contre les dirigeants plus rassis de la propagande et de la culture. C’est ainsi qu’en 1963 il élimina discrètement un de leurs adversaires dans ce qui apparaît rétrospectivement comme la « première prise de pouvoir de la Révolution culturelle » (L.T. White, op. cit., p. 337). Il n’est pas impossible que le parti pris idéologique ait recoupé un engagement politique et même personnel en faveur de Lin Biao (林彪). Sous la protection de Ke, Shanghai devint un centre de pouvoir rival de Pékin sur lequel Mao put appuyer la première offensive de la Révolution culturelle.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article182318, notice KE Qingshi 柯慶施 par François Godement, version mise en ligne le 2 novembre 2016, dernière modification le 2 novembre 2016.

Par François Godement

SOURCES : Outre KC, voir White in Scalapino (1972).

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