BUISSON Jean

Par Gérard Leidet

Né le 7 septembre 1919 à Marseille (Bouches-du-Rhône) ; mort le 23 décembre 2009 à Montélimar (Drôme) ;instituteur ; militant communiste, militant syndicaliste du SNI, secrétaire de la section départementale des Bouches-du-Rhône (1948-1950), membre du bureau national (1949-1956).

Jean Buisson entra à l’école normale d’instituteurs d’Aix en 1939 où il se syndiqua au Syndicat national des instituteurs (SNI). Après avoir obtenu le brevet supérieur et le certificat d’aptitude pédagogique, il passa un certificat d’études supérieures psychologiques, sociales et morales à la Faculté des Lettres d’Aix-en-Provence puis puis fut mobilisé (avril 1940- novembre 1942). Il connut ainsi sous les drapeaux la "drôle de guerre » puis l’armée maintenue après l’armistice. Après l’occupation de la zone sud, il rejoignit le Front National et le groupe d’instituteurs qui reconstituait le syndicat dans la clandestinité (voir Alfred Bizot). Ce double engagement l’amena à adhérer au Parti communiste français en 1945.

Membre du bureau de la section départementale des Bouches-du-Rhône du SNI dès l’après-guerre, Jean Buisson en devint le secrétaire général en octobre 1948. Lors du congrès national du SNI (22-24 mars 1948), il critiqua la majorité du syndicat qui n’avait rien obtenu et qui avait une "attitude ambiguë" par rapport au choix entre le maintien à la CGT ou l’autonomie. Il adhéra à titre individuel à la FEN-CGT mais c’est un militant nommé Aubert qui siégea à la CA nationale au titre des Bouches-du-Rhône après le congrès de juillet 1949.

L’année suivante, il fut élu au bureau national de l’organisation. Le secrétariat du PCF, le 15 novembre 1949, avait donné son accord pour qu’il figure parmi les sept candidats du courant « cégétiste ». Il fut candidat aux élections du BN du SNI, en sixième position sur la liste « Par l’unité et l’action, nous œuvrerons à la sauvegarde de l’école, de la liberté et de la paix ». Lors de la réunion du BN, le 12 janvier 1950, il devint membre des commissions des affaires corporatives, des affaires administratives, pédagogique et des finances. 

Il fut candidat aux élections BN du SNI, en sixième position sur la liste "Par l’unité et l’action, nous œuvrerons à la sauvegarde de l’école, de la liberté et de la paix". Lors de la réunion du BN, le 12 janvier 1950, il devint membre des commissions des affaires corporatives, des affaires administratives, pédagogique et des finances.

Au nom du SNI, Jean Buisson intervint dans divers secteurs : présidence du cartel départemental d’action laïque (1950-1951), congrès annuel de la Fédération des œuvres laïques en mars 1950, réunion du cercle des amis de La Pensée (10 avril 1951). Dirigeant régional de la FEN-CGT, il siégeait également au bureau du congrès de l’Union départementale CGT en octobre 1951.

Jean Buisson prit la parole lors de plusieurs meetings au cinéma « La Plaine » (4 juin 1952, 5 février 1953) sur des questions touchant l’école, réservées parfois aux seuls enseignants. Présent au congrès départemental du SNI en juillet 1952, il participa à la rédaction de la motion adoptée (cad ?). Par la suite il participa à la grève du 31 mars 1954. En outre, il était membre de la commission administrative nationale de la Fédération de l’Éducation nationale (1951, 1953-1957) et était membre des commissions corporative (1951, 1953-1957), laïque (1951, 1953-1957) et pédagogique (1953-1957). 

Correspondant départemental de la revue communiste L’École et la Nation, consacrée aux questions de l’école, en 1954 et 1955, il participa à plusieurs réunions avec la direction du PCF consacrées au travail du parti parmi les instituteurs. En juin 1956, sa candidature fut proposée pour le comité de la fédération communiste. Elle fut refusée par respect pour les statuts du SNI qui exigeaient de ses dirigeants qu’ils n’exercent pas de responsabilités politiques dirigeantes.

Membre des commissions administratives paritaires nationales et départementales, Jean Buisson siégeait également au bureau départemental de la Mutuelle générale de l’Education nationale et à celui de la Fédération des œuvres laïques.

Sur un plan politique, il militait dans la cellule Fernand Pauriol du quartier de Saint - Lazare. À ce titre, il soutint la candidate du Parti communiste, Josette Reibaut en tant que membre du sous-comité électoral du boulevard de Strasbourg lors des élections cantonales d’octobre 1951. Sans doute à la suite d’un désaccord avec Germaine Cermolacce*, il quitta le PCF à la fin des années 1950.

Depuis 1956, Jean Buisson exerçait comme instituteur dans un cours complémentaire. Il poursuivit sa carrière, au début des années 1960, comme inspecteur primaire à Montélimar (Drôme). Retraité au SI-EN Unsa-Education, il résidait, en 2007, 1 rue Clotilde Nicolas à Montélimar.

Le 28 octobre 1988, Jean Buisson, Président départemental de l’ANACR, faisait une demande au maire afin d’obtenir la création d’un rond point des Résistants et des déportés à Montélimar. Le souhait formulé par les déportés fut respecté, la ligne de chemin de fer se trouvant à quelques dizaines de mètres seulement du Rond-point, la gare elle-même étant à proximité. Il explicitait, entre autres, dans ce courrier, les liens qui unissent fortement les deux faits historiques, Résistance et Déportation. « Très nombreux furent les Déportés qui le furent pour faits de Résistance et connurent les camps de la mort… Une relation fondamentale existe entre la Résistance et la Déportation comme entre la cause et l’effet ».

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article18164, notice BUISSON Jean par Gérard Leidet, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 2 août 2018.

Par Gérard Leidet

SOURCES : Arch. comité national du PCF. — Presse locale, La Marseillaise. — Presse syndicale, "Bulletin du Syndicat unique des institutrices et instituteurs des Bouches-du-Rhône" (section départementale du SNI), années 1949 et 1950. — Renseignements fournis par Laurent Frajerman, Jacques Girault et Alain Dalançon. —
Annuaire du SI-EN Unsa-Education édité en 2007 .

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