THIÉDOT Maurice, Jean

Par Alain Dalançon

Né le 29 août 1890 à Troyes (Aube), mort le 22 juin 1947 à Paris ; professeur agrégé d’histoire et géographie ; Résistant, responsable du FNU ; militant communiste.

Fils de Félix, Onésime Thiédot, bonnetier, et de Rose Pétillon, couturière, Maurice Thiédot devint instituteur. Il était en 1910 surveillant d’internat à Besançon (Doubs), intégra l’École normale supérieure primaire de Saint-Cloud (section Lettres) en 1912 et fut reçu au professorat des écoles primaires supérieures et des écoles normales en 1914. Sursitaire, il fut incorporé le 2 août 1914 au 167e Régiment d’infanterie comme soldat de 2e classe. Cité à l’ordre de la brigade le 21 avril 1915, il fut blessé au bras gauche le 13 mai 1915 lors des terribles combats du Bois-le-Prêtre près de Pont-à-Mousson (Meurthe-et-Moselle), et fut promu au grade de sergent en juillet. Réformé en 1916, il remplaça un professeur mobilisé à l’École normale d’instituteurs d’Amiens (Somme). Il obtint en 1918 une pension permanente de 20% et adhéra par la suite à l’Association des anciens combattants de l’enseignement primaire.

Maurice Thiédot épousa le 22 novembre 1918 à Tarare (Rhône), Germaine, Marie, Louise Saunier, fille d’un inspecteur primaire, ancienne élève de l’École normale supérieure primaire de Fontenay-aux-Roses (1910, Sciences), avec laquelle il eut deux enfants.

Nommé professeur à l’EPS d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) en mars 1920, il termina la même année une licence d’Histoire à la Faculté des Lettres de Lyon (Rhône) et obtint à la rentrée suivante un poste de professeur à l’EPS de la rue Chaponnay à Lyon, puis en 1922 à l’ENI de Lyon.

Maurice Thiédot fut reçu premier des anciens admissibles à l’agrégation d’Histoire et Géographie en 1924, année où son épouse fut également admise à l’agrégation de Mathématiques. Il enseigna alors au lycée du Parc à Lyon puis, à partir de 1928, au lycée Saint-Charles à Marseille (Bouches-du-Rhône). Son épouse et lui intégrèrent le cadre parisien au début des années 1930, elle au lycée Lamartine, lui au lycée Charlemagne en 1931, puis après un passage au lycée Voltaire en 1932, il fut affecté au lycée Rollin à la rentrée 1933.

Après l’arrestation et l’exécution en mai 1942 de son collègue Jacques Decourdemanche alias Jacques Decour, Maurice Thiédot entra concrètement en résistance, fin 1942 ou début 1943 dans le groupe des Mouvements unis de le Résistance sous les ordres de son collègue Blanchard. Il fabriqua des faux papiers et fournit de la documentation à la main-d’œuvre française au service des Allemands. Il recruta aussi des jeunes « capables de coups de main » pour le groupe « Arc-en-ciel » fondé en novembre 1942 à l’initiative d’agents du BCRA. Fin 1943, il entra au Parti communiste clandestin et au Front national dont il suivit dès lors les directives. Les animateurs en étaient Henri Lecomte, Pierre Angrand et René Collignon. Il écrivit des articles pour L’Université libre, distribua journaux et tracts clandestins et devint au printemps 1944 président du comité du Front national universitaire de son lycée. En juillet, il rencontra Marcel Bonin et Henri Lablénie pour préparer l’insurrection et fut encouragé par ce dernier pour rebaptiser le lycée du nom de Decourdemanche. Le 19 août, il fut désigné président d’un comité d’action dont une délégation se rendit chez le proviseur, Camille Perrin, pour lui signifier cette décision. Le 23 août, à 9 heures du matin, une banderole portant cette nouvelle dénomination, qu’il avait fabriquée chez lui avec Angrand, fut déployée à la porte du lycée. Le 1er septembre un décret ministériel confirma la nouvelle appellation de lycée Jacques Decour. Pendant l’insurrection, il participa à la coordination de l’action avec le lycée Carnot, sous les ordres de Jacques Pouilloux, responsable militaire du FNU, et envoya une dizaine de membres de la milice du lycée pour l’occupation du ministère de l’Éducation nationale.

À la Libération, Maurice Thiédot devint le directeur de L’Université libre, après C. Delangre, et représenta le second degré dans le comité directeur du FNU.

Par ailleurs il devint en 1946 secrétaire de l’association de l’Amitié franco-polonaise et effectua une tournée de conférences en Pologne, nécessitant l’obtention d’un congé de trois semaines. Il collabora à La Pensée après la guerre sur la Pologne nouvelle.

Médaillé de la Résistance, il mourut à 56 ans d’une « longue et cruelle maladie ». Il fut inhumé au cimetière du Père Lachaise le 26 juin 1947.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article182004, notice THIÉDOT Maurice, Jean par Alain Dalançon, version mise en ligne le 24 juin 2016, dernière modification le 30 décembre 2018.

Par Alain Dalançon

ŒUVRE : Avec C. Vermorel, trois versions d’un Aide-mémoire analytique de géographie. La France et ses colonies, à destination des élèves préparant le brevet élémentaire, le baccalauréat, les concours aux écoles normales d’instituteurs et aux grandes écoles, Nathan, 1934. — Aide-mémoire analytique de géographie. Les principales puissances économiques du monde, Baccalauréat 2e partie (philosophie-mathématiques), Nathan 1936. — Pologne nouvelle, préface d’Albert Bayet, postface de Jean Noaro, éditions de l’amitié franco-polonaise, 1946.

SOURCES : Arch. Nat., AJ/16/6164, F/17/27252. — Arch. Dép. Aube, état civil et registres matricules militaires de 1910. — Arch. IRHSES, dont L’Université libre, L’Université syndicaliste, brochure de l’ACREN de 1948. — Bertrand Matot, La Guerre des cancres, un lycée au cœur de la Résistance. Perrin, 2010.— Notes de Jacques Girault.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
fiches auteur-e-s
Version imprimable Signaler un complément