LEGER Jean, Nicolas, Célestin

Par Didier Bigorgne

Né le 7 octobre 1862 à Nouzon (Ardennes), mort le 23 février 1943 à Laussonne (Haute-Loire) ; ouvrier métallurgiste, puis représentant de commerce ; syndicaliste et militant socialiste (POSR, puis SFIO) ; maire de Nouzon (1900-1914).

Fils d’un ferronnier et d’une mère au foyer, Célestin Léger exerçait le métier d’ouvrier ferronnier quand il épousa Maria Maréchal, née le 15 juin 1863 à Nouzon et servante à Châlons-sur-Marne, le 15 octobre 1887 à Nouzon. De cette union naquirent trois filles, nées respectivement en 1888, 1896 et 1905.

En 1891, Célestin Léger était secrétaire adjoint de la chambre syndicale de la métallurgie de Nouzon et membre du cercle d’études sociales La Revendication, deux groupes affiliés à la Fédération des Travailleurs socialistes des Ardennes.

Célestin Léger fut un élu local qui marqua l’histoire de son parti et de sa ville. Elu conseiller municipal de Nouzon en mai 1892, sur la liste du POSR qui remporta la victoire, il fur réélu au scrutin de 1896 et devint premier adjoint au maire Pierre Grisard*. A ce titre, il participa au 6ème congrès national des conseillers municipaux socialistes de France et des colonies qui se tint du 30 octobre au 1er novembre 1898 à Fumay.

Aux élections municipales de 1900, alors qu’il exerçait la profession de représentant de commerce, Célestin Léger conduisit la liste socialiste qui l’emporta facilement en battant la liste du maire sortant évincé par le comité socialiste local. Après ce succès, il fut élu maire de Nouzon, fonction qu’il occupa jusqu’en 1914. Pendant ses mandats, Léger mena une politique qui illustrait le socialisme municipal. Tout d’abord, il prit des mesures antireligieuses : interdiction d’insignes, d’emblèmes et de processions sur la voie publique qui lui valurent de violentes attaques de la part de la feuille cléricale locale et du caricaturiste Tristan de Pyègne dans La Vie Ardennaise illustrée, et le surnom de « Turc ».

Célestin Léger se distingua aussi par une série d’initiatives à caractère social. Lors d’une grève en 1902, il interdit l’entrée de la ville aux gendarmes. Le 12 mai 1907, il organisa l’accueil des enfants des ouvriers de Revin en grève depuis plusieurs mois, avec distribution de brioches à la mairie et hébergement dans les familles ouvrières de la commune. Au début du mois de septembre 1911, il taxa le pain dans sa ville pour lutter contre la cherté de la vie. Après l’annulation de l’arrêté municipal par le préfet des Ardennes, une grande manifestation se déroula le 7 septembre à Nouzon : cinq mille personnes, avec Léger en tête du cortège, défilèrent dans les rues, ce qui décida les boulangers à baisser le prix du pain.

A l’arrivée des Allemands en août 1914, Célestin Léger quitta Nouzon. De retour dans sa ville natale, il perdit son épouse le 25 octobre 1918. Pour les élections municipales du 30 novembre 1919, la section socialiste SFIO de Nouzon ne lui renouvela pas la confiance pour conduire sa liste et lui préféra un jeune militant originaire de la Marne, Omer Delaval. Léger n’accepta pas cette décision et se présenta à la tête d’une liste dissidente : il fut élu avec trois de ses colistiers. Au scrutin des 3-10 mai 1925, il conduisit la liste du Parti ouvrier. Celle-ci arriva en troisième position derrière la liste socialiste SFIO qui remporta la totalité des sièges et la liste Bloc ouvrier et paysan qui recueillit une moyenne de 521 suffrages. Léger qui obtint 267 voix ne fut pas réélu.

Célestin Léger mourut à Laussonne, où il s’était réfugié pendant la Seconde Guerre mondiale. Il fut inhumé à Nouzonville.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article178495, notice LEGER Jean, Nicolas, Célestin par Didier Bigorgne, version mise en ligne le 10 février 2016, dernière modification le 10 février 2016.

Par Didier Bigorgne

Sources ; Arch. Dép. Ardennes 3M 8 et 9.— Arch. Fédération des Travailleurs socialistes des Ardennes (médiathèque de Charleville-Mézières).—L’Emancipateur, 1891 à 1895.—Le Socialiste Ardennais, 1895 à 1914.— Presse locale.— Notes d’Henri Manceau.— Etat civil de Nouzonville et de Laussonne.