BRION Guy, Lexsy

Par Jacques Girault

Né le 10 février 1906 à Cognac (Charente), mort le 10 janvier 1970 à Salignac-sur-Charente (Charente-Maritime) ; instituteur ; dirigeant communiste en Charente ; mari de Mariette Brion.

Fils d’un entrepreneur de plâtrerie devenu publiciste et d’une institutrice, Guy Brion, après avoir été élève à l’École normale d’instituteurs d’Angoulème, avait terminé son service militaire en 1927 comme maréchal des logis. Instituteur et secrétaire de mairie à Oradour (Charente) dans le canton d’Aigre, membre du Parti communiste depuis 1928, il fut administrateur de l’hebdomadaire communiste charentais Le Prolétaire en 1932-1933, puis collaborateur à La Voix des Charentes, autre hebdomadaire communiste, en 1938. Il devint le secrétaire, en juin 1932, à Luxé, d’un sous-rayon de la région communiste charentaise. Candidat communiste aux élections cantonales de 1934 et 1937 dans le canton de Ruffec (Charente), il se présenta aussi aux élections législatives de 1932 et 1936 dans l’arrondissement de Ruffec où il était secrétaire du comité de Front populaire ; il obtint successivement 383 et 1 646 voix sur 15 000 votants. Il était membre du comité et du bureau de la région communiste de la Charente depuis 1932. Après avoir participé aux assises nationales communistes (Ivry, Villeurbanne, Montreuil), secrétaire de la cellule d’Aigre, il était chargé de l’organisation des écoles élémentaires communistes dans la région de Ruffec. Syndiqué à la Fédération unitaire de l’enseignement depuis 1927, adhérent à la Libre Pensée en 1933, il était membre actif du groupe cycliste prolétarien et du groupe théâtral prolétarien de Ruffec en 1934.

Brion, muté en Corrèze en 1940 en guise de sanction, participa activement à la Résistance.

Brion avait épousé Mariette Drillon (voir Mariette Brion).

Brion fut sanctionné en 1945 par le Parti communiste pour une raison inconnue. Peut-être lui reprochait-on d’avoir milité aux côtés de l’ancien dirigeant communiste régional Robert Gagnaire* qui avait condamné le pacte germano-soviétique ? Peut-être lui reprochait-on sa liaison extra-conjugale avec une communiste, Suzanne, Marie-Thérèse Jean, veuve d’un militant fusillé en 1942, qu’il épousa, après son divorce en février 1952, en septembre 1952 à Juvisy-sur-Orge (Seine-et-Oise) ?

Après avoir vécu quelque temps en région parisienne, Brion revint en Charente. Secrétaire de la section communiste de Cognac, il devint membre du comité de la fédération communiste en 1961 et conserva cette responsabilité pendant une dizaine d’années. Son épouse Suzanne, ménagère, était aussi membre de cette instance. Il était notamment un des responsables des contacts avec le Parti communiste espagnol et ses militants clandestins.

Brion, candidat du PCF aux élections législatives de 1967 dans la deuxième circonscription de Cognac, obtint le 5 mars, 10 787 voix sur 59 898 inscrits. La presse soulignait la progression communiste par rapport à 1962. Elle expliquait qu’une partie de l’électorat de gauche avait refusé de voter pour le candidat de la FGDS, député sortant, Félix Gaillard qui voulait mener une politique « centriste ». Néanmoins, en conséquence des accords nationaux, il se désistait. À nouveau candidat en juin 1968, il obtint 7 717 voix sur 49 216 inscrits. Son désistement permit la réélection de Félix Gaillard.

Retraité, habitant le hameau du Perat, son décès fut déclaré par son fils.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article17967, notice BRION Guy, Lexsy par Jacques Girault, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 21 janvier 2011.

Par Jacques Girault

SOURCES : RGASPI, 495 270 1614, 517 1 1908. — Arch. Nat., F1a 3656, F7/13128. — Arch. Dép. Deux-Sèvres, 3 M 11/39 et 3 M 11/40. — Arch. Dép. Charente, M 218, 219, 311, 365. — Arch. comité national du PCF. — Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français (1914-1939). — Presse locale. — Sources orales.

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