HE Qifang 何其芳

Par Guilhem Fabre

Né en 1911 au Sichuan, mort en 1977. Poète et essayiste, colla¬borateur de Zhou Yang à la suite duquel il a été destitué et critiqué au début de la Révolution culturelle.

Poète et essayiste, He Qifang est né au Sichuan où il reste jusqu’à l’âge de quinze ans, recevant une éducation strictement classique. En 1931, il entre à l’Université de Pékin (Beida) où il étudie la philosophie. Son second livre Hua meng lu (Souvenirs d’une terre de rêve) obtient un vif succès dès sa publication en 1936. Il écrit la même année en collaboration avec deux camarades d’Université Han Yuan ji (Le Recueil de Han Yuan), série de poèmes en vers libres dans lesquels s’expriment une errance insatisfaite devant la réalité et la quête d’une voie possible. He Qifang enseigne alors dans des lycées à Tientsin, Laiyang, puis Chengdu. En 1938, il gagne la base communiste de Yan’an où il devient professeur à l’institut des Arts Lu Xun, coresponsable de la section locale de l’Association nationale de résistance des milieux littéraires et artistiques et éditeur de la revue Dazhong wenyi (Littérature de masse). C’est de cette époque que datent ses deux recueils de poèmes Ye ge (Chants de la nuit) et Baitian ge (Chants du jour) dont le style et le ton sont différents de ses premiers écrits. L’art de He Qifang devient plus proche de la langue parlée et s’implique directement dans la guerre de résistance, ce qui ne l’empêche pas parfois de laisser cours à un spleen critiqué pendant le mouvement de rectification de 1942. Des essais, publiés sous le titre Xinghuo ji (Recueil d’étincelles) qui font part de son expérience de la guérilla, sont de son propre avis plus riches et plus profonds que son Keyi ji (Recueil délibéré) (1938) et que son Huan xiang riji (Journal de retour au pays) (1939).
Après la guerre, Hi Qifang part pour Chungking où il est nommé éditeur du supplément du Xinhua ribao (Quotidien de la Chine nouvelle), le plus important quotidien communiste chinois. Il participe à ce titre aux débats idéologiques de l’époque et continue d’écrire des essais. A l’arrivée des communistes au pouvoir, He Qifang travaille à l’Association des écrivains et devient directeur du Centre de recherches littéraires de l’Académie des Sciences et éditeur de la revue Wenxue pinglun (Critique littéraire). Occupé par ses tâches administratives, il écrit moins de poèmes et se consacre surtout à des recherches sur la littérature ancienne et sur la théorie littéraire : Guanyu xianshizhuyi (A propos du réalisme), Guanyu xie shi he du shi (Sur la lecture et l’écriture des poèmes), Wenxue yishu de chuntian (Le printemps de la littérature et de l’art), pour ne citer que quelques-uns de ses ouvrages, traitent de la création poétique, tandis que A propos de Hongloumeng est une importante contribution à l’étude du célèbre roman Le rêve dans la chambre rouge.
Collaborateur étroit de Zhou Yang (周揚) depuis Yan’an, He Qifang intervient aussi dans les luttes qui déchirent les milieux culturels. Il est l’un des premiers à dénoncer Hu Feng (胡風) en 1953 et à se lancer dans le mouvement anti-droitier qui met fin à la brève expérience de libéralisation des Cent Fleurs à partir de l’été 1957. Ses liens avec Zhou Yang se retournent contre lui pendant la Révolution culturelle. Il est destitué et vivement critiqué comme un des piliers de la « ligne noire » dans le domaine culturel. Il a été réhabilité en juillet 1979.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article182107, notice HE Qifang 何其芳 par Guilhem Fabre, version mise en ligne le 27 octobre 2016, dernière modification le 26 octobre 2016.

Par Guilhem Fabre

ŒUVRE : Yi jia (La famille juste), Shanghai, 1928. — Hua meng lu (Souvenirs d’une terre de rêve), Pékin, 1936. — Keyi ji (Recueil délibéré), Pékin, 1938. — Huan xiang riji (Journal de retour au pays), Guilin, 1943. — Ye ge (Chants de la nuit), Chongqing, 1945. — Yuyan (Prophéties), Shanghai, 1947. — Guanyu xianshizhuyi (A propos du réalisme), 1950. — Guanyu xie shi he du shi (Sur l’écriture et la lecture des poèmes), 1956. — Xinhuoji (L’étincelle), Shanghai, 1955. — Lun Hongloumeng (Sur Le rêve dans la chambre rouge), 1958. — Xinhuo ji dupian (Suite à l’étincelle), Shanghai, 1959. — Wenxue yishu de chuntian (Le printemps de la littérature et de l’art), 1964. Les œuvres de He Qifang ne sont pas traduites en français.

SOURCES : Merle Goldman (1967). — Lin Manshu et al (1976). — Schyns (1966). — Zhongguo wenxuejia cidian (Dictionnaire des écrivains chinois), 1978.