ARNOLD Georges, Léon

Né le 3 février 1837 à Lille (Nord), Mort à Sceaux (Seine), en juillet 1912. Architecte, membre influent et secrétaire du Comité central de la Garde nationale ; membre de la Commune de Paris.

Fuils de de Charles, Joseph, Auguste Arnold et Virginie, Élisabeth Berthier, Georges Arnold appartenait à la petite bourgeoisie de Lille, dit le conseil de guerre ; son père était employé dans la maison de commerce Henri Bernard. Il étudia le dessin à l’École des Beaux-Arts de Lille et malgré un échec au Prix de Rome, « élève de 1re classe », il reçut le diplôme d’architecte et exerça de 1864 à 1871 les fonctions de sous-inspecteur des travaux à la Ville de Paris. Il n’encourut aucune condamnation sous l’Empire.

Durant le Siège de Paris, il fut sergent-major au 188e bataillon de la garde nationale, « représentant et défendant les prétendus intérêts de son bataillon ». Développant cette forme d’activité, il prit part aux réunions qui précédèrent la naissance du Comité central, en février 1871. Ce fut lui qui, le 24, présenta le rapport sur les statuts du Comité, lui fixant comme but immédiat les élections et comme idéal « union, solidarité, soutien mutuel » ; il écrivit l’original de l’affiche placardée le 28, par laquelle le Comité central recommandait le calme lors de l’entrée des Prussiens. La 1re réunion datait du 15 au Tivoli-Vauxhall, et un mois plus tard Arnold dénombrait 215 bataillons fédérés, soit 1.325 compagnies.

À la même époque, Arnold, qui habitait, 25, boulevard Magenta (Xe arr.), fut nommé au deuxième tour de scrutin chef du 64e bataillon : le bataillon de la Chapelle et l’un des premiers formés. Le XVIIIe arr. l’élut à la Commune le 16 avril, de préférence à Jaclard et Regnard, par 5 402 voix, et il siégea à la Commission de la guerre, du 21 avril au 15 mai. Le 3e conseil de guerre retint contre lui le délit d’embauchage, mais, en dépit de son élection à la Commune, il resta surtout le secrétaire du Comité central, plus même que le chef du 64e bataillon à la tête duquel il se montra assez peu ; à ce dernier propos, on relève surtout la participation du 64e bataillon, Arnold présent, au « pillage » de l’hôtel Thiers. Il défendit le Comité central face à la Commune, regrettant (séance du Comité, 11 avril) que ses membres n’aient pas siégé ès qualité à la Commune ; la direction de la guerre y aurait gagné en efficacité et les délégués auraient plus aisément résisté à l’influence de leurs collègues. Un même réalisme, une même croyance au rôle du Comité central le 24 février le faisaient insister pour que les chefs d’état-major y soient admis de droit, et, le 25 mai, accepter une tentative de médiation prussienne avec Delescluze. Le 15 mai, il avait signé la déclaration de la minorité — voir F. Jourde.

Son attitude devant le 3e conseil de guerre fut digne et calme. Est-ce pourquoi on le dépeignit « froid, peu communicatif », cependant que le rapport dit aussi : « Compris de ses faubouriens factieux, il en était le chef, il en était l’âme. » Quoi qu’il en soit, cette attitude demeura en accord avec ses convictions nettes et sans passion : lorsqu’il fut condamné, le 12 janvier 1872, lui, « promoteur de la Commune et l’un de ses derniers acteurs », à la déportation dans une enceinte fortifiée et à la dégradation civique, il se pourvut en cassation ; puis il sollicita sa grâce, mais se refusa constamment à exprimer un regret. Aussi grâce et pourvoi furent-ils rejetés, malgré leur date tardive (1877).

Il essaya de s’évader de Nouméa (Nouvelle-Calédonie) en 1874 et fut condamné à dix mois de prison. Il avait repris là-bas ses activités professionnelles : les plans d’une cathédrale, d’un palais de justice lui valurent un prix de 2.000 f. et une médaille d’argent. Le 21 juin 1879, il demanda à être relevé de l’incapacité qui l’empêchait de témoigner comme juré-expert devant les tribunaux.
Sa peine fut commuée en bannissement le 21 juin 1879 pour 10 ans. Il revint en France par le Tage le 6 avril 1880, débarquement ler 1 août 1880.

Il redevint architecte de la Ville de Paris après l’amnistie et, sans participer aux luttes politiques, ne renia aucunement son passé. En 1880, il souscrivait pour le fusil d’honneur qu’on offrirait à Bérézowski, auteur d’un attentat contre le tsar à l’exposition de 1867.

Comme d’autres, il paraît avoir été amené au Comité central et à la Commune par les erreurs et les faiblesses de la Défense nationale, puis avoir, sans idéologie particulière, mais avec réalisme, avec dignité, avec conviction également, tenu le rôle technique qu’il avait accepté.

Georges Arnold fut candidat socialiste à Maison-Blanche (Paris, XIIIe arr.) en 1890 où il obtint 7,96 % des voix, en 1893 où il obtint 16,46 % puis 29,04 % des voix, en 1896 où il obtint 4,17 % des voix et aux élections partielles de 1896 où il obtint 2,44 % des voix.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article182148, notice ARNOLD Georges, Léon, version mise en ligne le 29 juin 2016, dernière modification le 6 novembre 2019.

OEUVRE : Il participa au journal Fédération républicaine de la Garde nationale.

SOURCES ET BIBLIOGRAPHIE : Arch. Min. Guerre, 3e conseil, SHD 8J13. — Arch. Nat., BB 24/738. — Arch. PPo.Ba/368, —Archives nationales d’Outre-mer, COL H 70. — Arch. Nationale, dossier de grâce, BB/24/738. — Arch. Nat, apports de grâce, C//31°3. — Bourgin, note des Procès-Verbaux de la Commune, éd. critique, Paris 1945, STHVP. — J. Clère, Les Hommes de la Commune, Paris, Dentu 1872. — Dictionnaire de biographie française, sous dir. J. Balteau et coll., Paris Letouzey, 1933 sq., t. 2 : Il y est dit qu’Arnold, jugé par ses subordonnés trop cassant dès avant la guerre, souhaitait avec Versailles une paix de compromis, après avoir vainement essayé en mars d’imposer des élections aux maires de Paris, moyennant l’abandon par la Garde nationale des mairies occupées. — Enquête parlementaire sur l’insurrection du 18 mars 1871, Paris, 1872, p. 469 et suivantes (Comité central de la Garde nationale). — Revue blanche, avril 1897. — M. Vuillaume, Mes Cahiers rouges au temps de la Commune, Paris, Club français du Livre, 1953, p. 313-318. — Offerlé Michel, Les socialistes et Paris, 1881-1900. Des communards aux conseillers municipaux, thèse de doctorat d’État en science politique, Paris 1, 1979.

ICONOGRAPHIE : G. Bourgin, La Commune, 1870-1871, Paris, Flammarion, 1938, p. 202. — Bruhat, Dautry, Tersen, La Commune de 1871, Paris, Éditions Éditions Sociales, 1960, p. 140.

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