HE Songling 何松齡 (alias WANG Shouhua 汪壽華).

Par Lucien Bianco

Né en avril 1901 dans le Zhejiang, exécuté en avril 1927. Communiste, dirigeant du mouvement ouvrier à Shanghai.

Camarade de Peng Shuzhi (彭述之) à l’école des Langues étrangères, à Shanghai, en 1920 (voir Yang Mingzhai (楊明齋)), He Songling était parti pour l’Union soviétique plus tard que le groupe de Peng et n’avait, semble-t-il, jamais dépassé Vladivostok, où il fut chargé d’accueillir les nouveaux étudiants qui arrivaient de Chine, et de militer parmi les résidents chinois de la ville. Rentré en Chine en 1925 en même temps que Cai Chang (蔡暢), Chen Bilan (陳碧蘭) Chen Qiaonian, Ge Longzhen, Li Fuchun (李富春) et Ma Zhiyuan, He Songling participe au mouvement du 30 mai 1925 (voir Liu Hua (劉華)). Il remplace Li Lisan (李立三) à la tête du Syndicat général de Shanghai à partir de l’automne 1925 (et change alors son nom en celui de Wang Shouhua), puis prend tout naturellement la responsabilité du mouvement ouvrier dans le shiwei (comité de la ville) de Shanghai du P.C.C., réorganisé et renforcé vers la fin de 1925 ou le début de 1926 sous la direction de Luo Yinong (羅亦農). Luo et He organisent avec Zhou Enlai (周恩來), Zhao Shiyan (趙世炎) et quelques autres dirigeants communistes le soulèvement victorieux du 21 mars 1927. L’avant-garde des forces nationalistes s’installe à Shanghai le lendemain et commence à arrêter et exécuter des insurgés au cours des jours suivants (23 au 26 mars). La course de vitesse entre les deux fractions révolutionnaires rivales (communistes et G.M.D. de gauche contre officiers nationalistes, soutenus par les capitalistes chinois et les impérialistes) pour le contrôle de Shanghai, s’intensifie après l’arrivée du généralissime Chiang Kai-shek le 26 mars. Dès le 27, He Songling/Wang Shouhua préside un meeting du Syndicat général de Shanghai qui réclame la rétrocession des Concessions. Il a encore le temps de présider un autre meeting public (le 4 avril) avant le coup du 12 avril, dont il est la première victime : le 11 au soir, Du Yuesheng, chef de la « Bande verte » (voir Zhu Xuefan (朱學範)), invite He Songling à dîner (He avait pratiqué une politique conciliatrice à l’égard de la « Bande verte » dans l’espoir, semble-t-il, d’obtenir son soutien pour une grève générale, puis les tentatives de soulèvement) et le fait assassiner. Averties quelques heures plus tard de l’attaque imminente contre le Syndicat général, les autorités des deux Concessions ferment l’accès à leur territoire, qui eût pu fournir un refuge aux militants ouvriers, mais laissent sortir d’autres « ouvriers » (du moins, ils en ont le déguisement) : mercenaires et gangsters de la « Bande verte » (de la Concession française), soldats et officiers nationalistes (de la Concession internationale). Ils investissent avant l’aube les principales places fortes du Syndicat général et entreprennent sans attendre le massacre qui anéantit en deux jours (12-14 avril 1927) le mouvement ouvrier pro-communiste de Shanghai.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article182110, notice HE Songling 何松齡 (alias WANG Shouhua 汪壽華). par Lucien Bianco, version mise en ligne le 26 octobre 2016, dernière modification le 21 août 2017.

Par Lucien Bianco

SOURCES : Outre KC (biographie de Chao Shih-yen (Zhao Shiyan)), I, 90 et les interviews de Peng Shuzhi et de Chen Bilan, voir Wilbur (1983) — Martin (1996, pp. 91-92 ; 104-105).

Version imprimable Signaler un complément