Né en 1893 au Hebei, mort le 16 mai 1969 ; un des notables du syndicalisme ouvrier officiel à l’époque du Guomindang.

Issu sans doute d’une famille de mécaniciens cantonais établie au Hebei dans la région de Tangshan, An Futing était diplômé du lycée provincial. Bien qu’il ait animé (en compagnie de Du Yutian (杜玉田) le « club ouvrier de Tangshan », son apparition sur la scène publique se situa dans les circonstances dramatiques d’une des premières grandes grèves chinoises. Le 23 octobre 1922, en effet, les 20 000 mineurs de houille des cinq fosses de Kailan, employés par l’entreprise anglaise K.M.A., s’étaient mis en grève pour obtenir une augmentation des salaires. Au plus fort du mouvement, la solidarité des cheminots et des ouvriers d’industrie de Tangshan porta les effectifs de grévistes à 100 000 (voir Deng Pei). Un comité de grève de vingt membres s’était constitué pour diriger cette action. An Futing fut, avec Du Yutian (杜玉田), membre de ce comité. A ce titre, il fut arrêté par les autorités quand une manifestation de grévistes devant les bureaux de la compagnie minière eut été dispersée brutalement par la police privée patronale. Il y avait eu des morts et plusieurs dizaines de blessés. Le comité de grève n’avait pas survécu à ces événements et n’avait plus joué le moindre rôle jusqu’à la fin et l’échec de la grève le 16 novembre 1922 (voir Du Yutian).
An Fuding reparaît, d’après nos informations, seulement douze ans plus tard. Il a été en effet délégué ouvrier en juin 1934 lors de la 18e Conférence internationale du travail organisée à Genève par le Bureau international du travail. Son discours le 15 juin fut cité dans le Journal de Shanghai. Il était rigoureusement conforme aux propos tenus alors par les représentants du gouvernement de Nankin dans les instances internationales : une vigoureuse dénonciation des conditions de travail dans les seules concessions internationales de Shanghai et une demande d’extension à ces territoires de la loi du travail élaborée par les autorités G.M.D. et de l’inspection du travail chargée de veiller à son application. An Futing siégea aussi, toujours comme représentant ouvrier, aux 27e et 30e Conférences internationales du travail. A la fin du mois d’août 1946, il fut président de l’Association chinoise du travail réorganisée par le G.M.D. après la rupture entre Zhu Xuefan (朱學範) et ce parti politique. Durant la même année 1946, confirmant à nouveau ses bons rapports avec Chiang Kai-shek, il fut député ; à l’Assemblée nationale. Au mois d’avril 1948, il anima le Syndicat général panchinois créé par le G.M.D. agonisant. Dans son rapport devant le VIe Congrès du travail tenu en août 1948 dans la ville de Harbin libérée par l’A.P.L., Zhu Xuefan le dénonça comme « un agent secret qui usurpa le pouvoir dans l’Association du travail de Shanghai en décembre 1946 ». An Futing, lors de la victoire du P.C.C., s’enfuit à Taiwan. II y devint membre du Yuan législatif en 1954 et président du bureau du Syndicat général-dû travail de la Chine libre.

SOURCES : Epstein (1949). — Guffey (1963). — Ma Chaojun (1959),- p. 231-233. — Perleberg (1954). — Zhu Xuefan (1948), p. 376-377. — Journal de Shanghai 17 juin 1934.

Alain Roux

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