BRUNO Pierre

Par Jacques Girault

Né le 17 septembre 1939 à Marseille (Bouches-du-Rhône) ; maître de conférences, psychanalyste ; syndicaliste et militant communiste de Haute-Garonne.

Fils d’un employé et d’une famille de droite, Pierre Bruno effectua ses études de philosophie aux facultés des lettres d’Aix-en-Provence puis de Toulouse (Haute-Garonne).
Bruno avait adhéré à l’Union des étudiants communistes et au Parti communiste français en mai 1961 à son retour d’un séjour en Guinée où il avait été engagé pour enseigner la philosophie à Labé par le gouvernement de Sékou Touré. Membre du conseil national et du bureau national de l’UEC, il défendit « les positions du Parti » contre les dirigeants engagés dans une contestation de la ligne du PCF. Il avait suivi le stage national organisé par la direction du Parti destiné aux étudiants acceptant sa ligne politique. En outre, il militait dans les rangs de l’Union nationale des étudiants de France.
Bruno s’était marié avec une étudiante communiste, née Yvette, Agnès, Anne-Marie Goldberger, fille d’un médecin, en décembre 1963 à Toulouse. Ils eurent deux enfants.
À partir de 1962, Bruno enseignait dans un lycée de Toulouse. Membre du Syndicat national de l’enseignement secondaire, il entra au bureau de la section syndicale.
Bruno, en 1962, devint membre du comité de la fédération communiste de Haute-Garonne où il occupa la responsabilité du travail en direction des enseignants du secondaire.
Bruno, qui commençait des recherches pour une thèse de doctorat, en 1967, devint assistant à la Faculté des lettres et l’année suivante occupait le secrétariat de la cellule communiste de la faculté. Il militait désormais dans le SNESup. En 1971, il suivit les cours d’une école centrale du PCF d’un mois.
L’activité intellectuelle de Bruno se manifestait notamment par sa participation à la journée de la pensée marxiste à Toulouse, le 3 avril 1968 qu’il présida sous le thème : « l’humanisme correspond aux besoins des hommes ». Dans les débats internes du PCF, il prit une nette position contre les analyses de Roger Garaudy, notamment lors de la conférence fédérale des 24-25 janvier 1970, selon le rapport de Léo Figuères. Sa psychanalyse avec Maud Mannoni l’amenait à séjourner une partie de la semaine à Paris. Aussi ne fut-il pas réélu au comité fédéral en 1974.
Par la suite, disciple de Lacan, Pierre Bruno devint maître assistant puis maître de conférence de l’UFR de psychologie qu’il contribua à déstabiliser à l’Université de Toulouse-le-Mirail. Il fut nommé dans les années 1990 à l’Université de Paris VIII. Il collaborait aux revues spécialisées et écrivait dans la presse communiste. Ses publications portaient sur la psychanalyse, sur la critique du discours capitaliste par Lacan, abordaient la question de la poésie.
Divorcé en 1989, Bruno vécut jusqu’en 1994 avec Macha Mieg et créa la revue Barca !.Après avoir occupé diverses fonctions importantes dans l’École de la Cause freudienne, il quitta celle-ci en 1998 pour co-fonder les Forums, puis, en 2002, l’association de psychanalyse Jacques Lacan, avec Isabelle Morin et Marie-Jean Sauret. En juillet 1999 à Paris (XIVe), il se remaria avec Catherine Joye dont il eut un enfant.
En 2005, Bruno dirigeait la revue Psychanalyse et terminait un livre L’insurrection freudienne sur Marx, Lacan, le discours capitaliste et le symptôme. Il anima de 1905 à 1910 avec Marie-Jean Sauret un séminaire sur la psychanalyse, répondant et témoignant sur l’intérêt de la pratique psychanalytique (réactions à la remise en cause par l’évaluation, intérêt des diverses approches, réflexions sur le religieux etc…), objet d’un ouvrage Du divin au divan, (Éditions Érès, 2014).

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article18114, notice BRUNO Pierre par Jacques Girault, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 18 mai 2015.

Par Jacques Girault

Œuvres : Parmi les ouvrages figurant au catalogue de la Bibliothèque nationale se détachent :
- Pour une critique marxiste de la théorie psychanalytique, (avec C. Clément et L. Sève), Éditions sociales, 1973. — Antonin Artaud : réalité et poésie, L’Harmattan, 1999. — Réserve Mallarmé, Les cahiers de l’Atelier, 1999, en collaboration avec François Rouan.— Papiers psychanalytiques, Presses universitaires du Mirail. — La passe, Presses universitaires du Mirail, 2003. — Expérience et structure, 2000.

SOURCES : Arch. comité national du PCF. — Presse nationale. — Sources orales. — Renseignements fournis par l’intéressé.

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