Né dans la région de Canton en 1884 ; fusillé en 1927. Premier adhérent du P.C.C. d’origine ouvrière en Chine du Nord, militant parmi les cheminots.

Cantonais venu à Tientsin en 1898 à l’âge de quatorze ans comme apprenti, Deng entre en 1901 aux ateliers mécaniques de Tangshan et travaille avec les cheminots du gros ensemble industriel et charbonnier groupé autour des mines de Kaiping. Lors du mouvement du 4 mai 1919, il est un des organisateurs des manifestations ouvrières dans cette ville. A la fin de l’année 1921, il adhère au P.C.C.. Il dirige en novembre 1921 la délégation des cheminots chinois au congrès des Travailleurs de l’Orient. C’est à ce titre qu’il rencontre Lénine à Moscou en janvier 1922. Ce dernier l’interroge avec attention sur la condition ouvrière en Chine et prévoit pour le mouvement des cheminots en Chine un rôle révolutionnaire comparable à celui des cheminots en Russie. Deng Pei participe au premier Congrès chinois du travail à Canton en mai 1922, puis joue un rôle décisif lors des grèves de la K.M.A. (nom de la société qui exploite les mines de Kaiping) à l’automne 1922, aux ateliers de chemins de fer de Tangshan (voir Du Yutian (杜玉田)). De retour à Canton peu de temps après, il demeure président du syndicat des cheminots du chemin de fer Pékin-Mandchourie (le Jing-Feng). C’est à ce titre qu’il participe le 7 février 1924 au congrès national de fondation du syndicat des cheminots tenu clandestinement à Pékin (avec dix-neuf autres délégués). Après approbation d’un rapport présenté par Zhang Guotao (張囯燾) sur « la révolution nationale et les tâches du syndicat des cheminots » qui appelle à soutenir la révolution nationale et à lutter pour la liberté syndicale et de meilleures conditions de travail, Deng Pei est élu président du syndicat général des cheminots. C’est à ce titre qu’il participe en décembre 1924 à une délégation de dix personnes qui rencontrent Sun Yat-sen (孫逸仙) alors à Pékin et lui expriment leur soutien. En 1926,’.il est membre du Comité exécutif du syndicat général panchinois. Il tombe victime de la répression qui suit le 12 avril 1927.

SOURCES : Chang Kuo-t’ao (Zhang Guotao), 1 (1971). — Chesneaux (1962). — Hebei geming lieshi shiliao (Matériaux historiques sur les martyrs révolutionnaires du Hebei) (1959), p. 61-62. — Interview de Peng Shuzhi et Cadart/Cheng (1983).

Alain Roux

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