Né le 18 janvier 1891 dans le xian de Yiwu – ou dans le xian limitrophe de Jinhua - (Zhejiang), mort le 29 octobre 1977 à Shanghai ; traducteur du Manifeste communiste, puis l’un des fondateurs du P.C.C., qu’il quitte très tôt. Fait ensuite une carrière universitaire, qu’il poursuit après 1949 en Chine populaire.

Chen Wangdao a appartenu très peu de temps au mouvement communiste chinois. Ce lettré malingre et voûté n’avait rien d’un militant. Diplômé de l’Université missionnaire Zijiang à Hangzhou, capitale de sa province natale, Chen fit ensuite des études de littérature et de sociologie dans diverses universités japonaises. Il revint en 1919 enseigner à l’École normale n° 1 du Zhejiang, où il convertit certains de ses élèves (tels Shi Cuntong (施存統) et Yu Xiusong (俞秀松)) au baihua et à la renaissance culturelle, puis au radicalisme politique. Il fut en effet un partisan actif et en vue du mouvement du 4 mai, puis l’un des huit membres fondateurs du « groupe » communiste de Shanghai en mai 1920 (voir Chen Duxiu (陳獨秀)). A cette date, il venait tout juste de publier (en avril) la traduction chinoise du Manifeste communiste, dont on lui avait confié le soin en raison de son talent littéraire. Sa formation marxiste était cependant moins solide que celle d’autres membres du « groupe » communiste de Shanghai, tels que Li Hanjun (李漢俊) et Li Da (李達). C’est néanmoins en tant qu’intellectuel (rédacteur de revue et professeur) qu’il contribua au mouvement communiste naissant. Lorsque Chen Duxiu quitta Shanghai pour Canton en décembre 1920, il fit de Chen Wangdao, qui avait déjà appartenu au comité de rédaction d’une, sinon deux revues engagées, le rédacteur en chef de Xin Qingnian (La Nouvelle Jeunesse). Au début de 1922 et peut- être plus tôt, Chen enseignait aux côtés de l’écrivain Shen Yanbing, alias Mao Dun (矛盾), dans une école de filles de Shanghai organisée par le P.C.C. En 1924, Il avait la responsabilité de la section littéraire (à laquelle appartenait également l’écrivain Jiang Guangci (蔣光慈)) dans la fameuse Shangda (Université de Shanghai, voir Qu Qiubai (瞿秋白)), contrôlée par les communistes et la gauche du Guomindang. A cette date Chen Wangdao n’était déjà plus qu’un sympathisant du mouvement communiste : selon Peng Shuzhi, il avait quitté le P.C.C. moins d’un an après la fondation officielle du parti. Son passage à Shangda fournit, en somme, la transition avec sa carrière ultérieure : professeur, chef du département de littérature chinoise à l’Université Fudan de Shanghai sous le régime nationaliste, il est devenu en 1952 recteur de la même université, poste qu’il a retrouvé après la Révolution culturelle.

ŒUVRE : Chen Wangdao wenji (Œuvres de Chen Wangdao), 2 vols., Shanghai, 1979-80.

SOURCES : Outre WWCC et KC (biographie de Zhang Tailei), voir : Chang Kuo-t’ao (Zhang Guotao) I (1971). — Chow Tse-tung (1960). — Zhonggong renming lu (1978), p. 1125. — L’essentiel des informations contenues dans cette notice provient de l’interview de Peng Shuzhi et de Cadart/Cheng (1983), complété grâce à Wen-hsin Yeh (1996) et surtout Ishikawa Yoshihiro (2013).

Lucien Bianco

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