BRÉCHOT Laure, Pauline, Emilie

Par Alain Dalançon

Née et morte à Caudebec-en-Caux (Seine-Inférieure, Seine Maritime), 25 janvier 1878 - 14 février 1968 ; professeure ; militante syndicaliste, vice-présidente du Syndicat autonome des professeurs de lycée et du personnel d’enseignement féminin, membre de la CE du SPES de 1938 à 1940 puis du SNES en 1944-1945 ; militante positiviste et féministe.

Laure Bréchot vers 1920
Laure Bréchot vers 1920
Clichés fournis par sa famille

Fille de Paul Auguste Bréchot, médecin, et d’Adèle Carton, sans profession, Laure Bréchot appartenait à un milieu positiviste. Elle alla à Paris y passer le baccalauréat puis obtenir la licence d’histoire-géographie, tout en occupant un emploi de secrétaire à la Sorbonne.

Elle commença à donner des cours à l’École normale supérieure primaire (institutrices) de Fontenay-aux-Roses puis enseignait les lettres au collège de jeunes filles de Douai (Nord) en 1912, établissement où elle poursuivit son enseignement pendant la guerre de 1914-1918 sans pouvoir revoir sa famille.

Deux fois admissible à l’agrégation et deux fois refusée à l’oral, sans doute à cause de ses opinions de gauche, elle enseignait après la guerre, comme professeur licenciée d’histoire-géographie, chargée de cours au lycée de jeunes filles du Havre (Seine-Inférieure, Seine-Maritime), puis dans les années 1930, au cours féminin de Vincennes (Seine) qui devint le lycée Hélène Boucher, où elle resta jusqu’à sa retraite.

Elle fut membre adjointe du bureau de la Fédération autonome des professeurs de lycée et du personnel de l’enseignement féminin en 1922-1924, puis vice-présidente (chargée des question relatives à l’enseignement féminin) à partir de 1924-25, responsabilité qu’elle continua d’occuper quand la Fédération devint syndicat (S3) en 1925-1926 jusqu’en 1937. Elle fut élue au Conseil supérieur de l’Instruction publique dans la délégation féminine en 1927.

Elle appela toutes celles qui souhaitaient s’investir dans le « dévouement éclairé à la cause féminine » allié à « une juste notion du devoir corporatif » à rejoindre les rangs du syndicat (La Quinzaine universitaire de décembre 1927) après l’obtention de l’égalité des traitements entre professeurs hommes et femmes, suite à la grève du baccalauréat.

Adhérente à la Société positiviste internationale, Laure Bréchot était partisane de l’adhésion du S3 à la CGT dans les années 1930. Elle participa à la fondation du Syndicat du personnel de l’enseignement secondaire affilié à la Fédération générale de l’enseignement-CGT et fut membre de sa commission exécutive nationale de 1938 à 1940.

À la Libération, elle participa à la mise sur pied du Syndicat national de l’enseignement secondaire et fut membre de sa CE en 1944-1945. En 1946, elle s’y occupa des retraités.

Après sa retraite, restée célibataire, elle fut responsable bénévole de la bibliothèque du lycée Hélène Boucher qu’elle avait créée. Elle y fut faite chevalier de la Légion d’honneur en 1955.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article17834, notice BRÉCHOT Laure, Pauline, Emilie par Alain Dalançon, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 14 janvier 2018.

Par Alain Dalançon

Laure Bréchot vers 1920
Laure Bréchot vers 1920
Clichés fournis par sa famille
Laure Bréchot en 1913
Laure Bréchot en 1913

SOURCES : Arch. IRHSES (Bulletins syndicaux). — Renseignements fournis par sa famille (Isabelle Weill-Bréchot, Paul-Louis Boquet). — Notes de Diane Dosso.

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