BREVET Georges

Par Jean-Jacques Péru

Né le 11 octobre 1907 à Angers (Maine-et-Loire) ; conseiller municipal communiste de Drancy (Seine).

Fils d’un tailleur de pierre, Georges Brevet entra en apprentissage dès l’âge de treize ans, suivant son père, syndicaliste, lecteur épisodique de l’Humanité, de ville en ville sur les chantiers de la reconstruction. Formé, il embrassa le métier de ravalleur de façade. En 1922, il participa à Soissons (Aisne) à sa première grève et prit sa première carte syndicale à la CGTU. Jusqu’en 1927, père et fils s’embauchèrent dans la région de Compiègne (Oise). Il effectua ses dix-huit mois de service militaire de 1927 à 1929 à Versailles et à la Tour Maubourg, à Paris, pendant lesquels il soutint l’action des communistes dans l’armée. Libéré, il s’installa à Paris et participa activement à la vie du syndicat autonome de la pierre, et en devint le trésorier après la grève victorieuse de quatre-vingt-dix jours que la corporation mena à Paris en 1930. En 1932, il partit pour Lyon, sur les chantiers du Crédit Lyonnais où il organisa avec d’autres militants une grève pour la parité des salaires. En 1933, il travailla sur son dernier grand chantier, au château des Schneider.
C’est au début de janvier 1934 qu’il demanda son adhésion au PCF et sa carte lui fut remise en février. De 1934 à 1936, il traversa une longue période de chômage partiel, durant laquelle il milita aux comités de chômeurs de Drancy où il s’installa sur un lotissement en 1931, au 4 rue des Oiseaux. Dans son quartier, Brevet anima le Secours rouge et en 1934 avec Bonizec, organisa le premier comité de défense de l’Humanité de Drancy. Il fut élu conseiller municipal le 5 mai 1935 sur la liste communiste qui obtint 4 392 voix sur 8 905 votants et 11 193 inscrits. Il devint membre de la commission des Finances. Comme chômeur, comme conseiller municipal, il participa à l’encadrement des chômeurs que la ville de Drancy employa à la construction de la colonie de vacances à Doulaincourt (Haute-Marne) durant les étés 1936-1937. Avec l’aide du maire Jean-Louis Berrar*, Georges Brevet fonda, en 1938, une coopérative du Bâtiment, « L’Union travaux », qui construisit la salle des fêtes municipale.
Mobilisé en septembre 1939, Brevet resta à l’écart de la vie politique locale pendant l’automne. Encore « aux armées » le 11 février 1940, il écrivit au préfet de la Seine pour démissionner du conseil municipal et rappeler qu’il avait quitté le Parti communiste dès le début des hostilités pour marquer son désaccord avec le Pacte germano-soviétique. Le conseil de préfecture considérant que son désavœu de la politique communiste n’avait pas été rendu public avant le 26 octobre 1939, le déchut de son mandat le 15 février 1940.
Georges Brevet milita à la section communiste de Drancy à la Libération. Il vivait dans cette commune en 1980.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article17906, notice BREVET Georges par Jean-Jacques Péru, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 20 octobre 2008.

Par Jean-Jacques Péru

SOURCES : Arch. Dép. Seine, DM3, Versement 10451/76/1, Versement 10441/64/2 n° 26. — Arch. Com. Drancy. — Témoignage de Georges Brevet recueillit par J.-J. Péru.

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