LÉGER Yves [pseudonyme dans la résistance : Évêque, Patrice]

Par Annie Pennetier, Françoise Strauss

Né le 8 janvier 1919 à Pornichet (Loire-Inférieure, Loire-Atlantique), tué par des gestapistes français le 27 mai 1944 à Chastel (Haute-Loire) ; militaire engagé volontaire ; résistant de la France libre ; responsable des parachutages de la région R6 Auvergne.

Yves Léger
Yves Léger

Fils de Georges Léger, médecin à Choisy-le-Roi (Seine, Val-de-Marne) , Yves Léger durant son enfance vécut à Quimper (Finistère). Il fit ses études secondaires à Paris, à l’école Massillon puis au lycée Charlemagne. Diplômé de sciences politiques, section diplomatique et docteur en droit de la faculté de Paris, il suivit également les cours de japonais de l’École orientale ; il parlait couramment, l’anglais, l’allemand et l’arabe.Grand sportif, il effectua en 1938, un tour d’Europe à bicyclette.
A la déclaration de guerre, Yves Léger s’engagea dans l’armée comme EOR dans les chars à Rambouillet (Seine-et-Oise, Yvelines) il fut ensuite volontaire dans l’aviation et affecté à Versailles (Yvelines). le 14 août 1940, à Rabat (Maroc) où sa formation s’est repliée il est promu aspirant et breveté observateur en aviation.
De retour en France, il entra dans la Résistance à la fin de l’année 1942 et fut recruté comme adjoint par Paul Schmidt chef des opérations aériennes de la région R6 (Puy-de-Dôme, Allier, Cantal, Haute-Loire, Cher-sud) et poursuivit ses fonctions sous les ordres de son successeur Alain Grout de Beaufort. Il participa à des parachutages et actions.
En août 1943, il rejoignit Londres où sous le pseudonyme de Patrice, il suivit les stages d’officier des opérations aériennes du BCRA Bureau central de renseignement et d’action de la France libre.
En novembre 1943, parachuté en France,comme responsable régional de la section des atterrissages et parachutages SAP de la région R6, Yves Léger en devint le commandant sous le pseudonyme d’Évêque. En dépit des arrestations de résistants de son réseau à partir de mars 1944, il retourna à Clermont-Ferrand.
Depuis son poste de commandement à Moulergue en Haute-Loire il poursuivit ses activités de liaison et de ravitaillement. Depuis début mai.le maquis du Mont-Mouchet était en cours de constitution, une centaine de résistants venus de la région de Clermont-Ferrand se regroupèrent autour d’ Émile Coulaudon commandant régional de l’Armée secrète. Yves Léger y organisait les parachutages et le ravitaillement en armes du maquis.
Le 26 mai, Yves Leger et Jean Millet ( Jeannot), réussirent à enlever le beau-frère d’Yves, Jean Chapuis (Noël) chargé des opérations d’atterrissage et de parachutage qui avait été arrêté par la Milice à Massiac (Cantal) le 30 avril 1944. Blessé aux pieds par un milicien,il était hospitalisé à Vichy (Allier). La complicité du docteur Robin permit cette libération.
Le 27 mai 1944, sur une route à proximité du Mont-Mouchet où il devait rencontrer Émile Coulaudon alias Gaspard, Yves Léger et deux de ses camarades, en arrêtant un véhicule suspect tombèrent sur deux agents français de la Gestapo, Roger Leneveu dit "Roger le légionnaire" et son adjoint Demay qui prétendaient chercher un contact avec la Résistance. Comprenant le piège et la nature de ces hommes, l’un des résistants tira et blessa Roger Leneveu qui en répliquant tua Yves Léger et son compagnon Fernand Dutour. Les deux gestapistes furent exécutés par les résistants.
Yves Léger repose au cimetière de Choisy-le-Roi .
Son père Georges Léger, résistant de l’ Organisation civile et militaire OCM sensibilité démocrate chrétien,fut nommé président du Comité local de Libération de Choisy-le-Roi le 3 septembre 1944 et demeura maire l’année suivante.Il offrit à la paroisse St Louis, l’ensemble des vitraux de la Cathédrale de Choisy, détruits suite aux explosions du Pont de Choisy, en mémoire de son fils Yves.

Reconnu Mort pour la France, Yves Léger a été promu à titre posthume au grade de commandant.Il reçut de nombreuses décorations : chevalier de la légion d’honneur, Compagnon de la Libération par décret du 28 mai 1945, Croix de guerre avec palme et Distinguished Service Order (GB)
Son nom est inscrit sur la plaque commémorative de l’École libre des Sciences Politiques, 9 rue de la Chaise à Paris.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article178640, notice LÉGER Yves [pseudonyme dans la résistance : Évêque, Patrice] par Annie Pennetier, Françoise Strauss, version mise en ligne le 18 février 2016, dernière modification le 4 janvier 2019.

Par Annie Pennetier, Françoise Strauss

Yves Léger
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SOURCES : SHD Vincennes : GR 16 P 295503, GR 28 P 4 319 19, GR 28 P 11 61. dossiers de résistants d’Yves Léger (non consultés) .— AVCC : AC 21 P 73452. Dossier Yves Léger (non consulté) .— Vladimir Trouplin Dictionnaire des compagnons de la Libération Elytis, Bordeaux 2010 . — Gilles Lévy-François Cordet, A Nous l’Auvergne ! , Paris, Presses de la Cité, 1981 . — MemorialGenweb. — G. Blanc-Césan, Les maires du Val-de-Marne de 1800 à nos jours Fédération des sociétés historiques et archéologiques de Paris et Ile-de-France tome 38, Paris 1988.— Notes de François Robichon.

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