DUPONT Claude, Marcel

Par Daniel Grason

Né le 4 juin 1908 à Entremont arrondissement de Bonneville (Haute-Savoie), tué au combat le 24 août 1944 à Paris (Xe arr.) ; cultivateur, garçon de bureau, gardien de la paix ; résistant FFI.

Claude Dupont
Claude Dupont

Fils de Jean-Louis Dupont, cultivateur, et de Stéphanie, née Passerat, tous deux cultivateurs (sa mère était ménagère selon l’acte de naissance) à Entremont village situé à plus de mille huit cents mètres d’altitude, Claude Dupont alla à l’école primaire du village, obtint le CEP. Il épaula jusqu’à son départ à l’armée ses parents aux travaux de la terre, il réalisa quelques travaux de menuiserie, abattit des sapins en forêt. Appelé au 159e Régiment d’infanterie alpine à Briançon le 12 novembre 1928, onze mois plus tard il fut libéré. Il épousa Yvonne Chuart qui vivait dans le même village.
Le couple quitta Entremont pour Paris, habita 74 rue Damrémont à Paris (XVIIIe arr.), Claude Dupont travailla comme garçon de bureau au Crédit Commercial de France. Il postula un emploi de gardien de la paix auprès de la préfecture de police le 11 décembre 1930. Il commença le 26 janvier 1931, il fit part de sa motivation : « contribuer au maintien de l’ordre public et de [se] rendre utile à la société ».
Affecté au commissariat du XVIIIe puis du IXe arrondissement, il connut les servitudes du gardien de la paix sur la voie publique. Le 7 septembre 1939, il arrêta un soldat de l’armée française qui venait de frapper un inspecteur de police. Il dut être hospitalisé plus d’un mois, plus trente jours de convalescence. Le 15 février 1941 il prêta main forte à un brigadier qui venait d’être frappé. Il fut mordu par un chien à la main droite lors de sa mise en fourrière le 18 avril 1942.
Le 5 novembre 1943, un homme subtilisait huit tableaux d’une valeur de trois cents dix mille francs et mille six-cents francs à une marchande de tableaux au 46 de la rue d’Orsel (XVIIIe arr.). Elle donna un signalement précis de l’individu. Claude Dupont appréhenda l’homme déclarant s’appeler Joseph Garnier, trente minutes plus tard place Saint-Pierre, lieu du marché aux tissus. Il restitua ses biens à la dame D… Des inspecteurs de la police judiciaire prirent l’homme en charge qui les mena place Saint-Michel (VIe arr.) où il se faisait fort de reconnaître des complices… parole de voleur Joseph Garnier prit la poudre d’escampette.
Claude Dupont était apprécié par ses supérieurs : « Très bon gardien, bonne instruction et connaissance professionnelle. Très dévoué, discipliné. Tact et pondération dans ses interventions sur la voie publique ». Dès 1939 il était considéré comme « apte au grade » de brigadier. En 1941, sur le formulaire de notation de l’année, il exprima son souhait d’ « accéder à devenir brigadier pour améliorer la situation de sa famille ». En 1942 la famille Dupont déménagea 31 rue Bergère à Paris (IXe arr.), Yvonne Dupont devint concierge.
Le 24 août 1944, Claude Dupont partait volontairement avec plusieurs collègues pour neutraliser des miliciens. Ceux-ci étaient embusqués dans des immeubles proches du carrefour Barbès-Rochechouart et tiraient sur des passants. Boulevard Magenta les tireurs utilisèrent des mitraillettes, les gardiens de la paix n’étaient armés de leur pistolet administratif de faible portée. Replié dans l’entrée de l’immeuble du 132 boulevard Magenta, un court moment pour tenter d’atteindre les tireurs Claude Dupont a été à découvert, il fut touché par deux balles, une à la poitrine, l’autre à la tête, il mourut avant l’arrivée des secours qu’un de ses collègues avaient été cherchés.
Les obsèques de Claude Dupont eurent lieu le 26 août au cimetière parisien de Pantin (Seine, Seine-Saint-Denis).
Déclaré « Victime du devoir », Claude Dupont nommé brigadier à la date du 20 août 1944 a été cité à l’Ordre de la Nation (JO du 20 décembre 1944), décoré de la Légion d’Honneur (JO du 3 janvier 1945). Le ministère des Anciens combattants lui attribua la mention « Mort pour la France », il fut homologué F.F.I. du 1er juin au 24 août 1944. La préfecture de police nomma un tuteur pour le fils du couple prénommé Roland qui était âgé de onze ans.
Son nom figure sur la liste des policiers morts pour la Libération de Paris au Musée de la police 4 rue de la Montagne Sainte-Geneviève à Paris (Ve arr.), ainsi que sur le monument aux morts d’Entremont et sur la plaque apposée dans l’église aux côtés de sept autres habitants du village : « La paroisse d’Entremont à ses victimes de guerre 1939-1945 ».

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article179637, notice DUPONT Claude, Marcel par Daniel Grason, version mise en ligne le 11 avril 2016, dernière modification le 3 décembre 2018.

Par Daniel Grason

Claude Dupont
Claude Dupont

SOURCES : Arch. PPo., BA 1801, KC 13. – SHD, Caen AC 21 P 177157. – Bureau Résistance : GR 16 P 201567. – Christian Chevandier, Été 44. L’insurrection des policiers de Paris, Éd. Vendémiaire, 2014. – « Au cœur de la Préfecture de Police de la Résistance à la Libération », Sous la dir. de Luc Rudolph, Directeur honoraire des services actifs, Éd. LBM, 2009. – Site internet GenWeb. — État civil.

PHOTOGRAPHIE : Arch. PPo.

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