Née en mai 1900 à Xiangxiang (Hunan), morte le 11 septembre 1990 ; anime depuis les origines les activités du P.C.C. parmi les femmes. Membre de tous les C.C. du P.C.C. de 1928 à nos jours. Épouse de Li Fuchun, c’est à son militantisme et à ses qualités qu’elle doit d’être une des rares femmes à avoir joué un rôle important dans l’histoire du P.C.C.

Cai Chang, sœur cadette de Cai Hesen (蔡和森), est issue d’une famille de lettrés appauvris. Sa mère, femme énergique et acquise aux idées nouvelles, l’envoie en 1912 à Changsha pour lui éviter un mariage arrangé. Elle est élève dans la capitale du Hunan à l’école de filles dont le principal est Xu Teli (徐特立). Elle participe à la vie d’un petit cercle inspiré par les idéaux du mouvement du 4 mai 1919 avec son frère, sa future belle-sœur Xiang Jingyu (向警予), Mao Tse-tung (毛澤東)... en tout quatre-vingts personnes : la Société d’étude des hommes nouveaux (Xinmin xuehui, voir Cai Hesen et Mao Tse-tung). En 1919, elle s’embarque pour la France avec 400 autres Hunanais dont Cai Hesen et Li Lisan (李立三) dans le cadre du programme mi-étude mi-travail. Au collège de Montargis, elle rencontre et épouse (en 1923) Li Fuchun (李富春). Membre depuis 1922 de la branche française des Jeunesses socialistes, elle adhère au P.C.C. en 1923. Elle travaille dors dans une usine de mécanique et apprend le français. De nos jours encore, elle honore volontiers ses hôtes en leur faisant de la cuisine française. En 1924, elle est à Moscou à l’Université communiste des travailleurs de l’Orient (voir Peng Shuzhi).
De retour en Chine, en 1925, elle organise en tant qu’adhérente du G.M.D. le travail politique parmi les ouvrières à Shanghai puis à Canton. Pendant la célèbre grève-boycott qui débute dans cette dernière ville en juin 1925, elle est membre du comité de grève présidé par Su Zhaozheng (蔌兆症). Elle participe à la Beifa (Expédition du Nord) comme spécialiste de la propagande et des activités féminines. Elle passe dans la clandestinité à Wuhan à partir de l’été 1927. Déléguée au VIe congrès du P.C.C., puis au VI’ congrès de l’I.C., tenus à Moscou durant l’été 1928, elle semble rester plusieurs années dans cette ville avec peut-être un bref séjour en Europe occidentale et à Shanghai. Durant l’hiver 1931-1932, elle rejoint la zone soviétique du Jiangxi. Lors du second congrès des soviets chinois en février 1934, elle est élue membre du gouvernement soviétique. C’est une des rares femmes à avoir participé à la Longue Marche : sa santé en restera définitivement compromise. En 1936-1937 elle est à Yan’an, où Nym Wales, qui la rencontre, la compare à Rosa Luxemburg. Elle anime des activités clandestines dans les zones blanches. A partir de 1949, elle détient divers postes et, surtout, dirige la Fédération des femmes chinoises qu’elle a contribué à créer par étapes successives à partir de 1945. Elle est aussi membre du Comité exécutif du Syndicat général panchinois de 1948 à 1957. Responsable international de la Fédération démocratique interna¬tionale des femmes, elle y est active jusqu’en 1953. Au VIIIe congrès du P.C.C., en septembre 1956, elle prononce son dernier discours important. Ce rapport est consacré à la promotion des cadres féminins et prend posi¬tion pour la prévention des naissances. Depuis, elle semble, à cause de sa santé, se confiner dans un rôle officiel de vétéran au passé glorieux, rece¬vant les hôtes étrangers. Elle reste nominalement membre du C.C., mais en 1980, elle a abandonné la vice-présidence de l’A.N.P. reçue en 1975, et est devenue présidente d’honneur de la Fédération des femmes chinoises.

SOURCES : Outre BH et KC, voir Brandt (1965). — Siao Yu (1959). — Snow (1957). — Wales (1939).

Alain Roux

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