BRILLOUET Maurice, Valentin, Olivier

Par Yves Dauriac, René Lemarquis, Claude Pennetier

Né le 6 juin 1890 à Surgères (Charente-Inférieure, Charente-Maritime), mort le 30 août 1979 à La Rochelle (Charente-Maritime) ; employé comptable ; militant socialiste et communiste de la Charente-Inférieure ; député communiste (1946-1951).

Meeting en 1936
Meeting en 1936
Photo R. Kérigny, Arch. mun. Rochefort

Maurice Brillouet fut élevé par sa mère ; ses parents ayant divorcé, il n’eut plus de nouvelles de son père à partir de l’âge de dix ans. Sa mère tenait une petite épicerie et possédait deux maisons. Brillouet obtint son certificat d’études primaires où il fut reçu premier du canton. Il dut, sa mère ayant trois enfants à charge, travailler dès le 16 août 1902 dans une maison de commerce de Surgères et y resta employé. Il y était encore, comme comptable, en 1937 quand il rédigea son autobiographie communiste d’institution. Combattant pendant la Première Guerre mondiale comme caporal fourrier, il fut blessé, réformé et bénéficiaire d’une pension de guerre (15 %). Marié, il divorça en 1932, n’ayant pas d’enfant.

Maurice Brillouet adhéra au parti socialiste en juillet 1919 et suivit la majorité communiste après le congrès de Tours (décembre 1920). Il était membre de la cellule de Surgères (qui s’appellera en 1937 cellule Renaud-Jean). Il connaissait personnellement Clamamus, Bouthonnier et Jacques Duclos. Toute sa vie militante se passa à Surgères. En 1936 il fut nommé secrétaire de la section du canton, membre du Comité départemental du parti et du bureau régional de la Charente-Inférieure. Il appartenait à diverses « organisations de masse » : secrétaire de l’ARAC depuis sa fondation en 1921, secrétaire adjoint du syndicat CGT du Commerce et de l’Alimentation, membre du Comité local de Front populaire et organisateur de ces Comités dans le canton. Il était aussi au Comité cantonal des Jeunesses sportives populaires. Il aida à la constitution des syndicats de la CGT du canton. Brillouet fut candidat du Parti communiste à toutes les élections municipales, cantonales et législatives depuis 1921. En mai 1924, il se présenta une première fois aux élections législatives sur la liste du Bloc ouvrier et paysan ; il obtint 3821 suffrages, 2,98 % des inscrits ; il fut également candidat du Parti communiste aux élections législatives de 1928, 1932 et 1936. Élu conseiller municipal de Surgères en 1925, il fut constamment réélu ; en 1937, il devint conseiller d’arrondissement.

Maurice Brillouet refusa de dénoncer le Pacte germano-soviétique et resta responsable de la section communiste de Surgères en liaison avec le parti. En février 1940 il fut déchu de ses mandats de conseiller municipal et d’arrondissement puis, en mai 1940, arrêté sur dénonciation du maire. Il refusa de donner les noms de ses camarades et fut, sous l’occupation, interné à Saint-Martin de Ré, au camp du Sablon, et à Saint-Paul d’Eyjeaux. À la suite de l’assassinat de sa mère (crime crapuleux) il obtint, après un premier refus, une permission de huit jours pour se rendre sur la tombe, à Surgères, alors en zone occupée. Il y renonça craignant d’être arrêté par la Gestapo. Il fut libéré, gravement malade (entérite tuberculeuse), en décembre 1941, après avoir signé l’engagement de ne se livrer à « aucune activité antinationale ». Il affirmait avoir reçu le conseil de Jacques Sadoul. Mis en résidence surveillée à Saint-Gaultier (Indre), il retrouva, après un an d’inactivité, la liaison avec le PC en septembre 1943 et diffusa son matériel jusqu’en mai 1944, date à laquelle il devint responsable cantonal du Front national de Saint-Gaultier.

Après la Seconde Guerre mondiale, il reprit ses activités militantes, fut maire provisoire du Surgères du 21 mars 1944 à mars 1945 puis maire du 13 mars 1945 à la fin octobre 1947. Il fut élu conseiller général puis député communiste de la Charente-Inférieure en 1945  ; il siégea à la Commission de la marine marchande et des pêches, à la Commission de la comptabilité, en 1947 à la Commission des finances, en 1948 à la Commission de la Reconstruction et des dommages de guerre et, en 1949 à la Commission des boissons. Il proposa des lois aménageant le régime fiscal des coopératives et des ostréiculteurs.

Pour les élections législatives du 17 juin 1951, la liste communiste fut victime des apparentements et connut un recul par rapport à 1946 (passant de 49 012 à 41 802 voix). Seul Georges Gosnat fut réélu.

Maurice Brillouet appartenait également à la direction fédérale de son parti.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article17958, notice BRILLOUET Maurice, Valentin, Olivier par Yves Dauriac, René Lemarquis, Claude Pennetier, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 14 octobre 2015.

Par Yves Dauriac, René Lemarquis, Claude Pennetier

Meeting en 1936
Meeting en 1936
Photo R. Kérigny, Arch. mun. Rochefort
Député
Député
Photo Assemblé nationale

SOURCES : Arch. Nat. F7/121978 (supplément à l’Humanité du 20 avril 1924), F7/13106 (rapport du 2 novembre 1926), F7/13108 (rapport du 23 mai 1927). – Le Prolétaire du Centre-Ouest, 26 avril 1924. L’Humanité, 1er septembre 1979. – Renseignements fournis par la mairie de Surgères de le 12 mai 1981. – Dictionnaire des parlementaires français, 1941-1958, tome 2, La Documentation française, 1992. – RGASPI 495 270 1957 (autobiographie du 25 octobre 1937 (A. Belle Bio. Vu par Heusler) ; Rapport (1950 ?) de la SMC.

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