BUISSON Georges, Louis, Hubert

Par Yves Lequin, Jean Maitron, Claude Pennetier

Né le 2 décembre 1878 à Evreux (Eure), mort le 31 janvier 1946 ; comptable ; secrétaire adjoint de la CGT.

Georges Buisson s’installa à Paris (IIIe arr.) en juin 1901, 51, rue de Montmorency. Après avoir épousé le 20 octobre 1904 une institutrice (Alice Chevalier, née le 13 juin 1884), il vint habiter rue Doudeauville dans le XVIIIe arr. Veuf, il épousa en secondes noces le 23 mars 1926 (Paris XIXe arr.) Suzanne Lévy, qui fut une dirigeante socialiste connue, sous le nom de Suzanne Buisson, et qui mourut en déportation. Il avait trois enfants de son premier mariage.
Buisson a surtout laissé le souvenir d’un dirigeant syndicaliste. Il appartint très tôt à la Chambre syndicale des Employés mais, ce fut cependant comme militant socialiste que les archives de police le signalèrent la première fois en 1902. Les hésitations de son engagement politique expliquent son relatif effacement dans le Parti socialiste entre les deux guerres malgré le rôle éminent de Suzanne Buisson. En décembre 1902, il était délégué du groupe socialiste de la Goutte d’Or au comité de la Fédération de la Seine du Parti socialiste français. Il était également, l’année suivante, membre du comité d’initiative d’alliance républicaine antinationaliste du IVe arr. Or, lors de l’Unité de 1905, Buisson ne rejoignit pas le Parti socialiste SFIO puisqu’il occupait en 1911, le poste de secrétaire général du Parti républicain socialiste dont l’organe lancé en juin 1913, était Le Cri républicain socialiste (gérant G. Buisson). Ayant abandonné le secrétariat général pour se consacrer à ses fonctions syndicales, il restait secrétaire de la Fédération de la Seine en 1914. À plusieurs reprises il concurrença des candidats socialistes unifiés aux élections municipales dans le quartier de la Goutte d’Or : en mai 1912 contre Marcel Cachin* et en juin 1914 contre Louis Sellier*. Buisson était le secrétaire du conseiller municipal socialiste indépendant du XIXe arr. : Louis Lajarrige*. Quand G. Buisson adhéra-t-il au Parti socialiste SFIO ? Nous avons trace de son appartenance à la 18e section de la Seine en 1933 et au Parti socialiste en 1945.
Georges Buisson avait été élu au congrès de Rouen (1908), secrétaire adjoint de la Fédération nationale des Employés. Avant la guerre il avait accompli pour elle et pour la CGT de nombreuses missions en province, participant à la création de multiples organisations et notamment à celle des sections d’employés du Syndicat national des travailleurs du Gaz et de la Fédération de l’Éclairage. En 1910, il était devenu trésorier de sa Fédération puis, en 1914, secrétaire administratif. Il retrouva ces fonctions après avoir fait la guerre dans un régiment d’infanterie, et accéda en 1920 au secrétariat général de la Fédération générale des syndicats d’employés, puis, en août 1921, à la vice-présidence de la Fédération internationale des Employés lors d’un congrès tenu à Vienne (Autriche).
Désigné en 1920 pour siéger à la commission administrative de la CGT, il conserva ce poste jusqu’en septembre 1929 où le congrès confédéral en fit un secrétaire adjoint de la CGT. Il laissa le secrétariat général de la Fédération des Employés à Capocci en décembre 1929. Buisson était alors un spécialiste des problèmes d’Assurances sociales sur lesquelles il avait fait un rapport au congrès de septembre 1929. Il avait remplacé Rey comme délégué confédéral à la propagande. En juillet 1930, il fit partie de la représentation française au Ve congrès de la Fédération syndicale internationale, à Stockholm. Il collaborait régulièrement au journal Le Peuple ainsi qu’à de nombreuses publications syndicales de tendance réformiste. Après l’unité syndicale il ne joua plus de rôle chez les Employés, mais il resta au Bureau confédéral comme secrétaire adjoint. Un autre membre du secrétariat, René Belin*, porta sur sa personnalité un jugement critique : c’est « le seul qui ait le sens de l’humour. Mais c’est un cynique invétéré. Il est là comme un rat dans son fromage. Lui et toute sa famille vivent aux crochets d’organisations syndicales et politiques » (op. cit. p. 32). Il est vrai que si Belin et Buisson se rejoignirent pour dénoncer le « pacte Staline-Hitler » et « ceux qui n’ont pas voulu ou pas pu » le condamner, leurs destins allaient les séparer puisque le premier devint ministre du Travail du gouvernement de Vichy et le second devait rejoindre Londres. À André Delmas (voir Sources) qui s’abstint de jugements de valeur, il apparaissait « grand, raide, digne, avec son visage qui ressemblait étrangement à celui de Napoléon III vieillissant ".
Il fut membre du Conseil national économique de 1925 à sa démission en 1939.
En juin 1940, Georges Buisson se fixa dans la région lyonnaise. Le 27 avril 1943, il partit clandestinement pour Londres avec Paimbœuf, P. Viénot, Queille et se mit au service de la France libre. Il servit de trait d’union entre Jouhaux et le comité de Londres. En mai 1943, il fut délégué auprès du gouvernement d’Alger, avant d’être nommé, en août, délégué de la CGT à l’Assemblée consultative, aux côtés de Croizat, Gazier, Fayet et Bouzanquet. Il en fut vice-président. Buisson resta secrétaire de la CGT à la Libération et jusqu’à son décès en janvier 1946.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article18163, notice BUISSON Georges, Louis, Hubert par Yves Lequin, Jean Maitron, Claude Pennetier, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 21 septembre 2018.

Par Yves Lequin, Jean Maitron, Claude Pennetier

ŒUVRE : Les Assurances sociales et leurs adversaires. — Il collabora à l’Atelier (1920-1923) et au Peuple.

SOURCES : Arch. Nat. F7/13720, F7/13721, F7/13794. — Arch. PPo. Ba/1686, décembre 1932. — Arch. J. Maitron. — Le Peuple, 23 décembre 1929. — Le Travailleur parisien, juillet-août 1930. — Compte rendu du XXe congrès de la CGT, 1929. — R. Belin, Du secrétariat de la CGT au gouvernement de Vichy, op. cit. — D. Stéphany, Le personnel de la CGT, 1936-1939, op. cit. — A. Delmas, Mémoires d’un instituteur syndicaliste, éditions Albatros, 1979. — Notes d’A. Caudron.

ICONOGRAPHIE : La CGT, op. cit., t. II, p. 371. — P. Delon, Les Employés, op. cit.

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