BRUNET Arthur

Par Yves Le Maner, Frédéric Stévenot

Né le 1er novembre 1897 à Denain (Nord), fusillé comme otage le 26 septembre 1941 à la citadelle de Lille (Nord) ; ouvrier mineur ; militant syndicaliste et communiste ; maire de Denain (1935-1939).

Fils d’Arthur Brunet, mineur, et de Mélanie Rémy, couturière, Arthur Brunet, ouvrier mineur à son retour de la Première Guerre mondiale, adhéra au Parti communiste et à la CGTU dès les scissions de 1921. Élu secrétaire général de la Caisse de secours des mineurs du bassin d’Anzin en 1933, il devint également responsable des organisations communistes de Denain. Élu maire de cette ville et délégué cantonal en 1935, Arthur Brunet enleva un siège de conseiller d’arrondissement lors des élections cantonales de 1937. Révoqué de ses mandats en 1939, il participa l’année suivante à une réunion des leaders syndicaux des mineurs tenue à Carmaux (Tarn). Il y attaqua violemment Kléber Legay qui s’était déjà engagé sur la voie de la collaboration. Condamné à un mois de prison pour avoir participé à cette réunion interdite, Arthur Brunet poursuivit ses activités syndicales dans la clandestinité dès sa libération. Arrêté le 25 août 1941 par la Feldgendarmerie, après la grève des mineurs, il fut incarcéré au centre d’otages de la caserne Négrier à Lille. Un vol d’explosifs eut lieu dans la nuit du 22 au 23 septembre 1941, attribué à des « bandits armés – certainement des communistes ». Des attentats furent commis contre des trains de transport militaires et des trains français, dans le courant de la nuit suivante ainsi que dans la journée du 25 septembre. Le lendemain, Niehoff, commandant militaire pour la Belgique et le nord de la France, ordonna l’exécution de vingt otages à la citadelle de Lille, « militants communistes particulièrement actifs » (voir Victor Bancel).
Marié le 24 mars 1919 à Denain avec Henriette Frigard, Arthur Brunet était père de deux enfants. Il leur écrivit sa dernière lettre, de la prison de Loos-lès-Lille, le 25 septembre 1941 : « Tu sais que je suis innocent mais le destin est plus fort que notre volonté. Je crois que tu n’auras rien à me reprocher car je fus toujours un honnête travailleur, courageux, bon pour vous tous et tout le monde ».
En septembre 2012, une plaque fut apposée sur les lieux en hommage aux cinq fusillés du 15 septembre (Albert Deberdt, Louis Doisy, Joseph Noël, Henri Ployard* et Hugo Zajak) et aux vingt du 26 septembre 1941.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article18092, notice BRUNET Arthur par Yves Le Maner, Frédéric Stévenot, version mise en ligne le 3 mars 2014, dernière modification le 22 février 2017.

Par Yves Le Maner, Frédéric Stévenot

SOURCES : DAVCC, Caen, B VIII dossier 2 (Notes Thomas Pouty). – Arch. Dép. Nord, M. 154/200. – Site du ministère de la Culture. – Guy Krivopissko, La vie à en mourir. Lettres de fusillés 1941-1944, Tallandier, 2003, p. 59-60. – Plaque commémorative, citadelle de Lille. – État civil.

Iconographie : http://chr.houriez.free.fr/Pratique/VisiteGuide/arthurbrunet.htm (musée de la Résistance, Denain).

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