MAURY Alphonse, Léon

Par Daniel Grason

Né le 4 mai 1915 à Treignac arrondissement de Tulle (Corrèze), mort le 22 août 1944 à l’hôpital Necker à Paris (XVe arr.) ; ajusteur-tourneur sur métaux, gardien de la paix ; résistant F.F.I.

Fils de Léon Maury, cultivateur, et d’Yvonne Dufaure, sans profession, Alphonse Maury alla à l’école primaire à Chamberet où ses parents étaient receveurs buralistes. Il obtint le CEP. Dès l’âge de treize ans, il suivit une formation professionnelle à l’École industrielle de Brive, il fut reçu à l’examen du Certificat d’Aptitude professionnelles (CAP) et le Brevet d’enseignement industriel, en qualité d’ajusteur-tourneur sur métaux.
En janvier 1933 il vint habiter chez sa tante rue de la Tombe-Issoire à Paris (XIVe arr.), il exerça sa profession d’ajusteur-mécanicien à l’Omnium métallurgique industriel 38 rue Auguste-Lançon (XIIIe arr.), il y resta jusqu’en octobre 1936. Appelé sous les drapeaux le 21 octobre 1936, incorporé au 61e Régiment d’artillerie à Metz (Moselle), il suivit le peloton d’élève brigadier. Nommé brigadier, il était muté le 1er juillet 1937 au 111e Bataillon à Mourmelon dans la Marne comme caporal. Il fut libéré le 14 octobre 1938.
De retour à la vie civile, il demeura 3 rue Charles-Cousin chez sa sœur concierge des Établissements Plachez à Aubervilliers (Seine, Seine-Saint-Denis). Il exerça son métier aux Établissements DF 188 rue d’Alésia (XIVe arr.). Ses parents demeuraient 26 rue de Paris (Gabriel-Péri) à Saint-Denis (Seine, Seine-Saint-Denis), il alla vivre chez eux en janvier et février 1939, puis il vécut 2 rue Barbès à Vanves (Seine, Hauts-de-Seine) plus près de son lieu de travail dans le XIVe arrondissement. Pendant ces années de Front populaire il n’afficha pas d’opinions politiques.
Il épousa le 18 février 1939 Simone Barraud, mécanographe, en mairie de Sept Sorts canton de la Ferté-sous-Jouarre (Seine-et-Marne). Le couple s’installa 50, place Saint-Charles à Paris (XVe arr.). L’autorité militaire le rappela le 27 mars 1939, sa libération eut lieu le 17 juillet 1940 à Blagnac (Haute-Garonne). Dès 1938 Alphonse Maury sollicita un emploi de gardien de la paix, il renouvela cette demande une deuxième, puis une troisième fois le 18 avril 1941. Dans sa dernière demande, il signalait qu’il était le gendre de Marcel Barraud, ancien gardien de la paix dans le VIe arrondissement.
Il commença le 1er juillet 1941 à la 6e Compagnie de circulation, dans sa biographie, Alphonse Maury fit part de ses motivations : « Ayant dans ma famille et parmi mes amis des gardiens de la paix, ayant été élevé dans l’esprit de l’ordre et de la discipline, j’ai toujours admiré le corps des gardiens de la paix et j’ai toujours rêvé d’entrer dans ce corps d’élite ». Il était rapidement apprécié comme « consciencieux » et « dévoué », méritant « confiance ». Alphonse Maury souhaitait dès décembre 1941 être affecté à la police judiciaire, mais il n’avait pas l’ancienneté nécessaire.
Patriote, il fut nommé en août 1944, Chef du corps franc de la 6e Compagnie. Une information parvint le 21 août à la préfecture de police, des gardiens de la paix de l’École pratique à l’hôpital Beaujon se trouvaient en difficultés face à des soldats allemands. Vers 19 heures 30, quatorze gardiens quittaient dans un camion prit aux allemands la Cité en direction de Clichy-la-Garenne (Seine, Hauts-de-Seine) où était l’hôpital pour leur porter secours.
Sur le boulevard Malesherbes à l’intersection des rues d’Anjou et Chauveau-Lagarde (VIIIe arr.) un détachement de soldats allemands intercepta le convoi. Un soldat allemand tira à bout portant sur Alphonse Maury le touchant au ventre. Emmené à l’hôpital Necker (XVe arr.), opéré, il mourut le 22 août vers 15 heures. Son inhumation eut lieu le 24 août au cimetière parisien de Pantin, un service religieux honorant sa mémoire se déroula le 3 octobre 1944 en l’Église Saint-Jean Baptiste de Grenelle, une délégation de vingt-six policiers conduite par un commissaire y assista.
Déclaré « Victime du devoir », nommé brigadier, cité à l’Ordre de la Nation (JO du 20 décembre 1944), nommé Chevalier de la Légion d’Honneur (JO du 3 janvier 1945), la mention « Mort pour la France » lui a été attribuée par le ministère des Anciens combattants, il fut homologué F.F.I.
Une plaque honorant sa mémoire était apposée 52 rue d’Anjou à Paris (VIIIe arr.) : « En souvenir de notre camarade Alphonse Maury gardien de la paix assassiné par les allemands le 21 août 1944 ». Son nom figure sur la liste des policiers morts lors des combats de la Libération de Paris au Musée de la police 4 rue de la Montagne Sainte-Geneviève à Paris (Ve arr.).

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article178314, notice MAURY Alphonse, Léon par Daniel Grason, version mise en ligne le 16 février 2016, dernière modification le 7 novembre 2018.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. BA 1801, BA 1819, CB 57.56 (commissariat Saint-Lambert). — SHD, Caen AC 21 P 87939. — Bureau Résistance : GR 16 P 406054. — Christian Chevandier, Été 44. L’insurrection des policiers de Paris, Éd. Vendémiaire, 2014. — Site internet GenWeb. — État civil.
PHOTOGRAPHIE : Arch. PPo.

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