BOYER Alphonse

Par Jean-Louis Ponnavoy

Né le 26 juin 1905 à Bort-les-Orgues (Corrèze), fusillé le 1er avril 1944 à Karlsruhe (Allemagne) ; ingénieur des Ponts et Chaussées ; résistant du réseau SR Alliance.

Fils de Auguste Boyer, plâtrier puis commerçant en peinture, et de Amélie Dapan, sans profession. Alphonse Boyer fut adopté pupille de la Nation en avril 1919. Il se maria le 17 septembre 1925 à Bort-les-Orgues avec Andrée Gregoire, le couple eut six enfants.

Au sortir de l’école communale, il entra dans une école technique du bâtiment à Paris et devint ingénieur des Ponts et Chaussées, à Béziers (Hérault). Membre de l’association des familles nombreuses de Béziers, il y fit la connaissance de Raymond Rondeleux, gendre du général Raynal alias "Briard", qui appartenait au réseau Alliance et qui lui proposa d’entrer dans l’organisation.

Après l’invasion de la zone libre, Alphonse Boyer intégra donc en décembre 1942 le réseau Alliance sur la région Méditerranée avec le matricule "V.150", comme agent principal de renseignements du sous-secteur de Béziers. En tant qu’ingénieur auprès des services de construction routière, fluviale et portuaire de Béziers il avait accès aux ports de la Méditerranée observant ainsi les mouvements de troupes et de bateaux de la Wehrmacht et de la marine de guerre dans le port de Sète, dessinait des plans du port et transmettait ces informations à Louis Malbosc*, responsable du sous-secteur Béziers-Sète.

Alphonse Boyer fut arrêté une première fois le 1er mars 1943, puis libéré mais arrêté à nouveau le 19 septembre 1943 sous l’inculpation d’espionnage et emprisonné à Fresnes (Seine, Val-de-Marne).

Le 18 novembre le dossier d’accusation d’espionnage au profit d’une puissance ennemie fut transmis par la Gestapo de Strasbourg au Tribunal de guerre du Reich et Alphonse Boyer fut déporté vers l’Allemagne à partir de la gare de Paris-Est sous la classification "NN" (Nacht und Nebel, Nuit et Brouillard), via Offenburg et Wolfach et incarcéré à la prison de Freiburg-im-Breisgau (Bade-Wurtemberg, Allemagne) le 17 décembre 1943. Il fut traduit les 18, 20 et 21 décembre 1943, devant le 3e Senat (chambre) du Tribunal de guerre présidé par le juge Karl Schmauser, ainsi que quatre autres co-inculpés formant le groupe Schneider*.

Le lendemain il fut transféré à la prison de Bruchsal (Bade-Wurtemberg, Allemagne). Condamné à mort, le jugement fut confirmé le 20 janvier 1944 par l’amiral Max Bastian, président du Tribunal, et à l’aube du 1er avril 1944 Alphonse Boyer fut extrait de sa cellule ainsi que 13 autres détenus d’Alliance pour être conduit au champ de tir de la Wehrmacht dans la forêt du Hardtwald, près de Karlsruhe (Bade-Wurtemberg, Allemagne) où il fut fusillé à 7h34 avec Louis Malbosc*.

Les cadavres furent jetés dans une fosse commune, à l’extérieur de l’enceinte du cimetière central de Karlsruhe. En mai 1945 ils furent découverts par l’armée française et inhumés avec les honneurs militaires le 30 juin 1945 dans le cimetière français. Le 3 juillet 1947, les corps furent à nouveau exhumés et retrouvèrent pour la plupart leur commune d’origine. Depuis le 1er avril 2014, une stèle rappelle à Karlsruhe leur sacrifice.

Alphonse Boyer est inhumé au carré militaire du cimetière Saint-Lazare, à Montpellier (Hérault).

Il obtint la mention « Mort en déportation » par arrêté du 29 octobre 2009 et fut déclaré « Mort pour la France ».

Son nom figure sur le monument aux morts de Bort-les-Orgues (Corrèze).

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article181730, notice BOYER Alphonse par Jean-Louis Ponnavoy, version mise en ligne le 27 juin 2016, dernière modification le 25 octobre 2018.

Par Jean-Louis Ponnavoy

SOURCES : Marie-Madeleine Fourcade "L’Arche de ¨Noé", Fayard 1968.— Auguste Gerhards "Tribunal du 3e Reich", archives historiques de l’armée tchèque à Prague, éditions du Cherche-Midi, Paris 2014.— Mémorial de l’Alliance, 1948.— Brochure "Karlsruhe Erinnert" éditée par la ville de Karlsruhe en 2015.— Mémorial GenWeb. — État civil.

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