BUGAIN Marcel [BUGAIN Henri, Marcel]

Par Tony Legendre, Claude Pennetier, Justinien Raymond, Frédéric Stévenot

Né le 22 février 1898 à Guise (Aisne), mort le 22 novembre 1949 à Saint-Quentin ; directeur d’école ; militant syndicaliste du SNI, secrétaire de la section départementale ; député socialiste SFIO de l’Aisne (1939-1940) ; résistant ; maire de Saint-Quentin (1947-1949).

Fils d’un ajusteur qui habitait le Familistère de Guise, Marcel Bugain. il fut prisonnier civil pendant la Première guerre mondiale. Libéré, il reprit ses études, et devint instituteur. Il se maria et fut le père d’un enfant.
Il devint directeur de l’école de plein air de Saint-Quentin. Il fut secrétaire général de la section départementale du Syndicat national des instituteurs de 1929 à 1939 et présenta le projet d’unité syndicale (CGT et CGTU) au congrès départemental d’unité de 1935.
Selon un rapport du commissariat central de police de Saint-Quentin au sous-préfet de Saint-Quentin sur l’activité du Front social (10-12-1934), Marcel Bugain, était membre de la SFIO qui comptait localement 200 adhérents et environ 3500 sympathisants.
Candidat socialiste au conseil d’arrondissement dans le canton de Saint-Quentin en décembre 1938, il recueillit 29,4 % des voix et fut élu au second tour grâce au désistement communiste. Fernand Hollande, député socialiste SFIO de la première circonscription de Saint-Quentin étant mort le 22 octobre 1938, des élections législatives partielles furent organisées en janvier 1939. Marcel Bugain reconquit le siège au deuxième tour. Il siégea à la commission d’assurance et de prévoyance sociale et à la commission du commerce et de l’industrie.
Mobilisé moins d’un an plus tard comme brigadier, il échappa à la captivité. Il ne put se rendre à Vichy pour le vote de l’Assemblée nationale du 10 juillet 1940. Il se trouvait alors sur le transport de troupes De Grasse, détourné de Casablanca sur Bordeaux, et ne reçut pas à temps de laissez-passer pour se rendre à Vichy. Déplacé d’office en janvier 1942, il entra dans la Résistance. Il en est membre de l’organisation centrale de. "Résistance » avec Georges Lapierre, secrétaire de la Fédération internationale des instituteurs, Paty, ancien chef de cabinet du ministre de l’Education nationale, Malroux, député, Vidalenc, tous quatre déportés en Allemagne ; Charles Laurent, secrétaire général de la Fédération des fonctionnaires et président de la commission des finances de l’Assemblée consultative provisoire, et Fosse, de Seine-et-Oise, appartiennent également à Résistance. En 1942, Marcel Bugain est l’un des fondateurs d’un groupe de résistants, « Libération de Saint-Quentin » qu’il dirige avec son ami Jules Lefebvre. Ayant repris ses fonctions de directeur d’école, il fut muté d’office à Sedan (Ardennes) en janvier 1942, où il crée avec l’un de ses adjoints, Jean Hercisse, le seul groupe de résistance existant dans cette ville,
Dans sa classe, se tenait le PC du groupe de l’Organisation civile et militaire qu’il avait créé à Sedan. À Saint-Quentin, il fut à l’origine du groupe Libération Nord. Marcel Bugain fut désigné pour représenter le groupe Lorraine au C.D.L. des Ardennes.
Arrêté par la Gestapo, il fut interné en août 1944 à la prison de Saint-Quentin d’où il fut tiré lors de la libération de la ville par les soldats américains.
Il fut le vice-président du Comité local de Libération de Saint-Quentin.
Le congrès national extraordinaire du Parti socialiste, de Paris (novembre 1944), le maintint dans les rangs de la SFIO. En 1945, 1946, il fut candidat socialiste, sans succès, aux deux Assemblées constituantes et à la première Assemblée nationale de la IVe République.
Marcel Bugain avait été initié à la franc-maçonnerie le 23 octobre 1932 à la loge Justice et Vérité.
Il fut maire de Saint-Quentin du 25 octobre 1947 à sa mort survenue le 22 novembre 1949. Il était médaillé de la Résistance. Marcel Bugain avait été initié à la franc-maçonnerie le 23 octobre 1932, à la loge Justice et Vérité.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article18148, notice BUGAIN Marcel [BUGAIN Henri, Marcel] par Tony Legendre, Claude Pennetier, Justinien Raymond, Frédéric Stévenot, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 7 décembre 2018.

Par Tony Legendre, Claude Pennetier, Justinien Raymond, Frédéric Stévenot

SOURCES : Arch. Nat., F/7/15 989. — Arch. Dép. Aisne, 1 M 18, 3 MM 4, 11 468. — Arch. OURS, correspondance Aisne. ; La Dépêche de l’Aisne, 10 octobre 1945 ; L’Aurore de l’Aisne (n° 1, 16 septembre 1944). — Le Cri, 1930. — L’Exploité, 1938-1939. — J. Jolly, Dictionnaire des parlementaires français, op. cit.Bulletins de la section de l’Aisne du SNI. — Tracts pour les élections du 2 juin 1946. — État civil. — Notes de Jacques Girault, de Gilles Morin et de Tony Legendre.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
fiches auteur-e-s
Version imprimable Signaler un complément