Née en février 1904 dans le xian de Xingyang, Henan, morte le 11 juillet 1992. Femme de Zhou Enlai ; haut fonctionnaire en R.P.C., membre du C.C. du P.C.C. depuis 1956 et du B.P. à partir de décembre 1978, présidente de la C.P.C.P.C. depuis juin 1983.

La plus grande partie de la carrière de Deng Yingchao s’est déroulée aux côtés de son illustre mari. Elle s’est de ce fait trouvée directement mêlée aux événements les plus importants de la Révolution chinoise. Fille de magistrat, étudiante à l’École normale n° 1 de Tientsin, Deng rencontre Zhou Enlai (周恩來) en 1919 lorsqu’elle entre à la Société du réveil fondée par Li Zhishan et Zhou Enlai à l’époque du 4 mai. L’année suivante Zhou Enlai part pour la France, mais Deng Yingchao demeure en Chine. Elle l’épouse à son retour d’Europe en 1925. L’influence de Zhou dans son ralliement à la cause communiste semble avoir été déterminante. Lès activités du couple se confondent alors singulièrement après cette date. Deng travaille d’abord pour le comité du P.C.C. dans la province de Gùangdong puis entre au G.M.D. dont le IIe congrès (1926) l’élit à son C.C. Elle est encore aux côté de Zhou lors de la mise au point du soulèvement de Nanchang (voir Ye Ting (葉挺)). Après l’échec d’août 1927 elle se réfugie avec lui à Shanghai mais décide par la suite de rejoindre le Jiangxi. Malgré sa santé fragile — une longue tuberculose devait la contraindre à effectuer plusieurs séjours dans les hôpitaux soviétiques entre 1930 et 1945 — on la charge de diriger un Comité du travail féminin dont elle assure la responsabilité jusqu’au lendemain de la Longue Marche. C’est d’ailleurs dans ces fonctions qu’on l’envoie en mai 1935 à Pékin où le P.C.C., devant la menace japonaise, tente de prendre le contrôle du mouvement étudiant nationaliste. En juillet 1937, l’invasion japonaise la contraint à se replier sur Xi’an où elle reprend ses activités dans le cadre de la nouvelle politique de Front uni. Elle figure à nouveau avec Zhou Enlai dans la délégation permanente du P.C.C. à Chungking et intervient même à plusieurs reprises comme porte-parole des représentants communistes lorsque la tension monte entre les deux partis au printemps 1941. Malgré sa position, Deng apparaît toutefois nettement en retrait des véritables responsables de la diplomatie communiste, tels Zhou ou Ye Jianying (葉劍英), et assure le plus souvent des fonctions de secrétariat, mais sa réelle compétence et sa personnalité — bien plus que l’influence de son mari — l’imposent aux tables de négociation où se rencontrent représentants du P.C.C. et du G.M.D. : un auteur aussi peu suspect de sympathie pour les communistes que Li Tienmin lui reconnaît d’incontestables qualités de diplomate.
En 1946 elle participe à nouveau aux pourparlers avec le G.M.D., mais à la reprise de la guerre civile elle retrouve à Yan’an ses activités à la tête du Comité du travail féminin. Secrétaire générale, depuis 1949, de la Fédération panchinoise des femmes démocratiques, Deng Yingchao a fait partie de plusieurs délégations chinoises lors de congrès internationaux sur les problèmes de la paix ou de la condition féminine. Constamment réélue à l’A.N.P. comme représentante du Henan, membre à part entière du C.C. depuis 1956, reconduite dans ses fonctions par le Xe Congrès du P.C.C. (août 1973), Deng Yingchao a traversé avec courage et dignité la difficile période où son mari malade se trouvait en butte aux attaques des « Quatre » (voir Jiang Qing (江青)). Après leur chute en octobre 1976, elle est devenue l’un des symboles les plus respectés et les plus populaires du « cours nouveau », puis l’un des personnages les plus publics de régime : nommée en 1978 présidente honoraire de la Fédération des femmes, deuxième secrétaire de la commission chargée par le C.C. de contrôler la discipline et membre du B.P., puis en 1980 responsable du groupe de travail sur les affaires taïwanaises au C.C., elle voyage beaucoup et écrit fréquemment dans la presse. Réélue au B.P. par le XIIe congrès du P.C.C. (septembre 1982), coprésidente honoraire de la Fédération des femmes et présidente de la C.P.C.P.C. depuis juin 1983, Deng Yingchao compte parmi les dernières grandes figures du régime.

SOURCES : outre KC, voir : Li T’ien-min (1970). — Helen F. Snow in Mingbao n° 2, février 1969 et RMRB, 1978-1983.

Jacques Manent

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