BROUSSAUDIER Sylvain

Par Jean Maitron, Claude Pennetier

Né le 7 février 1904 à Saint-Mathieu (Haute-Vienne), mort le 19 mars 1980 à Saint-Raphaël (Var) ; enseignant ; militant socialiste et pacifiste.

Petit-fils de paysans, fils d’instituteurs ruraux catholiques pratiquants, Sylvain Broussaudier, qui aimait, enfant, participer chez son grand-père, aux travaux des champs, fit au lycée de Limoges, des études faciles et brillantes. Entré en octobre 1922 en hypokhâgne à Louis le Grand, il obtint, en 1924, le prix d’Excellence et fut reçu 5e à l’École normale supérieure en juillet de cette même année.
Au cours des années 1922-1927, il s’était détaché peu à peu de l’Église ; il était par ailleurs devenu résolument pacifiste. À l’ENS, il fréquenta le groupe d’Études socialistes des ENS et y adhéra. Il fut reçu à l’agrégation des Lettres en 1927.
Après son service militaire à Saint-Maixent d’où il sortit sous-lieutenant en 1928 puis dans un corps de troupe à Paris, service au cours duquel il épousa Marguerite Boileau, jeune Sévrienne de formation scientifique, il débuta dans l’enseignement à Roanne puis fut nommé en 1929 à Oran. Grand admirateur de Jaurès, il s’était inscrit au Parti socialiste SFIO et à la Ligue des Droits de l’Homme. En 1932, il était secrétaire du syndicat des professeurs de lycée et secrétaire adjoint de l’UD-CGT d’Oran. En 1936, il restait secrétaire adjoint des syndicats CGT d’Oranie et devenait président du comité local du Front populaire, avril-juillet 1936. En octobre de cette même année, il fut nommé au lycée du Parc impérial de Nice. En 1937, Sylvain Broussaudier fut rédacteur en chef de l’Alerte.Après le congrès de Royan du Parti socialiste (4-7 juin 1938), il adhéra au Parti socialiste ouvrier et paysan (PSOP) et assura le secrétariat de la Fédération des Alpes Maritimes.
Mobilisé en 1939, comme simple deuxième classe à la suite d’incidents auxquels il avait été mêlé à Oran, il fut assez gravement blessé par un éclat d’obus le 28 mai 1940 et évacué sur Poitiers, puis sur Bordeaux avant d’être hospitalisé au lycée de Digne. Le 15 octobre 1940, il retrouva son poste au lycée de Nice, mais le pacifiste militant qu’il avait été et demeurait, fut nommé d’office en février 1941 au lycée de Cahors.
En février 1945, sur sa demande, S. Broussaudier fut nommé censeur du lycée de Pau puis devint, en octobre 1946, proviseur du lycée de Blois où il demeura huit ans. De 1954 à 1960, il fut proviseur du lycée de Pau, du lycée Saint-Exupéry à Boulouris puis à Saint-Raphaël.
Vint l’heure de la retraite en octobre 1965 que Broussaudier prit à Saint-Raphaël dans sa maison « la Cabane Bambou » sur les hauteurs d’Estérel-Plage en compagnie de sa femme après avoir eu et élevé quatre enfants, deux garçons et deux filles.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article18032, notice BROUSSAUDIER Sylvain par Jean Maitron, Claude Pennetier, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 20 octobre 2008.

Par Jean Maitron, Claude Pennetier

ŒUVRE : Journal d’un combattant de la paix, inedit.

SOURCES : Le Semeur, 1932. — La Voix du peuple, mars 1936. — L’Echo d’Oran, avril 1936. — La Révolution Prolétarienne, 25 mars 1938. — Annuaire ENS, 1981 (texte communiqué grâce à l’obligeance de G. Lefranc).

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