VAYER Albert, Louis

Par Gérard Boëldieu

Né le 15 décembre 1909 à Souillé (Sarthe), mort le 14 mai 1984 au Mans (Sarthe) ; instituteur puis professeur de cours complémentaire ; détaché dans l’enseignement technique ; militant socialiste et syndical ; mutualiste (MGEN).

Deuxième et dernier enfant d’Albert François Vayer, né en 1872 au Mans (Sarthe), représentant de commerce, et de Marie Adélaïde Sergent, née en 1877 à Martigné (Mayenne), institutrice publique dont la carrière, débutée dans la Mayenne, se poursuivit dans la Sarthe, à Briosne, à Souillé, à Beillé, enfin à Loué, chef-lieu de canton, où elle dirigea, de 1920 à sa retraite dans les années 1930, l’école de filles, Albert Louis Vayer entra à l’École normale d’instituteurs du Mans en 1925.

En octobre 1928, son premier poste fut son ancienne école de Loué. Chargé du Cours préparatoire, il remplaça aussi pendant quelques semaines un professeur de mathématiques de l’école primaire supérieure annexée. Il en partit précipitamment à la rentrée de Pâques 1929, muté d’office au cours complémentaire d’Écommoy pour succéder à un collègue déplacé pour inconduite. Vayer passa à Écommoy l’année scolaire suivante, rejoint alors par René Busson, natif de la commune, fraichement sorti de l’ENI du Mans. Ensemble, ils se lancèrent dans le militantisme syndical, au SNI, ainsi que politique, en fondant la première section socialiste SFIO d’Écommoy.

En 1930-31, Vayer effectua son service militaire dans la compagnie de météorologie de l’Armée : trois mois de formation au fort de Saint-Cyr suivis de huit mois en responsabilité au champ d’aviation de Romorantin (Loir-et-Cher). Il en sortit avec le grade de caporal. Il rejoignit Écommoy où il pensait s’établir.

Le 6 août 1932, à Loué, il épousa Geneviève Nadeau, son amie d’enfance devenue institutrice, née en 1909 à Segré (Maine-et-Loire), fille d’un livreur et d’une buraliste de Loué. Mariage religieux sur les instances de sa belle-famille et de sa mère, celle-ci catholique convaincue, malgré les réticences de son père, radical-socialiste. Le couple eut un seul enfant, un fils.

Un mois après la rentrée scolaire de 1932, Vayer et sa femme, tout juste installés dans leur poste double à l’école de garçons d’Écommoy, lui au cours complémentaire, elle en cours préparatoire, reçurent l’ordre de rejoindre Sablé où un poste de sciences était à pourvoir sans délai au cours complémentaire annexé au collège. En 1934, à la suite de la suppression de ce collège, ils rejoignirent Loué où Vayer enseigna les mathématiques et les sciences au cours complémentaire, successeur de l’école primaire supérieure.

Dans le canton de Loué, politiquement orienté à droite, Vayer devint très vite un des militants socialistes les plus en vue : co-fondateur d’une section socialiste SFIO, ardent propagandiste, animateur de campagnes électorales. Au début du Front populaire, avec sa femme, il participa au défilé parisien du 14 juillet 1936, de la Bastille à la Nation. Il fonda une section locale de la Ligue des Droits de l’homme. Par ailleurs, il était membre du comité d’animation de l’équipe de foot-ball locale qu’il accompagnait dans ses déplacements. En février 1939, lors de l’arrivée à Loué du contingent d’une cinquantaine de réfugiés espagnols, originaires de Catalogne et du Pays Basque, attribué à la commune, la famille d’Albert Vayer hébergea une jeune femme et son petit garçon de deux ans, malade. Il fit soigner l’enfant qui guérit d’une congestion pulmonaire. Il entama avec succès des démarches pour faire rechercher son père qu’on localisa au camp d’Argelès-sur-Mer.

Mobilisé au début de septembre 1939, Vayer rejoignit le 31e Régiment d’artillerie qui, en juin 1940, fut engagé dans la dure bataille de l’Ailette, non loin de Soissons. Revenu le 26 juillet suivant à Loué, Vayer redevint, en octobre, instituteur adjoint au cours complémentaire. Par arrêté rectoral en date du 23 août 1941, il fut promu professeur de cours complémentaire. Inscrit en tête de la liste des otages de Loué exigées par les Allemands, Vayer dut prendre des précautions. Entré en 1943 au mouvement « Libé-Nord », il fut désigné président du Comité cantonal de libération. Une fois Loué libéré par les Américains, le 7 août 1944, il fit partie de la délégation municipale nommée par le nouveau préfet. Il fut au nombre des résistants sarthois qui, avec Henri Ledru, président du Comité départemental de libération, participèrent aux Etats-Généraux de la Renaissance française, à Paris, en juillet 1945.

De 1945 au début de 1947, Vayer siégea, sans responsabilité particulière, au bureau de la fédération socialiste de la Sarthe. Dans le même temps, il remplit la fonction de trésorier au bureau provisoire de la section sarthoise du SNI, reconstituée sous l’égide de René Busson. En 1947, aux côtés d’André Péan, il contribua à la mise en place de la section sarthoise de la Mutuelle générale de l’Éducation nationale dont il fut un temps le trésorier-adjoint. Son action militante s’atténua ensuite, étant pris par de nouvelles tâches professionnelles.

Au cours de 1946, René Busson informa Vayer qu’une direction de Centre d’apprentissage au Mans allait être vacante. Pour des raisons familiales — un rapprochement avec son fils lycéen au Mans — Vayer postula. Accepté, il organisa, d’octobre 1946 à 1952, le Centre public d’apprentissage « Cavaignac », devenu par la suite collège puis lycée technique, puis passa inspecteur départemental de l’enseignement technique pour la Sarthe et l’Orne. Il prit sa retraite en 1965.

En 1950, avec entre autres René Busson, André Trihoreau, des normaliens et des normaliennes du Mans , Albert Vayer contribua à la mise sur pied de « La Gouline » groupe folklorique sarthois. Une fois à la retraite, il s’impliqua dans la direction et l’animation du club des retraités fondé en 1970 au sein de la section sarthoise de la MGEN.

Albert Vayer, de même sa femme morte le 10 août 1995, eut des obsèques civiles.
Une salle du club des retraités porte son nom.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article180430, notice VAYER Albert, Louis par Gérard Boëldieu, version mise en ligne le 6 mai 2016, dernière modification le 6 mai 2016.

Par Gérard Boëldieu

ŒUVRES : Deux ouvrages ronéotés à caractère autobiographique, sans date : Mes Jours Sans Sablier ; Le Chiffon à Craie.

SOURCES : outre les ouvrages ci-dessus : Mairie de Souillé et du Mans. — Arch. dép. de la Sarthe : listes nominatives des habitants de Briosne (Briosne-les-Sables aujourd’hui), Souillé, Beillé, Loué, Le Mans aux recensements de 1911, 1921, 1926, 1931,1936 ; M suppl. 367/87 : Commissions spéciales ou provisoires à la Libération ; 1134 W 583 : sur la direction de la fédération sarthoise de la SFIO après la Libération. — OURS, fédération SFIO de la Sarthe. — Bulletin de l’Enseignement primaire. Département de la Sarthe : octobre 1941. — L’Instituteur syndicaliste : organe de la section sarthoise du SNI. — Presse locale, particulièrement : Le Maine Libre du 19 septembre 1944 (liste des présidents des CCL), 21 septembre 1944 (Sur la reconstitution de la section sarthoise du SNI) ; Ouest-France du 29 juin 1965 (Rappel des grandes phases de la carrière d’Albert Vayer à l’occasion de son départ à la retraite). — MGEN. 50 ans de solidarité 1947-1997, plaquette éditée par la section sarthoise à l’occasion de son cinquantenaire.

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