VIVÈS Martin [alias VERGÈS dans la clandestinité]

Par André Balent

Né le 25 mai 1905 à Prades (Pyrénées-Orientales), mort le 26 décembre 1991 à Saint-Cyprien (Pyrénées-Orientales) ; employé municipal à Perpignan (parmi ses multiples fonctions : archiviste, conservateur du musée Hyacinthe-Rigaud ; professeur à l’école municipale des Beaux-Arts de Perpignan) ; artiste peintre ; militant radical-socialiste et antifranquiste ; résistant (Combat, MUR, GF) ; membre du CDL des Pyrénées-Orientales.

Martin Vivès peignant dans son atelier, années 1970
Martin Vivès peignant dans son atelier, années 1970
Collection privée Jacqueline Vivès, Perpignan (DR), photographie d’après le cliché original, André Balent, 1er juin 2016

Martin Vives était le fils de Joseph, employé de commerce, et de Julie Carreras, sans profession, âgés respectivement de vingt-trois et de vingt-et-un ans en 1905. Il se maria deux fois : le 27 juillet 1927 à Millas (Pyrénées-Orientales) avec Marie del Pilar Guanabens [d’après l’acte de mariage, de fait : Guanyabens ou Guañabens] et après avoir divorcé, le 6 mai 1939 à Perpignan avec Marguerite, Anne, Marie, Thérèse Cazenove. Celle-ci était déjà marié avec un marchand de jouets de Perpignan. Elle aussi divorça afin d’épouser Martin Vivès.
Il eut deux enfants de son premier mariage : Jeanine, née le 2 août 1928 et Hugues-Marie, né le 2 septembre 1930 qui mourut en bas âge. Il eut aussi une fille de son second mariage : Jacqueline née le 24 janvier 1941.

Son grand-père paternel — Ramon [ou Raymond] Vives, et non Vivès — était un réfugié de la Troisième Guerre carliste (1872-1876) qui s’était installé à Prades. En 1880, il exerçait la profession de chiffonnier. En 1883, il implanta à Prades une fabrique de chocolat sous la marque déposée « Chocolat d’un meunier ». Mais son père mourut prématurément le 16 octobre 1906. Sa mère se remaria avec Pierre Berta, un cousin de Prades qui s’installa avec elle et son fils à Figueres (province de Gérone, Catalogne, Espagne) [Figueras], ville proche de la frontière des Pyrénées-Orientales. Martin Vivès y vécut jusqu’en 1913 date où il s’installa avec sa mère et son beau-père à Perpignan.

Dès l’âge de trois ans, il suivit, à Figueres, les cours d’un instituteur libre-penseur, républicain et catalaniste, Esteve Trayter Colomer (1851-1920). Maître de l’école municipale de Figueres destinée aux élèves de trois à six ans. Adepte des pédagogies d’avant-garde préconisées par l’Allemand Friedrich Fröbel (1782-1852), Trayter fut aussi le maître Salvador Dali. Passionné d’art et d’archéologie, Trayter fit profiter de ses passions ses jeunes élèves. Vives (et Dali) furent tous deux marqués par cet enseignement original reçu dès leur plus jeune âge.

Sa mère installée à Perpignan, exerça d’abord la profession de corsetière. En 1914 elle ouvrit une pâtisserie, cours Palmarole, près de la promenade des Platanes.

Âgé de douze ans, Vivès réalisa sa première peinture sur verre. S’étant découvert une vocation de peintre, il suivit les cours de l’école municipale de dessin (la future école des Beaux-Arts) dirigée par Louis Delfau (1871-1937), portraitiste de talent et directeur du musée des Beaux-Arts de la ville. Vivès suivit ses cours ainsi que ceux d’un paysagiste et plasticien de renom, André Fons-Godail (1871-1954). Ce dernier lui fit connaître les campagnes proches de la ville source d’inspiration pour un paysagiste lors que Delfau l’initia à l’art du portraitiste. C’est en compagnie de Fons-Godail que Vivès peignit sa première toile, Le mas Miraflors. Vivès compléta sa formation avec des cours par correspondance de dessin appliqué. Sa rencontre, en 1921 avec un jeune affichiste de Sant Esteve d’en Bas (province de Gérone, Catalogne) Josep Morell — réfugié à Perpignan afin d’échapper à la conscription alors que commençait la guerre espagnole du Rif — le conforta dans son ambition de devenir affichiste et de vivre de son art. Morell qui devint son ami l’initia à l’art de l’affiche et lui conseilla d’aller parachever sa formation à la Llotja, l’école des Beaux-Arts de Barcelone. Vivès fut l’élève, à Barcelone, d’un portraitiste réputé, Fèlix Mestres (1872-1933). Il découvrit aussi l’œuvre de Joaquim Mir (1873-1940), un paysagiste post-moderniste qui rénova l’art du paysage avec un style dynamique et coloré. Mir l’enthousiasma et l’influença profondément et durablement. Après une année passée à Barcelone, Vivès ne resta pas longtemps à Perpignan et, en 1923, il répondit à une offre d’un emploi de portraitiste formulée par d’un encadreur de Bordeaux (Gironde). Dans cette ville, il suivit les cours de peinture et de dessin d’Hubert Gauthier. Il quitta le chef-lieu de la Gironde en 1924 afin d’effectuer son service militaire. Il déclara au conseil de révision qu’il était dessinateur professionnel. Pourquoi choisit-il un engagement volontaire alors que son intention était de se consacrer pleinement à la peinture ? Cette question demeure sans réponse. Sa fille Jacqueline qui ignorait cet engagement volontaire que Vivès avait tu, a confié, le 25 mai 2016, que son père professait volontiers des opinions antimilitaristes.

En effet, âge d’effectuer le service militaire, Martin Vivès choisit de signer en mairie de Perpignan, le 23 octobre 1924, un engagement volontaire de quatre ans au 33e régiment d’aviation qui participait à l’occupation de la Ruhr puis la rive gauche du Rhin. Caporal le 9 août 1925, il accéda au grade de sergent-chef mécanicien le 26 août 1926. Le 1erjanvier 1927, il fut victime d’un accident d’automobile en service commandé qui n’empêcha pas son maintien dans le service armé assorti d’une pension d’invalidité inférieure à 10 %. Ayant quitté la Rhénanie le 27 juillet 1928, il regagna ses foyers, 2, place des Poilus à Perpignan, le 23 octobre 1928.

Employé municipal dès le 1er septembre 1929, Vivès occupa diverses fonctions dans la fonction publique territoriale. Il ne demeura que peu de temps auxiliaire car il fut titularisé sur un poste de rédacteur dès le 1er janvier 1930. Archiviste municipal le 1er juillet 1934 (son aptitude à exercer cette fonction fut reconnue le 21 juin 1934), il devint rédacteur principal le 1er janvier 1938, sous-chef de bureau le 1er janvier 1939 et chef de bureau le 1er janvier 1942 avec affectation au service des écoles.

Entre temps, il fut mobilisé le 2 septembre 1939 et arriva le 10 septembre 1939 au 106e bataillon de l’Air. Le 14 octobre 1939, il fut affecté à l’école auxiliaire de La Rochelle (Charente-Maritime) qui dépendait du 113e bataillon de l’Air. Le 1er décembre 1939, il fut muté au 109e bataillon de l’Air, à Tours (Indre-et-Loire). Le 8 décembre 1939, la commission de réforme de La Rochelle le déclara réformé temporaire et le renvoya le lendemain dans ses foyers. Il fut rappelé sous les drapeaux le 15 juin 1940 et affecté au 101e bataillon de l’Air. Convoqué à l’hôpital militaire de Perpignan le 21 juin, il fut déclaré, le 24 juin, réformé définitif par la commission de réforme de Perpignan. Il retrouva ses fonctions à la mairie de Perpignan. Il fut, en particulier, affecté chef du service municipal du ravitaillement et du rationnement. Mis en cause dans la gestion de ce service sensible et très déprimé par ces allégations, Martin Vivès prit un long congé pendant une bonne partie de 1942. Les trois derniers mois furent sans traitement. En effet, accusé à tort dans ce prétendu trafic de tickets de rationnement, il fut emprisonné. Son défenseur Me Respaud démontra son innocence qui lui permit de retrouver son poste. Il demanda cependant au maire désigné par Vichy, Fernand Coudray de le nommer sur un autre poste. Ce fut chose faite le 15 janvier 1943 où le maire l’affecta à la tête du bureau des enquêtes et renseignements administratifs. Rien n’indique que la « dépression » qui précéda son séjour en prison ait interrompu totalement son action résistante. Ces déboires durent cependant le contraindre à la réduire. Son passage à la clandestinité, après le 12 avril 1944, fut constaté par le maire qui soupçonna qu’il avait été arrêté par la police allemande.

Promu chef de division le 1er octobre 1944 (écoles), il fut un moment détaché au Comité départemental de Libération dont il fut désigné membre le 20 septembre 1944. Mais le nouveau maire, Félix Mercader, l’avait affecté, le 23 août 1944, seulement trois jours après le départ définitif des troupes d’occupation des Pyrénées-Orientales, au musée des Beaux-Arts de Perpignan afin d’assurer les fonctions de conservateur. Ses fonctions au service des écoles étaient donc théoriques. Il posa, le 5 mars 1945, sa candidature pour devenir conservateur du musée municipal des Beaux-Arts. À cet effet, en 1945, il fit à Paris un stage au musée des Arts et traditions populaires afin de s’initier aux méthodes modernes de la muséographie auprès de Georges-Henri Rivière. Pour postuler ces fonctions, il avait aussi de solides références en tant qu’artiste, organisateur, dès avant 1939, d’expositions et de salons ayant connu retentissement et succès. Il fut nommé officiellement, le 1er mai 1946, conservateur du musée des Beaux-Arts (devenu officiellement Hyacinthe-Rigaud en octobre 1953). Cependant le grade de chef de bureau qui était le sien était supérieur à celui de conservateur. Afin de conserver les avantages de son grade initial, il fallut donc le détacher sur un autre poste tout en conservant les avantages du grade de chef de bureau. Son ami Jean Olibo, secrétaire général de la mairie, intervint en sa faveur. D’emblée, l’appui du maire, Félix Mercader, par ailleurs amateur d’art et ami de longue date, lui avait été acquis. Bénéficiant par ailleurs de l’appui de la direction des musées de France, celle-ci le fit nommer officiellement conservateur du musée le 17 juin 1954 (arrêté du secrétaire d’État aux Beaux-Arts). Dans ses fonctions de conservateur, Vivès s’efforça de rehausser le prestige de l’établissement dont il avait la direction en mettant en valeur ses collections et les enrichissant. Il créa en 1962 une exposition permanente de céramiques médiévales catalanes à partir de pièces données par son ami Jaume Llado du centre de restauration des œuvres d’art du palais des rois de Majorque de Perpignan restaurateur des œuvres d’art. Entre 1962 et 1964, avec Jaume Llado et l’archéologue Pierre Ponsich, il participa aux fouilles archéologiques aux glacis du château royal de Collioure : à cet effet le maire, Paul Alduy avait signé, le 10 janvier 1964, l’arrêté le nommant régisseur de ces fouilles. Celles-ci mirent en évidence la présence d’une céramique roussillonnaise qui fut identifiée comme telle par des spécialistes de Barcelone qu’il avait consultés. Le 9 mai 1952, son grade fut assimilé à celui d’ingénieur subdivisionnaire faisant fonction de conservateur de musée de première classe. Le 12 mai 1964, il fut promu à l’échelon exceptionnel d’ingénieur subdivisionnaire. Il prit sa retraite de conservateur le 1er juillet 1968.

Par ailleurs, Martin Vives fit, après la Seconde Guerre mondiale, une seconde carrière de professeur à l’école des Beaux-Arts de Perpignan. Le 1er octobre 1948, il fut nommé professeur auxiliaire de peinture et de paysage. Stagiaire le 1er octobre 1949, il fut titularisé le 1er octobre 1951. Dans sa carrière il eut aussi l’occasion d’enseigner le dessin. En 1948, il donnait quatre heures hebdomadaires de cours, six en 1952 et 1955, huit en 1956, dix en 1960. Son dossier administratif de professeur indique qu’il reprit son travail à l’école des Beaux-Arts le 4 février 1970 après quatre mois d’arrêt maladie, dont un mois à mi traitement. Il n’indique cependant pas quand il cessa ses fonctions. On peut supposer que ce fut en juin 1970, à la fin de l’année scolaire.

Dès 1928, Martin Vivès adhéra aux Jeunesses laïques et républicaines (JLR), créées en 1924 et où se retrouvaient des radicaux (Victor Dalbiez, sénateur, maire de Perpignan élu en 1929, soutenait les JLR) et surtout — ce qui semble avoir été une particularité de cette organisation dans les Pyrénées-Orientales — des socialistes comme Félix Mercader, Cyprien Lloansi et, plus tard, Georges Rives. Il en devint le secrétaire départemental en 1930 et, à partir de 1933, en assura les fonctions de vice-président. Les JLR, s’intéressaient à la culture, aux sports et de façon générale aux loisirs des enfants et des jeunes. Vivès adhéra aussi au Parti radical-socialiste dont la figure de proue, à Perpignan, était le maire de la ville élu en mai 1929, un homme de culture par ailleurs très engagé à la gauche de son parti. Il fut élu secrétaire adjoint du parti à l’issue du congrès départemental de juin 1931. La proximité entre Dalbiez et Vivès explique le choix du maire qui fit de Vivès son premier chef de cabinet. Elle permet aussi de comprendre pourquoi il devint bientôt, dès septembre 1929, un fonctionnaire de la ville de Perpignan. Dans la même période, il devint un ami très proche d’autres employés municipaux, de la même génération et radicaux comme lui, Mathieu Py et Marius Rascagnères. On peut supposer que ce fut à ce moment-là qu’il fut initié à la franc-maçonnerie (avant 1940, il y avait à Perpignan deux loges affiliées à la Grande loge de France. L’une d’entre elles « Saint-Jean-des-Arts-et-de-la Régularité » adhéra après 1945 au Grand Orient de France. Sa fille Jacqueline pense que, à la différence de son grand ami Olibo, Martin Vivès s’éloigna de la franc-maçonnerie, n’y ré-adhérant pas après la guerre. Son appartenance à la franc-maçonnerie ne lui causa aucun problème quant à la poursuite de sa carrière professionnelle et artistique entre 1940 et 1944, jusqu’à son entrée dans la clandestinité.

Au carrefour de sa carrière artistique et de son engagement politique, Vivès participa à diverses initiatives. Bien inséré dans la dynamique du Front populaire, il fut, avec, entre autres, Cyprien Lloansi, Paul Combeau et le peintre Eugène Schmidt, à l’origine d’un Cercle de culture populaire et d’une Maison de la culture. Toujours avec Lloansi, il participa en mai 1936, à l’organisation du premier salon des Indépendants roussillonnais où furent présentées les réalisations des divers créateurs nord catalans. La guerre civile espagnole permit à Vivès de mieux concrétiser encore son activité artistique et l’engagement politique. Il fut un des membres d’organisations perpignanaises de solidarité à l’Espagne républicaine : Comité d’entraide aux antifascistes espagnols, Comité de défense de la république espagnole, Comité d’aide et d’accueil aux réfugiés [espagnols] (Voir Jalabert Albert). Son engagement au sein des JLR trouva un regain d’activités car leur colonie de vacances, La Mauresque de Port-Vendres fondée et animée par l’architecte socialiste Félix Mercader, devint un centre d’hébergement du Comité départemental d’accueil aux enfants d’Espagne mis en place par la CGT et présidé par le secrétaire du SNI, Léon Sors). Connaissant bien le consul espagnol le Catalan de Figueres Josep Puig Pujades — un artiste comme lui — Vivès assura le lien entre lui et les associations de solidarité de Perpignan et du département. Le consul le remercia publiquement de son engagement lors de son exposition à la salle Arago de la mairie de Perpignan en novembre 1936. Son engagement eut encore l’occasion de se manifester au moment de la Retirada. Vivès et sa mère accueillirent chez eux plusieurs réfugiés qu’ils purent extraire des camps (Les Haras, à Perpignan, Saint-Cyprien ou Argelès-sur-Mer). Marie Martin qui dirigeait la galerie de madame Vivant (toutes deux furent deux résistantes actives dans des réseaux de passages clandestins de la frontière. Mme Vivant la belle-mère du docteur Camille Soula de Toulouse, très engagé pendant le Front populaire et dans la Résistance) montra à Vivès les dessins deux artistes catalans internés aux Haras, Carles Fontserè et Antoni Clavé et reconnut d’emblée leur immense talent. Il effectua des démarches pour rencontrer Clavé. Le 23 février 1939, il réussit à le faire sortir avec Fontserè, le critique d’art Joan Merlí et d’autres artistes comme les Catalans Ferran Callicó, et Carles Sala, le Murcien Pedro Flores. Des Perpignanais se portèrent garants d’eux. Vivès le fit pour Clavé et Merlí. Le 10 mars 1939, une exposition d’œuvres de Clavé et de Fontserè présentant des « scènes vécues » de la Retirada fut organisée à la galerie Vivant dirigée Marie Martin. Suivirent des expositions de Gustau Cochet, en mars ; de Pedro Flores en avril ; de Ferran Callicó en mai ; de Josep Puig-Pujades en juin. Antoni Clavé remercia Vivès en lui offrant son portrait. Sur sa proposition, un comité d’entraide aux artistes républicains espagnols fut organisé à Perpignan. Il organisa une première grande exposition à Perpignan le 14 juin 1939 au salon de l’hôtel Tivoli puis, à partir du 26 juin, à Paris à la Maison de la culture (thème : L’art sous les barbelés). Programmée à Londres pour le mois de septembre, elle n’eut pas lieu du fait du déclanchement de la guerre.

Après la démobilisation, Martin Vivès fut l’un des premiers résistants de Perpignan et des Pyrénées-Orientales. Ce que nous savons par les divers témoignages ou documents est par ailleurs consigné dans sa fiche du registre matricule de l’Armée qui fait courir ses services dans la Résistance du 1er novembre 1941 au 30 septembre 1944. Dès le mois d’août 1944, il se réunissait informellement avec deux autres « municipaux » de Perpignan, Mathieu Py et Marius Rascagnères. À l’écoute de Londres, ils étaient tous trois hostiles aux orientations de Vichy. Ils furent à l’origine de la diffusion de : Liberté, organe du mouvement du même nom ; Les Petites ailes de France, Vérité(s) qui succéda au précédent en août 1941 (Vivès se chargea de la diffusion dans l’arrondissement de Perpignan dès cette date), feuilles du Mouvement de libération nationale devenu ensuite Mouvement de libération de la France (MLF) dirigé par Henri Frenay et Berthie Albrecht. Le MLF devint par la suite le mouvement Combat. Celui-ci fut structuré au plan départemental en février 1942 (Voir Gitard Marceau). Martin Vivès prit alors la tête de la branche Recrutement, organisation, propagande (ROP) du mouvement pour l’arrondissement de Perpignan, sous l’autorité du responsable départemental de celle-ci, la commandant Divi. Rien n’indique que la « dépression » qui précéda son séjour en prison après qu’il ait été dénoncé pour trafic de tickets de rationnement ait interrompu totalement son action résistante. Ces déboires durent cependant le contraindre à la réduire dans les semaines qui précédèrent son incarcération. Lors de la mise en place, en février 1943, des MUR dans les Pyrénées-Orientales, Martin Vivès devint le responsable départemental de leur branche ROP. Il échappa à la vague d’arrestations qui, le 23 mai 1943, frappa les MUR de Perpignan et les décapitèrent. Il fallut les restructurer. En août 1943, il devint donc responsable départemental de leur branche NAP (noyautage des administrations publiques) en remplacement de son ami Mathieu Py qui devint l’adjoint de Pierre Gineste issu de Libération-Sud. Il fut agent P1 du NAP à partir de janvier 1943. Cette activité résistante est la seule qui figure sur sa fiche du registre matricule de l’Armée adjointe à son dossier personnel de la mairie de Perpignan. Il n’y est pas fait allusion à son appartenance aux GF (groupes francs). Mais, le 6 octobre 1956, le ministère des Anciens combattants valida son action résistante à compter du 1er novembre 1944.

Pourtant, Martin Vivès semble aussi avoir joué un rôle non négligeable dans la structuration départementale des Groupes francs (GF) de Combat puis des MUR. Selon son témoignage recueilli par Jean Larrieu, Vivès alors responsable du bureau municipal du ravitaillement et du rationnement, rencontra, le 27 décembre 1941, Jacques Renouvin de Combat qu’il organisait dans la R3, depuis Montpellier (Hérault). Ce dernier lui aurait alors proposé s’il acceptait de faire des attentats contre des collaborationnistes dans le cadre des GF du mouvement. Py aurait répondu de façon positive. En effet, diverses attestations — dont celle de Roger Nathan-Murat (1906-1998), liquidateur de Combat, qui avait été chargé d’organiser les GF — qui figurent dans son dossier professionnel disent qu’il intégra les GF de Combat à compter de janvier 1943 puis ceux des MUR et qu’il en fut le chef départemental. Enfin, ce furent ses fonctions de chef départemental des GF qui motivèrent le fait qu’il ait été décoré avec la Croix de guerre avec étoile de bronze. Pourtant, l’organigramme de l’AS de la R3 établi en août 1943, indique que le chef départemental des GF des MUR était Albert Truze. Ses états de services homologués après la Libération et qui figurent dans son dossier personnel font état d’« actions directes » sur les lignes de communication. Une « citation à l’ordre du régiment » signée par Max Lejeune, secrétaire d’État aux forces armées (21 mars 1949) présente Vivès comme « Chef départemental des groupes francs de ’’Combat ’’ [qui a] durant toute l’occupation mené son groupe avec un dynamisme et un mépris absolu du danger. Par ses actes d’action directe sur les lignes de communication des organisations militaires ennemies [il] a créé des perturbations qui ont très largement gêné celui-ci dans ses manœuvres (..) ».

L’attentat perpignanais du 26 janvier 1944 réalisé par Vivès semble bien avoir été le seul commis par les GF locaux. Louis Torcatis qui après avoir quitté le Roussillon dirigea les GF de la R3, avait constaté que son département d’origine était, au début de 1944 — il avait alors rencontré Truze à Béziers peu avant l’attentat du 26 janvier —, pratiquement dépourvu de GF. Mais, celui-ci a-t-il été exécuté à l’initiative de Vivès ou sur les indications de Truze dont l’activité parait avoir été bien mince ? L’action de Vivès semble bien avoir été la seule du genre réalisée par les GF depuis les Pyrénées-Orientales. Le 26 janvier 1944, Martin Vivès, accompagné par madame Duigou, employée aux Tramways électriques de Perpignan posa de nuit une bombe à l’hôtel de ville, au bureau de recrutement militaire afin de détruire les papiers de la classe 1924 visée par le STO. Tous deux simulaient le comportement d’amants dans le cas où ils seraient surpris par une patrouille allemande en plein couvre-feu. Ce fut le cas. Les soldats allemands ne leur causèrent aucun ennui et ne vérifièrent pas leur identité. Ils purent prendre le large avant l’explosion de la bombe. L’attentat atteignit pleinement son objectif.

Martin Vivès, recherché après cet attentat, entra dans la clandestinité à partir du 12 avril 1944. Une perquisition (sans résultats) de la police allemande accompagnée de la Milice à la recherche, d’après le témoignage de sa fille Jacqueline, de documents maçonniques l’avait déjà alerté et convaincu qu’on le soupçonnait d’activités résistantes. À partir de son départ à Latour-de-France, il ne put exercer ses responsabilités au sein des MUR et de l’AS (NAP et GF). Il partit se cacher à Latour-de-France (Pyrénées-Orientales) dans le grenier de la maison de son beau-frère. La municipalité s’inquiéta sur le fait qu’il ait disparu, ainsi que qu’un autre employé municipal résistant (MUR, issu de Libération-Sud), Marcel Bruzy. Le 10 juin 1944, le préfet informa le maire que qu’ils n’avaient pas été arrêtés par la police allemande. Occupant son temps à des travaux de dessin et de peinture, il s’attela en particulier à une toile représentant le seul paysage qu’il avait réellement sous ses yeux, Les toits à Latour-de-France.

La Libération définitive de l’ensemble du territoire départemental, le 20 août 1944 coïncida avec la cooptation de Vivès au CDL (Comité départemental de Libération) laborieusement constitué dans les jours qui précédèrent la Libération. En effet, Vivès fut intégré dès son retour à Perpignan — où il revint à pied — le 21 août à un CDL élargi où il représenta le MLN (Mouvement de Libération nationale, ex MUR) à la place de Camille Fourquet président de CDL. Si, dès 1944, Vivès délaissa l’engagement partisan qui avait été le sien avant la guerre, il développa résolument son action dans la lignée de l’antifascisme et de l’antifranquisme, mettant l’art au service de convictions affermies par la lutte clandestine. Le salon d’automne de Perpignan, du 1er au 16 novembre 1944. Dès novembre 1944, rassembla des œuvres d’artistes destinées à être vendues au profit du Comité départemental d’entraide sociale qui avait décidé de reconstruire le village de Valmanya, détruit le 2 août 1944 par l’attaque conjointe des Allemands et de la Milice contre la maquis Henri-Barbusse du Canigou (Voir Panchot Julien). Vivès y présenta, quant à lui, une Esquisse pour l’enterrement de Julien Panchot du maquis de Velmanya. La vente rapporta, au total, 114 000 Fr. Fort de ce succès, Vivès devint le vice-président de la Société d’entraide des artistes indépendants roussillonnais qui, se plaçant dans la lignée du cercle de culture populaire constitué à Perpignan dans le sillage du Front populaire affichant sa volonté d’« intégrer l’art à la société de demain » en assurant la promotion du « patrimoine artistique du Roussillon ». Il participa aussi l’Union nationale des intellectuels des Pyrénées-Orientales créée dans la foulée de la Libération et à laquelle donnèrent leur adhésion des personnalités emblématiques de l’exil catalan établies depuis 1939 à Prades, Pau Casals et Pompeu Fabra. On retrouva aussi Vivès dans le Comité France-Espagne du Roussillon fondé en janvier 1945 qui vint à aide aux artistes exilés et assura la promotion de leurs œuvres. Son action ne limitait pas seulement à Perpignan et au département. Il fut présent à Paris (expositions à la galerie Altarriba en 1945, à la galerie Lucien Reyman en 1948) afin de soutenir la production de l’art catalan de l’exil. En 1980, enfin, il participa au lancement du festival Pau [Pablo] Casals à Prades qui fut accompagné par une exposition des artistes nord et sud catalans. Artiste et conservateur de musée, Vivès renoua, malgré le franquisme qu’il avait en horreur, avec la ville de Gérone. Dans le cadre des manifestations organisées à l’occasion du 10e anniversaire de l’UNESCO. Sa présentation d’œuvres des collections du musée Rigaud de Perpignan dans les salons du théâtre municipal de Gérone en juin 1957 avait une grande signification politique connut un énorme retentissement car elle fut l’occasion d’une ouverture culturelle dans une ville soumise à l’étouffoir franquiste.

De retour de l’armée, en octobre 1927, Martin Vivès ayant un emploi municipal et s’engageant aussi dans la politique décida de poursuivre une carrière d’artiste qui se continua bien au-delà de sa retraite en 1968-1970. Celle-ci rencontra, parfois, les convictions militantes de Vivès qui coïncidèrent à l’occasion avec son parcours artistique. Vivès put ainsi approfondir son engagement citoyen, en phase avec les drames du « tragique court XXe siècle ».

Dès 1928-1929, Vivès perfectionna son art et ses techniques auprès de son maître, Fons-Godail, mais aussi auprès d’un artiste roussillonnais réputé et reconnu, Louis Bausil (1876-1945). Se consacrant à la réalisation d’affiches, de dessins, de plans pour des établissements industriels ou de gravures illustrant des ouvrages, il reçut des commandes très variées. Nous noterons ici qu’il collabora, en tant qu’illustrateur d’écrits du Catalan Ludovic Massé à des journaux de gauche, Regards (1937), Le Populaire (1938). Mais c’est en tant que peintre qu’il exerça principalement ses talents. Admirateur de Paul Cézanne, il fut durablement influencé par les fauves. 1931 fut l’année où il se fit vraiment son apparition sur la scène artistique et reçut d’emblée un accueil favorable dans sa ville de résidence. Martin Vivès fit connaître son œuvre au fil des nombreuses expositions qu’il réalisa son vivant. Il y en eut dix avant la Seconde Guerre mondiale. La première eut lieu en janvier 1931. À la salle Arago de l’hôtel de ville de Perpignan, il prenait le relais de Louis Delfau, l’un de ses maîtres. Huit autres expositions eurent lieu à Perpignan. Mais Vivès eut droit à la consécration de Barcelone où il exposa du 30 mars au 12 avril 1935. Celle-ci eut un grand retentissement, juste après la levée de l’état de guerre, dans le contexte de la répression de l’insurrection d’octobre 1934 dans les Asturies et de la répression en Catalogne consécutive aux événements du 6 octobre 1934 (le président de la Generalitat, Lluís Companys avait proclamé l’État catalan dans la République fédérale catalane). Dans un banquet solennel (16 avril 1935), après de la clôture de l’exposition, Vivès fut chaleureusement remercié par les convives, des intellectuels et artistes catalans, d’avoir organisé l’accueil à Perpignan de ceux qui y avaient cherché refuge après le 6 octobre. En février 1936, Vivès fit un séjour dans les Îles Baléares qui fut décisif car il marqua le début d’une évolution notable de son style pictural tout en confirmant l’expressionnisme qui s’était manifesté antérieurement.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Vivès exposa trois fois à la salle Arago de Perpignan, la dernière du 6 au 21 janvier 1944, peu de temps avant qu’il ne fût contraint de se cacher pour échapper à la répression. Sa participation à la vie sociale de la cité et la poursuite normale de son activité professionnelle dissimulaient alors une intense activité clandestine dans le mouvement Combat puis les MUR et les groupes francs.

Après la Libération, Martin Vivès exposa cinquante fois entre décembre 1944 et juillet-août 1990. On compte trente expositions à Perpignan et quelques autres dans des localités des Pyrénées-Orientales : deux à Saint-Cyprien (où son vieil ami Olibo devenu maire de la commune, amateur d’art, rassemblait des collections, à Amélie-les-Bains, à Argelès-sur-Mer, à Cabestany. Il exposa aussi en Catalogne, de l’autre côté de la frontière : trois fois à Figueres, à Gérone (en 1958, cette exposition eut, dans le cadre du franquisme un grand retentissement), à Igualada, à Sant Cugat del Vallès ; en France : à Toulouse, Carcassonne Nancy et Paris (1987). Une exposition permanente d’œuvres de Vivès fut installée à Prades, sa ville natale en 1981.

Parmi les nombreux amis de Martin Vivès, il convient de signaler Françoise Bernole qui fut intendante du collège de filles de Perpignan, résistante, militante communiste, épouse de Pascal Bernole. Elle lui rendit hommage dans un article du Travailleur catalan, l’hebdomadaire communiste départemental.

Après sa mort, dix expositions rétrospectives de ses œuvres lui rendirent, entre 1997 et 2014, un hommage renouvelé : quatre à Perpignan, trois à Céret, une à Latour-de-France, une à Argelès-sur-Mer et, finalement une à Saint-Cyprien au musée des Collections Desnoyers en 2014 centrée sur sa « vie engagée » et sur « son œuvre libre ». Au début du XXIe siècle, l’œuvre picturale de Martin Vivès a été enfin réévaluée dans un sens très positif et appréciée par le public. Tout en reconnaissant les influences d’autres artistes, à commencer par les impressionnistes, et celle de ses nombreux amis, il réussit à imposer un style personnel. On s’est enfin rendu compte que, bien que privilégiant les thèmes locaux (paysages, portraits), Vivès avait toujours recherché à être un artiste universel éloigné d’un « régionalisme » désuet, en s’efforçant toujours de développer avec une grande exigence un style original. Ses paysages, en particulier, lui ont permis d’« exprimer davantage les craintes et les rêves de l’humanité qui l’habite » (Forcada, op. cit., p. 11). Vivès refusa de quitter Perpignan et les terres catalanes, source principale de son inspiration. Pourtant, ses amis, comme Pedro Flores installé à Paris, peu après la guerre, lui suggérèrent de faire réellement carrière dans une grande ville. Il s’y refusa, préférant conserver — par goût de la sécurité et de la stabilité, et suivant les conseils de sa mère — sa carrière dans la fonction publique municipale. D’ailleurs ses nouvelles fonctions à partir de 1946 coïncidaient tout à fait avec ses préoccupations artistiques. À la retraite, il put se consacrer entièrement à son art. En tout cas, comme l’a signalé Laetitia Canal (op. cit., p. 57), son « comportement anti-parisien » révéla « surtout un refus catégorique su système mercantile des galeries parisiennes ». À partir des années 1970, Vivès approfondit une quête spirituelle commencée depuis longtemps et, tout en restant écarté de la religion, glissa « progressivement vers un mysticisme rassurant » (Canal, op. cit., p. 69). Sa fille Jacqueline assure que Martin Vivès, homme de convictions, mais sans sectarisme renoua avec la religion catholique de son enfance tout en gardant ses distances avec l’Église.

Martin Vivès reçut la médaille de la Résistance le 13 octobre 1946. Pour sa participation à la Résistance, il fut aussi décoré de la Croix de guerre avec étoile de bronze et accéda, le 14 juin 1951, au grade de chevalier de la Légion d’honneur. Il refusa toujours d’assister à des manifestations de commémorations de la Seconde Guerre mondiale organisées par des associations d’anciens résistants. Il n’arbora jamais ostensiblement les décorations qu’il reçut pour son action dans la Résistance.

Le Soler (Pyrénées-Orientales) s’est doté en 2009 d’un « Espace Martin-Vivès » consacré aux manifestations culturelles de la commune. Le 30 mai 2015, un « espace Martin-Vivès » fut inauguré à Prades, sa ville natale. En 1981, Martin Vivès avait offert à la ville de Prades 84 de ses œuvres (huiles, aquarelles, dessins). Elles furent d’abord exposées à l’ancienne poste puis à la médiathèque. La ville de Prades ayant acquis l’ancienne prison et l’ancienne gendarmerie entreprit de les restaurer le rez-de-chaussée de l’ancienne prison devint l’espace Martin-Vivès avec une exposition permanente de sa collection enrichie en 2004 par une donation privée. Cet espace abrite aussi des œuvres du peintre conflentais François Branger. Il existe aussi un Centre culturel Martin-Vivès à Latour-de-France (Pyrénées-Orientales).
Il existe plusieurs rues Martin-Vivès en Roussillon : à Claira, à Pollestres, à Prades, à Saint-Jean-Lasseille, à Saint-Laurent de-la-Salanque.

Les obsèques de Martin Vivès eurent lieu en l’église de Latour-de-France. Son vieil ami des JLR et de la Résistance, Jean Olibo prononça son éloge funèbre. Martin Vivès fut inhumé à Latour-de-France, le village de sa femme.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article181269, notice VIVÈS Martin [alias VERGÈS dans la clandestinité] par André Balent, version mise en ligne le 30 mai 2016, dernière modification le 29 avril 2018.

Par André Balent

Martin Vivès peignant dans son atelier, années 1970
Martin Vivès peignant dans son atelier, années 1970
Collection privée Jacqueline Vivès, Perpignan (DR), photographie d’après le cliché original, André Balent, 1er juin 2016
Martin Vivès, portrait par Antoni Clavé, 4 mai 1939
Martin Vivès, portrait par Antoni Clavé, 4 mai 1939
Collection privée Jacqueline Vivès (DR). Cliché André Balent

SOURCES : Arch. com. Prades, état civil, acte de naissance Martin Vives et mentions marginales, acte de naissance de son père et mention marginale. — Arch. com Perpignan, 55 W 75 et 55 W 77, dossiers personnels (fonctionnaire municipal, diverses fonctions et professeur à l’école des Beaux-Arts. — Arch. privées Jacqueline Vivès. — Françoise Bernole, « Martin Vivès tel qu’en lui-même », Le Travailleur catalan, 13 avril 1978. — Laetitia Canal, Martin Vivès de l’ombre à la couleur, Perpignan, Association des Amis de Martin Vivès, 2003, 126 p. — Eric Forcada, Martin Vivés. Une vie engagée, une œuvre libre, Perpignan, Éditions Mare Nostrum, 2014, 94 p., catalogue de l’exposition, Saint-Cyprien, 25 janvier-12 mai 2014. — Ramon Gual & Jean Larrieu, Vichy, l’occupation nazie et la Résistance catalane, II b, …De la résistance à la Libération, Prades, Terra Nostra, 1998, pp. 427, 449, 458, 803 (photo du CDL élargi). — Jean Larrieu, Vichy, l’occupation nazie et la Résistance catalane, I, Chronologie des années noires, Prades, 1994, 400 p. [pp. 50, 91, 98, 108, 170, 185, 239]. — Jaume Llado Font, « Martin Vivès ou la passion de ‘’l’art del foc’’ », Conflent (Prades), 182, 1993, pp. 3138. — Cyprien Lloansi, "Deux expositions" [Martin Vivès, Eugène Schmidt], Tramontane, [Perpignan], 465-466, 1963, pp. 84-85. — Entretien avec Jacqueline Vivès, Perpignan, 25 mai et 1et juin 2016.

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