BURGUIÉRE Maurice

Par Jacques Girault

Né le 11 mars 1927 à Balaruc (Hérault) ; dirigeant communiste de l’Hérault.

Fils d’un ouvrier chez Lafarge, membre de la CGT, sympathisant communiste, marié à une catholique pratiquante, Maurice Burguière, élève de l’École normale d’instituteurs de Montpellier (Hérault), adhéra aux Jeunesses socialistes en janvier 1946 à Balaruc. Lecteur du Libertaire, influencé par Marcel Valière*, il adhéra en octobre 1947 aux Jeunesses communistes internationalistes puis en janvier 1948 au Parti communiste internationaliste. En mars 1948, un groupe du Mouvement révolutionnaire de la Jeunesse se constitua à l’École normale qui se transforma en groupe des "Amis de l’École émancipée". Il préconisa avec ses camarades la constitution de "brigades » pour la Yougoslavie. Lors du congrès de Pâques 1950 du MRJ, il présenta le rapport sur l’agit-prop en tant que responsable du PCI dans la région de Montpellier (1948-1952). Il démissionna peu après du PCI mais revint sur sa décision. Lors du congrès du PCI en juillet 1951, accusé par Lambert d’être un liquidateur du trotskisme dans l’Hérault, mais, soutenu, il entra comme suppléant au comité central du Parti (1951-1952). En contact avec le dirigeant communiste Balmigère, il commença une campagne contre le PCI, contre Valière mais tout en continuant à militer dans la tendance "École émancipée » dans le Syndicat national des instituteurs. Il soutint un candidat trotskiste lors des élections législatives. Il devint alors partisan de l’entrisme avec Pablo mais s’éloigna du département entre octobre 1951 et février 1952 pour suivre un stage pour l’enfance inadaptée à Paris. À son retour, il redoubla sa lutte contre Valière et rompit avec ses camarades de "l’École émancipée".
Membre du SNI depuis 1945, Burguière, membre du conseil syndical de la section départementale (1948-1951), exerça la responsabilité de secrétaire adjoint (1949-1950) avant de devenir membre de la commission administrative de la section départementale de la Fédération de l’éducation nationale (1953).
Burguière devint le responsable départemental des Auberges de Jeunesse et des Amis de la Nature. Son adhésion à ces mouvements à partir de 1946 s’expliquait par son militantisme au PCI.
Burguière demanda par lettre son adhésion au Parti communiste français, le 27 mai 1953. Il retraçait son itinéraire militant. Il s’expliquait : "Lorsque j’ai eu des doutes sur le trotskisme, je l’ai considéré comme un courant gauchiste que les contacts avec les militants communistes pouvaient "temporiser", j’ai cru l’amalgame possible". Ses camarades trotskistes l’accusèrent de "trahison". Mais, tout en reconnaissant que son ancien engagement pour l’entrisme pouvait rendre son adhésion suspecte, il s’affirmait sincère : "c’est un pas de plus que je fais, un pas de plus que je crois décisif".
Son adhésion fut acceptée en juin 1953. Dispensé eu service militaire, Burguière fut nommé instituteur à Sète (école Paul Bert en 1954, puis école Victor Hugo en 1957). Secrétaire de la cellule Langevin en 1954, il entra au comité de la section communiste en mai 1954. Il fut proposé en 1954 par Raoul Calas au nom de la Fédération communiste pour qu’il suive le stage central pour les instituteurs communistes. Léon Mauvais l’accepta mais la « vigilance » fut requise. Peu après, au nom du secrétariat du Parti, Marcel Servin, le 1er septembre 1954, annonça le refus de la candidature de Burguière pour qu’il suive ce stage en raison de son adhésion trop récente, de ses responsabilités passées, tout en souhaitant qu’il fasse "preuve de dévouement à la classe ouvrière et à son parti pendant toute une période".
Burguière se maria avec une employée des PTT qui devint membre du PCF en décembre 1956, fille d’un ouvrier agricole de Maraussan. Arrêté lors d’une manifestation contre la guerre d’Algérie en mai 1956, il fut interrogé par la Tribunal militaire de Marseille, le mois suivant, accusé d’avoir empêché un train des rappelés de partir de la gare.
Burguière fut proposé par la fédération communiste pour entrer au comité de la fédération. La section de la montée des cadres, le 10 mai 1957, refusa en raison de son passé. Il était alors membre du bureau de la section communiste de Sète, membre du conseil syndical de la section départementale du SNI, maintenant dans le courant de pensée "cégétiste", et secrétaire départemental de l’Union de la jeunesse communiste de France. La fédération renouvela sa proposition qui reçut le même accueil jusqu’en 1962. Secrétaire de la section communiste de Sète, il était aussi le secrétaire départemental de la FSGT (Amis de la Nature) depuis 1962, élu en remplacement d’Amalric*. Mais la direction nationale de la FSGT avait émis des réserves. Il expliquait par lettre, le 17 mai 1962 que, depuis l’élection d’une municipalité communiste à Sète, il avait contribué à la création d’un club sportif municipal qui était devenu, sous son impulsion "un club de masse". Le Parti communiste lui conseilla alors de « se consacrer avant tout à la FSGT » et envisagea une réunion des cadres communistes de la FSGT pour examiner les conditions du militantisme communiste dans l’organisation travailliste.
Burguière resta membre du comité fédéral communiste jusqu’en 1976, responsable de la jeunesse en 1970, puis des élus et du travail municipal à partir de 1971.
Burguière, membre du comité de la section communiste de Sète-Sud à partir de 1966, avait été élu conseiller municipal et adjoint au maire de Sète en 1965. Animateur depuis le milieu des années 1960 du mouvement de Balaruc-les-Bains, il devint maire de cette commune en 1971. En 1982, il fut le candidat communiste au conseil général dans le canton de Frontignan.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article18193, notice BURGUIÉRE Maurice par Jacques Girault, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 12 janvier 2019.

Par Jacques Girault

SOURCES : Archives du Comité national du PCF.

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