HE Changgong 何長工

Par Yves Chevrier et Jacques Manent

Né en décembre 1900 dans le Hunan, mort le 29 décembre 1987. Vétéran du P.C.C. et de l’A.P.L., président de l’Association pour l’étude des personnalités historiques du P.C.C.

Issu d’une famille paysanne du xian de Huarong, He Changgong fait des études de mécanique à Changsha puis à Pékin. Étudiant-ouvrier en France de 1919 à 1924, il fréquente les milieux communistes et prend part à la fondation, à Paris, d’une section du P.C.C. à l’été 1922 (voir Chen Yannian (陳延年)). C’est vers cette époque qu’il adhère au Parti. Rentré en Chine en 1924, il est élu au C.C. lors du IVe congrès du P.C.C. en 1925. C’est deux ans plus tard seulement, lorsque la révolution chinoise quitte l’ornière toute tracée (par Moscou) des villes, que He Changgong découvre sa vocation et entame la carrière dans laquelle il va s’illustrer : celles du guérillero. Après avoir participé à l’insurrection de la moisson d’automne en septembre 1927 (voir Peng Gongda (彭公達)), il est officier de Peng Dehuai (彭德懷) dans la 5e Armée aux tout débuts de la période du Jiangxi. Il est nommé (avec Li Can) à la tête de l’une des cinq colonnes entre lesquelles l’armée de Peng se scinde au début de l’année 1929 afin d’échapper à l’anéantissement. He et Li partent alors « défricher » le S.E. du Hubei. Ayant rallié par la suite le soviet central du Jiangxi, He Changgong négocie à la veille de la Longue Marche un accord secret avec Chen Jitang, gouverneur du Guangdong, qui permit aux troupes communistes de passer presque sans encombre (en direction du S.O.) la première ligne du blocus nationaliste (octobre 1934). Après la Longue Marche, pendant laquelle il suit Zhang Guotao (張囯燾), ce qui lui vaut d’être critiqué en 1936, He est nommé directeur adjoint de Kangda (voir Luo Ruiqing (羅瑞卿)). Il est affecté en Mandchourie pendant la guerre civile (1946-1949) qui donne la victoire au P.C.C. Appelé à Pékin en 1949, il devient vice- ministre de l’industrie lourde puis, en 1952, vice-ministre de la Géologie. II est démis de ces fonctions en octobre 1966 après avoir été publiquement humilié par les Gardes rouges. Reparu en 1975, il est membre du comité permanent de la C.P.C.P.C. depuis 1978, vice-président de l’Académie militaire de l’A.P.L. et président de l’Association pour l’étude des personnalités de l’histoire du P.C.C. fondée en décembre 1979. Cette association publie une importante collection biographique : Zhonggong dangshi renwu zhuan (Biographie des personnalités historiques du P.C.C.).

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article182103, notice HE Changgong 何長工 par Yves Chevrier et Jacques Manent, version mise en ligne le 27 octobre 2016, dernière modification le 13 février 2017.

Par Yves Chevrier et Jacques Manent

ŒUVRE : He Changgong a laissé d’intéressants souvenirs sur son séjour en France : Quinggong jianxue shenghuo huiyi (Souvenirs de ma vie d’étudiant-travailleur), Pékin, 1957, et sur son épopée de guérillero : « Kaipi Edongnan » (Défricher le S.E. du Hubei), Xinghuo liaoyuan (Une étincelle peut embraser la plaine), 1958-1963, I.

SOURCES : Outre KC, voir : Bartke (1981). — Hu Chi-hsi (1982). — Tan (1979). — Nym Wales (1952), qui publie une photographie de He (p. 165). — Conversation avec M. Hu Chi-hsi auquel l’accord secret de 1934 a été confirmé lors d’une rencontre avec He Changgong à Pékin.

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