JOBEZ André

Par Gilles Pichavant

Né le 31 mai 1945 à Lons-le-Saunier (Jura) ; OS chez Citroën en 1968 puis conducteur à la RATP ; militant CGT.

Fils de Maurice Jobez, scieur de long, puis sellier-bourrelier et de Lucienne Monnier, sans profession, le père d’André Jobez était un militant communiste et associatif. André Jobez fit des études secondaires professionnelles et entra au travail en 1963. Le 8 février 1966, arriva à Paris et entra comme ouvrier spécialisé à l’usine Citroën de Nanterre (Hauts-de-Seine). Il fut sécheur, postier puis affûteur et conducteur de métro .
En 1963, Jobez adhéra au Parti communiste et de la CGT. Il suivit une école fédérale communiste. De 1966 à 1970, il siégea à la direction de l’Union syndicale des métallos de la Région parisienne.
En 1967, une liste complète de candidats fut présentée par la CGT pour les élections des délégués du personnel dans cette usine, constituée avec l’aide de l’Union locale CGT ; il y avait 12 sièges à pourvoir. Au moment du vote, André Jobez découvrit qu’il restait seul candidat encore en lice le jour du scrutin, tous les autres ayant disparu de l’entreprise à force de menaces et d’intimidations. Il fut élu délégué du personnel, mais le syndicat CGT resta clandestin. André Jobez pouvait circuler dans l’entreprise, mais ses heures étaient pratiquement toujours prélevées sur son salaire, ce qui donna lieu à d’innombrables contentieux aux prud’hommes.
Le 20 mai 1968, à 7h30, avec quelques camarades, il fit débrayer l’ensemble des ouvriers de son atelier, et se rendit chez le chef d’atelier avec une dizaine de personnes, pour lui porter les doléances des salariés. Le groupe parcourut l’usine aux cris de« liberté syndicale,... tous en grève pour nos 1000 francs », en interpellant les salariés ; Une heure plus tard, ils étaient plusieurs centaines réunis dans le grand hall de l’usine où le directeur tenta en vain de leur faire reprendre le travail. A 10 heures les cadres quittèrent l’usine sous les quolibets ; à midi l’occupation s’organisa, et le drapeau rouge fut hissé sur les toits et les murs de l’usine. Un comité de grève fut constitué, et un bureau permanent d’adhésion à la CGT installé. A 15 heures la grève s’étendit à l’équipe de l’après-midi. L’occupation de l’usine de l’usine dura un mois.
Au lendemain de la grève, l’ambiance avait changé dans l’usine, avec les augmentations de salaire et l’obtention des droits syndicaux. Cependant, un an plus tard, 70% du personnel avait été renouvelé.
André Jobez quitta l’usine Citroën de Nanterre le 8 février 1970 et entra à le RATP le 12 fevrier 1970, comme chef de train puis comme conducteur de métro.
Il siégea au Comité d’établissement du métro pendant 26 ans et fut membre du secrétariat du syndicat CGT et occupa la fonction de trésorier du syndicat.
Il fut élu au Comité d’Entreprise pendant 22 ans de 1977 à 1999 et présida la commission des finances pendant 6 ans, puis fut trésorier du CE pendant 6 ans et président de la commission économique pendant 6 ans.

André Jobez fut fait chevalier de l’Ordre National du Mérite en 2001.

Il prit sa retraite le 1er mai 2001.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article180013, notice JOBEZ André par Gilles Pichavant, version mise en ligne le 22 avril 2016, dernière modification le 6 novembre 2018.

Par Gilles Pichavant

SOURCES : Témoignage d’André Jobez dans Un mois de mai très occupé, paroles et images de 68,, VO Éditions et Le temps des cerises, 1998, ISNB 2 84 109 146 5. — site Citroën par ceux qui l’on fait. — Notes d’André Jobez, février 2018.

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