GUO Liang 郭亮

Par Alain Roux

Né en 1900 au Hunan ; fusillé à Changsha en 1928. Un des nombreux étudiants communistes qui ont joué un rôle dirigeant au sein du mouvement ouvrier dans les années 1920.

Étudiant à Changsha, Guo Liang rejoint en novembre 1920 le « petit groupe » d’études marxistes que Mao Tse-tung (毛澤東) réunit dans l’arrière salle de sa librairie. A la fin de l’année 1921, Guo Liang devient membre du Secrétariat du travail pour le Hunan, dirigé par Mao. Il y milite aux côtés de Liu Shaoqi (劉少奇), de Li Lisan (李立三) et de Jiang Xianyun (蔣先云). C’est ainsi qu’il anime une grève des tireurs de pousse-pousse ; mais il semble, comme les autres militants hunanais, prendre peu d’intérêt au premier Congrès national du travail réuni le 1er mai 1922 à Canton. Il est vrai qu’à cette époque le mouvement ouvrier au Hunan, limité à quelques rares secteurs, se dégage à peine des rêves d’autonomisme provincial et des idées anarchistes (voir Huang Hai). Il semble bien cependant qu’après le premier Congrès du travail (Canton, mai 1922), le Secrétariat du travail élargisse ses activités dans la province : Guo Liang milite dans les clubs ouvriers des cheminots de la section Nord du Yue-Han (Canton-Wuhan) : il vient souvent dans les gares hunanaises de Yuezhou, de Xinhe et de Xujiapeng. Les voies ferrées sont en effet à cette date « l’ossature de la sphère d’influence du Secrétariat du travail » (Deng Zhongxia, op. cit., p. 38-39).
Cette tâche est fort difficile et aboutit à des résultats incertains du fait des résistances opposées à la propagande révolutionnaire par les contremaîtres animant des « centres d’études ouvrières » mis en place par les cadres ainsi que par les amicales régionalistes. C’est ainsi que les cheminots originaires de Tientsin travaillant sur le Yue-Han ne participent pas à l’automne 1922 à une grève générale du réseau. Guo Liang, devenu à cette époque l’adjoint de Mao Tse-tung à la direction de la Fédération provinciale des syndicats du Hunan, cherche à étendre les activités de ce mouvement ouvrier encore fragile en direction de la paysannerie : c’est du moins l’interprétation que l’on peut donner de ses activités dans son district natal de Dongguan en vue de créer un syndicat d’artisans ruraux (des potiers). A l’inauguration de ce nouveau syndicat, en mars 1923, participent en effet aussi des délégués mineurs d’Anyuan et de Shuikoushan ainsi que des représentants des syndicats ouvriers de Changsha. Au deuxième congrès du Syndicat général pan-chinois (mai 1926), Guo Liang, qui a dirigé une grande grève victorieuse à Changsha en mai-juin 1925, est élu au C.E. du syndicat. A l’arrivé de la Beifa (Expédition du Nord) il reconstitue la Fédération provinciale du Hunan que la répression avait disloquée en 1923-1925 : cette Fédération, qu’il préside, compte 400 000 adhérents dont 90 000 ouvriers d’industrie au printemps 1927.
La dernière période de la vie de Guo Liang est mal connue : réélu au C.E. du Syndicat général lors du IVe Congrès du travail réuni à Wuhan en juin 1927 et élu membre du comité du P.C.C. pour le Hunan, il semble moins préoccupé — d’après Zhang Guotao (張囯燾) — par les « excès du mouvement paysan » au printemps 1927 que par l’hostilité des patrons et des marchands du Hunan aux syndicats. Le 1er août il est membre du comité révolutionnaire proclamé à Nanchang, puis il participe à la pénible retraite des insurgés vers Shantou (voir Ye Ting (葉挺) et He Long (賀龍)) : il aurait en cette occasion servi de garde du corps à Zhang Guotao. Membre du C.C., il repart ensuite militer clandestinement dans sa province natale, et au Hubei, où il succède au secrétaire provincial du Parti, Luo Yinong (羅亦農), contre lequel il a pris parti en novembre-décembre 1927. En février 1928, il est affecté au comité spécial du Parti qui « coiffe » le triangle frontalier Hunan-Hubei-Jiangxi. Arrêté à la suite d’une trahison, il est transféré et exécuté à Changsha la même année. A l’annonce de sa mort, des cheminots de Changsha auraient actionné le sifflet de leurs locomotives en signe de deuil.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article181938, notice GUO Liang 郭亮 par Alain Roux, version mise en ligne le 26 octobre 2016, dernière modification le 26 octobre 2016.

Par Alain Roux

ŒUVRE : Hunan gongren yundong zhi guoqu yu xianzai (Passé et présent du mouvement ouvrier hunanais), janvier 1927.

SOURCES : Chang Kuo-t’ao (Zhang Guotao), I (1971) et II (1972). — Chesneaux (1962). — Deng Zhongxia (1949), p. 38-39. — Hunan geming lieshizhuan (Vies des martyrs révolutionnaires du Hunan), 1952, p. 21 sq. — Li Weihan in Social Sciences in China, n° 3, 1983. — MacDonald (1978). — Snow (1938).

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