CAUDRILLIERS Raymond, Arthur [alias Raymond Aimos]

Par Daniel Grason, Frédéric Stévenot

Né le 28 mars 1891 à La Fère (Aisne), tué le 20 août 1944 à Paris (Xe arr.) ; artiste de cinéma ; artiste lyrique ; membre du Mouvement de Libération Nationale et de Libération-Nord ; caporal F.F.I.

Source : Genweb

Fils d’Arthur Joseph, 35 ans, bijoutier à La Fère, place des Marchés, et de Blanche Armance Cloïs (ou Cloës, selon l’acte de décès de l’intéressé, établi le 23 août), son épouse de vingt-neuf ans, sans profession.
Raymond Caudrilliers épousa le 12 juin 1923 Madeleine, Pauline Botté à la mairie du XIe arrondissement de Paris. Le mariage fut dissous par jugement de divorce rendu par le 20 décembre 1938 par le tribunal civil de la Seine ; l’acte de décès ne mentionne pas de mariage ultérieur.

Il fut recensé par le 4e bureau du département de la Seine (n° matricule 2448, volume 5), où il résidait en 1911.

D’après un article de Télérama, « après avoir été acrobate, il commence au moment du muet dans un western camarguais, Pendaison à Jefferson City, avec Joë Hamman (le cow-boy français) et Gaston Modot ».
Il débuta à l’âge de douze ans dans un film de Georges Méliès. Accent parisien, du style, il joua des seconds rôles sous le nom de Raymond Aimos, tourna dans plus de quatre-cents films muets et parlants, aux côtés de Pierre Fresnay, Louis Jouvet, Pierre Brasseur, Charles Vanel, Jean Gabin, Charles Vanel, Michel Simon, Raimu, Harry Baur, Jules Berry… Ces films tournés par René Clair, Julien Duvivier marquèrent le cinéma : La Bandera, La Belle équipe, Terre d’angoisse… Avec sa gouaille Raymond Aimos incarnait les titis parisiens dans la vie comme à l’écran.
Pendant l’Occupation, il ouvrit un restaurant pour les enfants nécessiteux, rue Montmartre. Charles Trenet y chanta en avant-première La Cigale et la fourmi devant un parterre de spectateurs invités à mettre la main à la poche pour aider l’œuvre des gosses d’Aimos.
Aimos s’engagea dans le Mouvement de Libération Nationale puis Libération-Nord d’obédience socialiste créée par Christian Pineau fin 1941. Ce mouvement se présentait comme l’expression des tendances non communistes de la CGT, de la CFTC et de la SFIO clandestine.

Caporal FFI du groupe Sébastopol du IIIe arrondissement, Raymond Aimos fut tué le dimanche 20 août 1944 vers 19 heures, sur une barricade dressée à l’angle des rues Louis-Blanc et de l’Aqueduc, à Paris (Xe arr.), lors d’un accrochage avec un convoi militaire allemand refluant vers le nord par l’axe rue La Fayette-avenue Jean Jaurès-porte de Pantin. Selon une autre version, il aurait été tué dans une automobile sur le même axe routier. Son corps ne fut reconnu 48 heures plus tard par sa famille.
Quoi qu’il en soit, l’acte de décès mentionne que Raymond Caudrilliers est mort au 2, place du Docteur Alfred-Fournier. D’autres victimes ont succombé sur les mêmes lieux : Henri Fernand Mathieu ; un individu non identifié ; Alexandre Georges Pradier ; Renée Andrée Louise Chamois ; Jean Marie Charles Léon Mauguet ; Jean Paul Maurice Cazard ; Angèle Ferri ; Marcelle Maillard ; Gaston Jean Arthur Moreux.

L’article de Télérama confirme les imprécisions qui entourent les circonstances de la mort de Raymond Aimos, évoquée dans plusieurs romans de Patrick Modiano (dont Dimanches d’août) : « sa fin tragique a en effet suscité pas mal de spéculations, notamment alimentées par le fait qu’une semaine se soit écoulée avant que son épouse localise le corps défunt. […] Aimos a-t-il été liquidé par des gens du milieu comme le suggère Modiano ? Ou bien, est-il mort, plus simplement, lors d’un accrochage avec un convoi allemand refluant vers le Nord ? Il semblerait que cette dernière thèse soit aujourd’hui la plus plausible ». Les archives du groupe Sébastopol ont été déposées aux archives nationales. Le 20 août vers 18 heures, une mission partait en renfort en automobile à la gare de l’Est, commandée par l’artiste de cinéma Aimos, elle était attaquée à la hauteur du boulevard Magenta et mitraillé à bout portant, les cinq hommes ont été abattus. L’ensemble des corps furent emmenés à la morgue le 28 août. Sur une soixantaine hommes engagés dans les combats, une quinzaine seraient morts au combat. Le rapport citait onze noms.
Son corps a été emmené à l’hôpital Saint-Louis, puis à l’Institut médico-légal où son corps fut reconnu le 1er septembre 1944. Ses obsèques eurent lieu le 7 septembre 1944 dans la ville où il habitait, à Chennevières-sur-Marne (Seine-et-Oise, Val-de-Marne).

Le secrétariat d’État aux Anciens combattants lui attribua la mention « Mort pour la France » à titre militaire, et l’homologua comme F.F.I. (GR 16 P 112398).
Son nom figure sur une plaque commémorative au 56 boulevard de Sébastopol à Paris (IIIe arr.) aux côtés de Dureuil Adrien, Lelièvre Charles, Minier Henri, Mus Edmond, Plessis Robert, Prévost André.

« MLN 1940 – FFI 1944.
Le groupe Sébastopol et filiales à leurs camarades
Morts pour la France pendant l’insurrection de Paris.
Août 1944 ».

Aucune voie de La Fère ne porte le nom de Raymond Caudrilliers.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article179664, notice CAUDRILLIERS Raymond, Arthur [alias Raymond Aimos] par Daniel Grason, Frédéric Stévenot, version mise en ligne le 16 décembre 2016, dernière modification le 18 novembre 2018.

Par Daniel Grason, Frédéric Stévenot

Source : Genweb

SOURCES : AN 72 AJ/1908. – Arch. PPo. BA 1801, IML 1944, cote 1086. – SDH, Caen, AC 21 P 39849. – Bureau Résistance GR 16 P 112398. – État civil de La Fère (AD de l’Aisne numérisé, acte n° 56-4314 5 Mi 0283-1891). – État civil de Paris (acte de décès, 10 D 476). – François Marcot (dir.) avec la coll. de Bruno Leroux et Christine Levisse-Touzé, Dictionnaire historique de la Résistance, éd. R. Laffont, 2006, p. 125-126 et 130-131. – AERI notes de Fabrice Bourrée. — Sites internet. Gilles Primout, « La Libération de Paris » ; Télérama, « Aimos, titi matois » consulté le 18/11/2016 ; Mémoire des hommes ; Mémorial GenWeb ; SHD, dossiers adm. de résistants.

ICONOGRAPHIE : Site GenWeb

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