Né en 1905 au Hubei, mort en 1958 ;. Cai Shufan est un des rares dirigeants du P.C.C. d’origine ouvrière. Syndicaliste issu de l’important foyer révolutionnaire qu’est, dans les premières années 1920, le « club ouvrier d’Anyuan », ce mineur de charbon, mutilé de la guerre civile, est devenu après 1949 plutôt un symbole qu’un véritable responsable politique.

Né dans le Hubei au sein d’une famille de mineurs de fer, Cai étudie à l’école primaire d’Anyuan (Jiangxi) et entre très jeune à la mine, à Pingxiang, dans une des entreprises du combinat sidérurgique de Hanyeping. En 1923, il adhère à la L.J.C. de Chine après avoir participé au mouvement ouvrier dès 1922 dans le cadre du « club ouvrier des mineurs d’Anyuan ». En effet, à la suite de deux brèves visites en 1921 de Mao Tse-tung (毛澤東) et surtout grâce aux efforts patients d’un jeune étudiant révolutionnaire qui milite sur place, Li Lisan (李立三), un « club ouvrier des mineurs d’Anyuan » avait été créé en 1922. Au départ il s’agit de modestes cours du soir pour le perfectionnement des ouvriers qui comptent d’abord dix élèves, puis quatre-vingt-dix, travaillant sous la direction de deux professeurs, Li Lisan, le fondateur, et Cai Jianxun (蔡建熏). On se sert de feuilles ronéotypées et on apprend à lire dans des textes décrivant l’exploitation dont sont victimes les ouvriers de cette firme de 100 000 travailleurs, passée depuis peu sous le contrôle des Japonais. Peu à peu, cette activité légale à laquelle s’ajoutent une coopérative de consommation, une bibliothèque, des œuvres de loisir, se complète dans une arrière-salle d’activités révolutionnaires. On organise une pyramide de responsables, délégués de groupes de dix ouvriers, puis de groupes de cent ouvriers, puis délégués généraux qui encadrent plus de 10 000 travailleurs dès la fin 1922.
En septembre 1922, le « club » est en fait devenu syndicat : il formule dix-sept revendications adressées au patronat : augmentation de salaires, établissement de barèmes d’indemnités en cas d’accident ou de décès, abo-lition du travail gratuit supplémentaire extorqué par les contremaîtres, etc. La grève déclenchée alors sous l’impulsion de Liu Shaoqi (劉少奇) est victorieuse durant l’hiver 1922-1923, et, en décembre 1922, en plein mouvement, le Syndicat général de Hanyeping est fondé. La répression en 1924 oblige Cai Shufan à fuir Anyuan-Pingxiang, surnommé le « Moscou de la Chine » car on y compte 300 membres du P.C.C. et 500 membres des Jeunesses communistes. En 1925-1926, Cai Shufan est à Nanchang où il syndique les ouvriers de l’arsenal, ce qui lui vaut quelques mois de prison.
En 1925, il adhère au P.C.C., puis part pour Moscou où il passe trois ans à suivre les cours de l’Université communiste des travailleurs de l’Orient (voir Peng Shuzhi) et de l’Université Sun Yat-sen (voir Mif). Il assiste en 1928 au VIe congrès de l’I.C. et, en 1930, au Ve congrès international du travail. En 1930, de retour en Chine, il milite deux mois clandestinement à Shanghai dans le mouvement ouvrier puis rejoint la zone soviétique du Jiangxi.
Alors commence une nouvelle étape de sa vie : commissaire politique, deux fois grièvement blessé (il perd le bras gauche), participant à la Longue Marche, exerçant diverses responsabilités politiques au sein de l’Armée rouge, Cai acquiert une expérience administrative qu’il confirme après la Libération en devenant un des responsables du Comité militaire et administratif pour le Sud-Ouest : il y dirige notamment le Département du travail et de l’emploi. Il est en outre, membre du bureau de le Fédération panchinoise du travail depuis 1953.
A partir de 1954, il consacre ses efforts à promouvoir des activités sportives comme adjoint de He Long (賀龍) dans la commission du Conseil d’Etat pour la culture physique et le sport. Il est élu membre suppléant du C.C. au VIIIe congrès en septembre 1956, mais meurt dans un accident d’avion en se rendant en U.R.S.S. le 17 octobre 1958.

SOURCES : Outre KC et WWCC, voir Nym Wales (1952).

Alain Roux

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