NICAUD Lionel, François, Bruno

Par Hugues Lenoir

Né le 16 juillet 1963 à Aubusson (Creuse) ; Fédération anarchiste ; CFDT puis CNT ; employé à la CPAM. 

Son père était chaudronnier à la RATP, où il avait été embauché en 1961 et où il termina cadre en fin de carrière. Sa mère avait obtenu un CAP de couturière mais ne travailla plus à l’extérieur à la naissance de sa sœur ainée en juin 1962. Ses parents étaient tous les deux des « émigrés » Creusois, département ou sa mère avait vécu après avoir été abandonnée à l’assistance publique et où son père, né en Haute-Vienne, fût placé dans une famille « d’accueil ». Après avoir habité à Courbevoie puis Paris, ses parents s’installèrent à Morangis qui n’était pas encore dans l’Essonne à l’époque mais en Seine-et-Oise. Bien de d’origine modeste Lionel Nicaud ne connut pas la misère la situation matérielle de la famille s’améliorant au fil des années 1960-1970.
Atteint d’un handicap visuel de la naissance, Lionel Nicaud a été scolarisé a partir du CM1 et jusqu’en 3e au sein d’établissements spécialisés pour déficients visuels. Il n’aimait pas la lecture mais en classe de 4e une professeur de français lui fit lire L’assommoir de Zola, lecture qui déclencha chez lui, dit-il « un vrai choc ». La situation imposée aux ouvriers, aux paysans, à ses ancêtres le révoltait même s’il savait que les conditions sociales et économiques de cette époque n’étaient pas similaires à celles de la plupart des enfants et des adultes des années 1970. Les cours d’histoire le firent également se questionner. A la suite de quoi il se lança dans la lecture du Manifeste du parti communiste et de textes de Bakounine auquel, dit-il, « à l’époque franchement, je n’y compris pas grand-chose ».
En 1978, scolarisé au lycée de Longjumeau (91) en seconde, bénéficiant d’un peu plus de liberté, il acheta son premier Monde Libertaire. Depuis plusieurs mois l’anarchie l’attirait (Ravachol, Auguste Vaillant, Émile Henry, la Bande à Bonnot). Pour moi à l’époque, déclare-t-il, « la seule façon de s’opposer, de se défendre face aux violences de l’état et des classes possédantes ne pouvait se faire que par une réponse violente ». En 1980, il prit contact avec le groupe Fresnes-Antony de la FA, mais il ne pouvait militer en raison de la surveillance parentale. Il y passait néanmoins les samedis après-midi pour discuter, regarder les bouquins ou acheter à l’occasion une brochure. D’octobre 1981 à mars 1982, il « traina » presque quotidiennement à Publico dont Jean-Louis Laredo était le permanent et où de temps en temps il donnait quelques coups de mains. C’est ainsi qu’il put rencontrer de vieux militants anarchistes comme May Picqueray ou Maurice Joyeux... mais aussi des gens comme René Lefeuvre des éditions « Spartacus ». Leur porter des bouquins ou aller en chercher lui permettait de parler, peu ou prou, de leurs expériences militantes.
En mars 1982, il fut embauché à la CPAM de l’Essonne où il adhéra à la CFDT où il fut élu comme délégué du personnel (DP) et comme membre du CE quelques temps après avant de rejoindre la CNT.F. Il participa à la grève de la CPAM 91 qui se déroula entre juin et octobre 1990. Par ailleurs, en 1982 il adhéra à la Libre Pensée dont il était toujours membre en 2016. C’est également vers cette période qu’il apprit l’Esperanto. Vers 1987 il adhéra au groupe Louis Lecoin de Melun (FA) mais également au CIRA de Marseille. Ensuite, il participa au groupe Francisco Ferrer sur Evry où les activités militantes étaient très classiques, participation : aux manifestations, vente hebdomadaire du Monde libertaire, quelques collages, quelques réunions. Plusieurs membres du groupe étant aussi à la CNT., il fut décidé de monter sous l’impulsion de notre camarade Daniel Biro une association logée à La maison de la Solidarité et de la Fraternité qui regroupait, le groupe Francisco Ferrer (FA), le syndicat interco 91 (CNT) et Alternative Libertaire (ex. Collectif Jeune Libertaire). Depuis 1992, il a rejoint une loge maçonnique du GODF. Pour lui, dit-il « non seulement la pensée anarchiste et la méthode de travail maçonnique ainsi que certains de ses idéaux, ne sont pas contradictoires mais peuvent s’associer ». C’est ainsi qu’en 1996, avec l’aide de Babar (Bernard Noël) fut réédité l’ouvrage de Léo Campion, Le drapeau noir, l’équerre et le compas qui était devenu introuvable. Quelques années après la fin des activités du groupe Francisco Ferrer, il participa à la constitution d’un nouveau groupe sur la région d’Evry-Corbeil qui prit fin au bout de deux ou trois ans. Depuis, Lionel Nicaud est adhérent individuel à la Fédération anarchiste. Dans les années 1980, lors de mouvement sociaux à la CPAM, il participa plusieurs fois aux émissions Chroniques syndicales de Radio libertaire et fournit un ou deux articles au Monde libertaire.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article178320, notice NICAUD Lionel, François, Bruno par Hugues Lenoir, version mise en ligne le 1er février 2016, dernière modification le 1er février 2016.

Par Hugues Lenoir

SOURCE : Témoignage direct, janvier 2016

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