Né en 1904 dans le xian de Xiangxiang (Hunan), mort le 16 mars 1961 à Shanghai ; un des meilleurs généraux de l’Armée rouge, longtemps associé à Liu Bocheng.

Fils de riches propriétaires terriens, Chen quitte à treize ans ses maîtres confucéens pour rejoindre les armées républicaines. En 1922 il travaille pendant quelques mois sur la ligne de chemin de fer Canton-Wuhan (Yue- Han). L’expérience des grèves ouvrières de 1922 (voir Guo Liang (郭亮)) le pousse à entrer aussitôt à la L.J.C. puis au P.C.C. Il fait partie de la première promotion de cadets de Huangpu (Whampoa (voir Blücher)) et devient aide de camp de Chiang Kai-shek. Il sauve même la vie de ce dernier pendant la Beifa, fait d’armes qui lui permettra, sept années plus tard, d’échapper au peloton d’exécution. Entre-temps Chen participe au soulèvement de Nanchang et au désastre de Shantou (Swatow) (voir He Long (賀龍) et Ye Ting (葉挺)). Réfugié à Hong Kong, il se voit confier par le P.C.C. diverses missions de renseignement à Shanghai (1931-1933). Il rejoint en 1931 le soviet d’Eyuwan et devient chef d’état-major de la 4e Armée de front de Xu Xiangqian (徐向前), ancien condisciple de Huangpu. Peu après l’évacuation du soviet de Hubei-Henan-Anhui sous la pression des armées nationalistes, Chen se retrouve à Shanghai où on l’arrête au début de 1933. Gracié par Chiang Kai-shek qui lui a proposé en vain d’entrer au G.M.D., il s’évade et rejoint le Jiangxi au moment de la Longue Marche.
Lors de la guerre sino-japonaise il combat sous les ordres de Liu Bocheng (劉伯承) et se distingue en Chine septentrionale jusqu’en 1945. Après cette date il collabore avec Liu à la victoire des armées communistes en Chine centrale et méridionale. La Libération ne marque pas pour autant la fin des combats car en 1951 il devient en Corée l’adjoint de Peng Dehuai (彭德懷) à la tête du corps des volontaires chinois. Il ne rentre en Chine qu’en 1954, est aussitôt affecté au Conseil de la Défense nationale et à l’état-major de l’A.P.L. avant de devenir en 1956 membre à part entière du C.C. du P.C.C. dont il était membre suppléant depuis 1945. On lui confie finalement, en septembre 1959, le poste de vice-ministre de la Défense nationale, fonction qu’il occupait au moment de sa mort soudaine en 1961.

SOURCES : Outre BH et KC, voir Snow (1938) et Snow (1957).

Jacques Manent

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